Durant la semaine écoulée, WimDeConinck, l'ancien gardien de but reconverti en consultant pour une chaîne flamande, avait chuchoté à l'oreille de FranckyDury qu'il justifierait encore davantage son titre de Coach de l'Année s'il parvenait à réveiller le groupe et à replacer l'équipe sur la voie du succès au stade Roi Baudouin alors qu'elle s'était engagée dans une spirale négative depuis huit semaines (2 points sur 24 !) Pari tenu : un an après son accession à la D1, Zulte Waregem a inscrit pour la première fois son nom au palmarès de la Coupe de Belgique et jouera la Coupe de l'UEFA. C'est la première fois qu'un club promu en D1 remporte la Coupe !
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Durant la semaine écoulée, WimDeConinck, l'ancien gardien de but reconverti en consultant pour une chaîne flamande, avait chuchoté à l'oreille de FranckyDury qu'il justifierait encore davantage son titre de Coach de l'Année s'il parvenait à réveiller le groupe et à replacer l'équipe sur la voie du succès au stade Roi Baudouin alors qu'elle s'était engagée dans une spirale négative depuis huit semaines (2 points sur 24 !) Pari tenu : un an après son accession à la D1, Zulte Waregem a inscrit pour la première fois son nom au palmarès de la Coupe de Belgique et jouera la Coupe de l'UEFA. C'est la première fois qu'un club promu en D1 remporte la Coupe ! Une phase arrêtée a décidé de l'issue du match à la 90e minute : un coup franc sifflé à l'entrée du rectangle. " TimMatthys m'a dit : - Jevaistirer ! ", raconte StijnMeert. " Je l'ai regardé, puis je me suis tourné vers le banc. Je lui ai alors répondu : - Situtires, essaieaumoinsdetirerdanslebut ! " " C'est un rêve qui s'est réalisé ", exulte l'auteur du but de la victoire. " En posant le ballon pour tirer le coup franc, j'avais un bon pressentiment. On avait connu un début de match idéal en ouvrant la marque après dix minutes de jeu. Mais je dois reconnaître que, lorsque Mouscron a égalisé à 1-1, je n'étais pas tranquille. Nos adversaires commençaient à prendre le dessus ". " En deuxième mi-temps, je ne savais parfois pas trop où donner de la tête ", renchérit le futur Standardman FrédéricDupré. " Mais on a conservé assez de lucidité pour frapper au moment décisif. On n'était pas trop en forme ces dernières semaines. Ceux qui affirment qu'on avait tout misé sur la Coupe se trompent. On aurait bien aimé faire meilleure figure dans les derniers matches de championnat également, mais la fatigue avait fait des ravages au sein d'une équipe composée majoritairement de semi-professionnels. On a, heureusement, eu une excellente semaine de préparation avant la finale. Cette victoire couronne une magnifique saison. Pour moi, c'est l'occasion de prendre congé de Zulte Waregem en beauté. A 27 ans, je m'apprête à relever un autre défi : m'imposer dans un club du top ". Même sentiment chez SalouIbrahim, qui quittera lui aussi le Gaverbeek pour un club plus huppé. " Une 6e place en championnat et une victoire en Coupe, que rêver de mieux ? On n'avait pas fait grand-chose pendant deux mois, mais samedi, on avait tous très envie de gagner. C'est un beau cadeau d'adieu ". " En ce qui me concerne, c'est ma troisième victoire en Coupe ", enchaîne TjörvenDeBrul. " Mais celle-ci recèle tout de même une saveur particulière. Car, lorsqu'on s'engage dans un club néo-promu en D1, on ne s'attend pas à soulever un trophée 12 mois plus tard ". Ce trophée, les Mouscronnois auraient bien aimé le soulever également, mais il se refuse à eux. Tous les joueurs qui avaient déjà disputé une finale, avec l'Excel mais aussi avec d'autres clubs, l'avaient perdue. Et les quatre Mousquetaires qui étaient présents en 2002 face au Club Bruges avaient le curieux sentiment que l'histoire s'est répétée. Le scénario fut quasiment identique dans les deux cas pour les Hurlus : des débuts un peu trop timorés, l'adversaire qui ouvre la marque, l'Excel qui égalise peu de temps après un changement judicieux (entrée de JonathanBlondel il y a quatre ans, entrées de KevinHatchi et PatrickDimbala samedi passé), un penalty refusé (à MarcinZewlakow contre Bruges, à AdnanCustovic contre Zulte Waregem) et finalement la pièce qui tombe du mauvais côté. " Il y a quatre ans, BirgerMaertens m'avait ceinturé lors d'un duel ", se souvient Marcin Zewlakow. " L'arbitre JackyQuaranta n'avait pas sifflé et, sur la contre-attaque, AndrésMendoza avait fait 2-1. Je n'en avais pas dormi pendant plusieurs jours. Je me suis longtemps demandé comment l'arbitre aurait réagi si la faute avait été commise dans l'autre rectangle. Samedi, PaulAllaerts n'a pas sifflé le tirage de maillot de Dupré sur Custovic. Peut-être ne l'a-t-il pas vu, peut-être estimait-il que cela ne valait pas un coup de réparation ? C'est le football. Je savais que l'on allait assister à un match équilibré, entre deux équipes de valeur sensiblement égale. Zulte Waregem a pris la première mi-temps à son compte, Mouscron la deuxième. On n'a pas été bon avant la pause, mais le coach a remis certaines choses en place dans les vestiaires. Lorsqu'on a égalisé, j'ai senti que les supporters retrouvaient du courage également. On était prêt à mourir sur le terrain pour leur offrir la victoire. On a failli parvenir à nos fins. Dans ce genre de match, la décision se fait souvent sur l'un ou l'autre détail. Il y a toujours des tournants dans une rencontre et celui qui parvient à bien les négocier a de fortes chances de franchir la ligne d'arrivée en tête. C'est ce qui s'est passé. En notre défaveur, malheureusement ". Marcin Zewlakow a peut-être disputé samedi son dernier match sous le maillot de Mouscron. " C'est fort possible, en effet. Je suis sous contrat avec Metz pendant deux ans et je me rendrai d'ailleurs en Lorraine cette semaine, afin d'y prendre la température. Il faut que je sache à quelle date est fixée la reprise des entraînements, quel est le programme auquel je dois me soumettre durant la trêve et ce genre de choses là. J'aimerais aussi connaître les intentions du club à mon égard. Je dois savoir ce que je peux répondre aux clubs qui, éventuellement, me contacteraient dans l'optique d'un rachat ou d'une nouvelle location ". Il ne déplairait pourtant pas à Marcin de poursuivre l'aventure en Belgique : " Mais je n'ai pas toutes les cartes en mains. Je verrai comment les entretiens de cette semaine se dérouleront : qui sera le nouvel entraîneur, quelles seront les ambitions du club. JoëlMüller ne m'avait pas trop accordé sa confiance, mais son successeur compte peut-être sur moi. A priori, la perspective d'aller jouer en Ligue 2 ne m'enchante guère, mais si le club ambitionne de remonter directement, pourquoi pas ". Incertain en début de semaine, Marcin était finalement sur la pelouse samedi : " J'ai essayé de tricher et j'ai failli en payer les conséquences. On ne peut pas tromper la nature. J'avais voulu jouer contre Saint-Trond parce qu'il s'agissait d'un match très important pour le club, mais après quelques minutes, j'ai dû me rendre à l'évidence. Je savais que je prenais un risque, mais j'estimais que le jeu en valait la chandelle. Heureusement, je n'ai pas trop forcé. Mon mollet n'a pas trop souffert et j'ai pu être rétabli à temps ". Si Marcin n'est pas certain de revenir au Canonnier, SteveDugardein y jouera encore au moins deux ans avant, sans doute, d'embrasser une autre fonction dans le club. C'est en tout cas ce qui est prévu dans son contrat. Après la finale 2002 et celle perdue l'an passé avec Caen en France, il en était samedi à sa troisième finale perdue. " Et même ma quatrième, si l'on inclut la finale de la Coupe de la Ligue perdue contre Anderlecht ", ajoute-t-il. Mais il n'a eu aucun mal à relativiser : dans la nuit précédente, il était devenu l'heureux papa d'un petit Ange. " Il y a parfois de ces hasards dans la vie ", constate-t-il. " J'avais rencontré ma femme après la finale 2002 et j'ai accueilli mon premier enfant le jour de la finale 2006. Aujourd'hui, je suis un homme comblé sur le plan privé, mais il me manque encore un petit quelque chose sur le plan professionnel ". Sur le coup de 22 h 30, le capitaine des Hurlus n'avait qu'une envie : retrouver sa femme et son petit bout. Mais il n'a pas fui les journalistes pour autant : " Certains me disent que le but des Flandriens est tombé sur une erreur défensive de notre part. C'est possible. Mais, vous savez : on n'est que le petit Mouscron, pas le grand FC Barcelone. Alors, des erreurs, on en commet ". Même si tous les joueurs auraient bien aimé inscrire une première ligne à leur palmarès, pour le club, l'essentiel avait sans doute été acquis deux jours plus tôt, avec l'obtention de la licence. Puisque là, c'était tout simplement la survie du club qui était en jeu. Après avoir connu une grosse frayeur, chacun a poussé un gros ouf de soulagement. Désormais, il faudra tirer les leçons de cette mésaventure et ne plus commettre les mêmes erreurs que dans le passé. " On apprend beaucoup dans les moments difficiles ", estime Duga. " Cela vaut pour les dirigeants comme pour les joueurs. EdwardVanDaele a été parachuté à la présidence du jour au lendemain et a remis le navire à flots en un temps record, chapeau. Il est très motivé. D'après ce que j'entends, les finances sont désormais saines. L'octroi de la licence permet de préparer, dès à présent, la saison prochaine. De quelle manière ? Si cela ne tenait qu'à moi, j'essaierais d'abord de garder la base et prolonger les contrats de certains joueurs. Je ne citerai pas de noms, même s'il est clair que j'ai ma petite idée. Il faudrait aussi essayer d'amener davantage de produits du Futurosport vers l'équipe Première. J'entends sans cesse que le club doit retrouver son âme, alors pourquoi ne pas regarder dans cette direction-là ? Car, lorsque OlivierBesengez et moi arrêterons, il ne restera plus personne issu du club. Si GilVandenbrouck peut rester entraîneur principal, cela peut aider à avoir cet ancrage ". Comme Edward Van Daele et Jean- PierreDetremmerie semblent partager le même avis, la balle est désormais dans le camp de l'intéressé. " Je ne peux pas me mettre à la place de Gil, mais si la direction lui demande de rester, je pense qu'il exigera aussi des garanties sportives ", poursuit Dugardein. " Il voudra avoir son mot à dire dans le recrutement et disposer d'un noyau complet le 19 juin, lors de la reprise des entraînements, sans avoir des joueurs qui arrivent au compte-gouttes par la suite. Il faut arrêter de croire qu'on va encore jouer le subtop : pour l'instant, ce n'est pas possible. Mouscron doit vivre avec des jeunes du cru tout en essayant de dénicher des joueurs inconnus dans les divisons inférieures. Comme Charleroi l'a fait récemment, avec FrançoisSterchele et IzzetAkgül. Et comme Mouscron l'avait déjà fait dans le passé, avec StefaanTanghe et LuigiPieroni. Lorsque j'arrêterai ma carrière de joueur, en principe dans deux ans, il me plairait beaucoup d'être chargé du recrutement régional. Mais il faut prendre conscience que tout est lié : les jeunes s'affilieront plus facilement à l'Excel s'ils constatent qu'à 17 ou 18 ans, certains se voient offrir une chance en équipe Première ". Olivier Besengez, l'autre joueur-symbole de Mouscron, partage le même avis que son capitaine. Il n'a pas encore définitivement tourné la page, mais se rend compte que le temps passe. " A 34 ans, j'ai peut-être laissé passer ma dernière occasion d'encore remporter un trophée ", regrette-t-il. " C'est râlant, car j'ai l'impression que si le match était allé aux prolongations, on aurait émergé car on était physiquement plus frais que notre adversaire. Mais sait-on jamais ? En 2002, je pensais aussi que je ne connaîtrais plus jamais les joies d'une finale ". Oli a vécu toute l'évolution de l'Excel. " Dans la semaine qui précédait la finale, je n'ai pas ressenti le même engouement qu'il y a quatre ans auprès des supporters ", constate-t-il. " C'est compréhensible : voilà deux années que l'équipe doit lutter contre le maintien et les problèmes concernant la licence n'ont rien arrangé. Beaucoup de gens se posaient des questions. Ils se disaient : - GagnerlaCoupe, ceseraitbien, maiscelanousferaitunebellejambesi, quelquesjoursplustard, le club n'existaitplus ! ". Oli partage les mêmes idées que son capitaine en ce qui concerne la politique que le club devrait adopter. " A un moment donné, la masse salariale était trop élevée et le budget trop important pour un club du calibre de Mouscron, qui n'a ni les rentrées financières, ni le potentiel public d'autres clubs, et qui n'a pas su faire les transferts espérés en revendant des joueurs comme MboMpenza et d'autres, avec des millions à la clef. Aujourd'hui, on est retombé sur des bases plus saines et c'est dans cette voie qu'il faut continuer. L'avenir passe par le Futurosport ". Où l'Excel pourrait bien dénicher le successeur de Besengez : DaanVanGyseghem. " C'est sans doute l'élément le plus prometteur, mais il faut en sortir d'autres. Daan est encore très jeune, mais a déjà pu goûter à la D1. A son âge, je n'avais pas eu cette chance : j'étais encore en D2 ou en D3. Il est déjà bien mature, il n'a pas peur de parler et de diriger sur le terrain. Il doit encore se développer physiquement et se faire davantage respecter dans les duels, mais c'est normal. Pour un défenseur, il a une bonne technique des deux pieds. Il a la tête sur les épaules et c'est important. Car les jeunes d'aujourd'hui pensent aussi à l'argent : dès qu'une possibilité de gagner plus se présentent, ils partent. Regardez StevenDefour a 17 ans, vient de jouer sa première saison en D1 - une saison remarquable certes mais qui demande confirmation - l'Ajax lui propose déjà des montants sur lesquels aucun club belge n'est capable de s'aligner ". Quatrième Mousquetaire à avoir vécu la finale 2002 : Jean- PhilippeCharlet. Un autre jeune lancé par... HugoBroos. " Cette étiquette d'entraîneur réfractaire aux jeunes lui colle à la peau et il a du mal à s'en défaire ", constate-t-il. " En ce qui me concerne, il m'avait déjà suivi en Réserve et n'avait pas hésité à me lancer dans le grand bain lorsque l'occasion s'est présentée. J'ai pris place sur le banc lors de la finale 2002 alors que je n'avais que quelques matches de D1 dans les jambes. Même si je n'étais pas monté au jeu, je n'ai gardé que de bons souvenirs de cette journée d'il y a quatre ans et j'étais beaucoup plus stressé que samedi. La différence avec 2002, c'est qu'à l'époque, on était déjà européen au coup d'envoi. Cette fois, la défaite face à Zulte Waregem nous prive de la Coupe de l'UEFA. Pour cette raison, et aussi parce que c'était l'un des mes anciens clubs, j'aurais préféré affronter le Standard. Soit : les regrets sont superflus ". DANIEL DEVOS