16 mai 2009 : l'AFC Tubize reçoit le Germinal Beerschot pour le dernier match de la saison. Les Sang et Or sont d'ores et déjà relégués, la décision a été actée deux semaines plus tôt après un héroïque match nul face à Anderlecht (1-1) dont tout le monde au stade Leburton se souvient encore parfaitement.
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16 mai 2009 : l'AFC Tubize reçoit le Germinal Beerschot pour le dernier match de la saison. Les Sang et Or sont d'ores et déjà relégués, la décision a été actée deux semaines plus tôt après un héroïque match nul face à Anderlecht (1-1) dont tout le monde au stade Leburton se souvient encore parfaitement. Face aux Anversois, 3500 supporters ont néanmoins garni les tribunes tubiziennes pour admirer une dernière fois les leurs en D1. Finalement, ils tireront leur révérence sur une belle note, une courte victoire 1-0. Neuf ans plus tard, Tubize est à nouveau relégué mais les Brabançons disent cette fois au revoir à la D1B et au football professionnel, devant une assistance bien moins garnie lors de leur ultime match à domicile contre Roulers, dimanche dernier. Plus petit budget de la série, Tubize n'a pas fait le poids dans cette D1B compacte et n'a quasiment jamais délaissé la 8e et dernière place du classement, tout au long de la saison. " L'argent reste le nerf de la guerre ", confirme Josselin Croisé, le directeur général tubizien. " Des équipes comme le Cercle ou Louvain ont un budget qui doit être trois fois supérieur au nôtre. Nous n'avions donc pas le droit au moindre mauvais jugement dans notre recrutement, là où d'autres peuvent se permettre l'une ou l'autre erreur de casting. Au final, le classement sportif reflète celui des budgets. " Au-delà de l'aspect financier, c'est principalement le rendement offensif qui a fait défaut aux Tubiziens : durant la phase classique, ils n'ont inscrit que 21 buts en 28 rencontres, le seul Florent Stevance en prenant 10 à son compte. Un bilan famélique qui est loin de s'être amélioré lors des play-downs. Si Tubize ne peut plus rien espérer sportivement depuis sa défaite à domicile contre l'Union Saint-Gilloise lors de la quatrième journée des play-offs 3 (0-1), un mince espoir demeure néanmoins suite aux problèmes administratifs du Lierse. La commission des licences de l'Union belge n'a pas encore décerné son précieux sésame aux Anversois pour la saison prochaine. Le club est à la recherche d'un nouveau propriétaire et tant que le rachat n'est pas acté, il n'obtiendra pas sa licence. Une situation dont Tubize pourrait tirer profit. Le dossier va être traité par la Cour belge d'arbitrage pour le sport le 3 mai et l'AFC est partie prenante dans ce dossier depuis l'officialisation de sa relégation sportive. " Ce n'est clairement pas la voie la plus glorieuse pour obtenir son maintien ", reconnaît Croisé. " Mais il y a des règles et il faut s'y tenir. Il était dans notre intérêt d'agir. L'été dernier, le Lierse a acquis des joueurs sur lesquels Tubize avait des vues. Il a conclu des contrats conséquents avant de ne plus les payer. Il y a également eu l'épisode de la grève des joueurs lierrois : tout ça a faussé la compétition et nous nous estimons lésés. Par le passé, un club comme Roulers a profité du refus de la licence du White Star pour se maintenir. On fait donc le maximum et on se bat, même si les cartes ne sont pas entre nos mains ". Si la procédure ne tourne pas en faveur du club du Brabant wallon, celui-ci basculera donc en D1 amateur, le troisième échelon national, un niveau qu'il n'a plus connu depuis maintenant 15 ans (voir cadre). " Tant que nous sommes dans l'incertitude, nous envisageons les deux scénarios et nous y préparons ", affirme Croisé qui estime que la relégation ne serait pas si catastrophique que cela. " La D1 amateur est financièrement plus viable que la D1B où tous les clubs perdent de l'argent. Le niveau y est relevé, les salaires sont importants si l'on veut être compétitif mais les rentrées ne suivent pas. " Un constat qui explique en partie pourquoi une large majorité des clubs de la division survivent grâce à des capitaux étrangers. C'est également le cas de Tubize qui est majoritairement détenu par les Coréens de la société Sportizen depuis 2014. Une collaboration avec les Asiatiques qui a eu pour conséquence de voir débarquer plusieurs joueurs sud-coréens à Tubize depuis la reprise, sans grande réussite jusqu'ici. " Le bilan est assez simple ", résume le directeur général. " Les meilleurs Sud-Coréens visent des gros clubs ou ne veulent pas quitter leur pays. Nous nous retrouvons donc face à des deuxièmes ou troisièmes choix. Réussir chez nous nécessite une top mentalité, pas de blessure et la confiance du coach. Le championnat de D1B est relevé et c'est donc compliqué pour eux de saisir leur chance. " Les investisseurs coréens resteront-ils à bord une fois la relégation définitivement actée ? On peut en douter même si Josselin Croisé se veut rassurant : " S'ils s'en vont, il faudra trouver d'autres personnes prêtes à mettre de l'argent dans le club mais jusqu'à preuve du contraire, le président est toujours là. " Repartir d'une page blanche un échelon plus bas permettrait en tout cas à Tubize de retrouver une coloration plus locale, un reproche souvent émis par les fans des Sang et Or. " Je comprends les supporters mais la direction doit faire des choix ", précise Croisé. " Dans une division à huit clubs, même avec des joueurs expérimentés, nous n'y sommes pas arrivés. C'est plus compliqué qu'avant de faire sortir des jeunes du club. La différence de niveau entre le championnat de réserve et la D1B est trop grande. À mon arrivée au club, il y avait 7-8 jeunes joueurs du cru sous contrat semi-pro. Ils n'ont pas percé chez nous mais je constate qu'ils n'y sont pas parvenus ailleurs non plus. La relégation pourrait permettre d'offrir leur chance à des gars de chez nous, ainsi qu'à d'autres joueurs Coréens d'ailleurs. Tout dépendra de l'ambition du président Shim Chan-goo. Voudra-t-il s'installer en D1 amateurs ou voudra-t-il retrouver la D1B au plus vite. On y verra plus clair dans les prochaines semaines. ".