A l'heure qu'il est, Mogi Bayat doit toujours amèrement regretter de ne pas avoir été affligé d'une crise aiguë de gingivite la semaine dernière. Les lèvres serrées par les élancements, il se serait certainement abstenu de proférer les paroles qu'il a assénées à Manu Salvé de La DH-Les Sports à propos de Robert Waseige : " Il n'a tout simplement plus sa place en D1 ". En effet, un jour après la parution de l'article, le menacé Brussels venait tout à fait méritoirement dominer et vaincre les Zèbres 1-2. Une victoire qui permettait aux Bruxellois de conserver le droit à un avenir en D1 et qui obligeait Charleroi à faire une croix sur ses ambitions en Coupe de l'UEFA.
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A l'heure qu'il est, Mogi Bayat doit toujours amèrement regretter de ne pas avoir été affligé d'une crise aiguë de gingivite la semaine dernière. Les lèvres serrées par les élancements, il se serait certainement abstenu de proférer les paroles qu'il a assénées à Manu Salvé de La DH-Les Sports à propos de Robert Waseige : " Il n'a tout simplement plus sa place en D1 ". En effet, un jour après la parution de l'article, le menacé Brussels venait tout à fait méritoirement dominer et vaincre les Zèbres 1-2. Une victoire qui permettait aux Bruxellois de conserver le droit à un avenir en D1 et qui obligeait Charleroi à faire une croix sur ses ambitions en Coupe de l'UEFA. En recevant la monnaie de sa pièce, Mogi Bayat a dû se sentir ridicule samedi soir. Mais le directeur sportif du Sporting Charleroi (qui annonça avec une fierté légitime la prolongation du contrat de Bertrand Laquait) est coutumier du fait d'aller trop loin dans ses emportements verbaux. Là, il est sorti de la route. Espérons que cela lui serve de leçon. La magnifique saison des Zèbres ne mérite pas d'être ternie par de tels agissements. Il est peut-être temps qu'on lui rappelle la signification du mot fair-play. D'ailleurs, on serait infiniment étonné et peiné d'apprendre que son oncle, AbbasBayat ne l'ait pas fait. En Angleterre û le terreau footballistique du président carolo û la fédération aurait vite estimé que Mogi Bayat mettait à mal les principes fondamentaux de la bonne attitude sportive et l'aurait immédiatement repris de volée et sanctionné. Outre Manche, il y a une expression pour ça : -To bring the game into disrepute. La semaine dernière, Mogi Bayat a non seulement discrédité son club mais également l'esprit sportif. Face à la presse, Waseige a simplement trouvé ces paroles nulles et déplacées. Et s'il faut se féliciter que la vérité du terrain mouche de tels excès, on aimerait û aussi û que l'Union Belge ou la Ligue Pro prenne position en la matière ; ce serait la moindre des choses. Le sport, ce n'est pas comme la politique. Quand on est footballistiquement incorrect, on doit être sanctionné. Et malheureusement pour l'image du Sporting carolo, la parfaite attitude de Jacky Mathijssen après la défaite ne change rien à l'affaire... Pour le reste, et malgré que la tension fut parfois très vive le week-end dernier en matière de concurrence, on n'a pas vécu d'épisodes déplacés majeurs. Vendredi soir à Mons, par exemple, dans un match joué les nerfs à vif par le leader et la lanterne rouge du championnat, le comportement général fut impeccable. Les Brugeois, qui auraient dû gagner ce match dix fois, restèrent calmes pendant et après la rencontre et les Montois ont apparemment retenu que le self-control faisait partie du professionnalisme. Dans les coulisses du magnifique (demi) stade montois, l'ex-dirigeant louviérois Stéphane Pauwels, venu y faire de la consultance en bénévole depuis qu'il a été viré du Tivoli, confirmait cependant sa volonté de faire trembler son ancien club. En cause, le fait que l'avocat des Loups aurait tenté de le faire tomber en le piégeant dans une affaire de commissions. Les deux parties s'expriment sur le sujet dans un article ô combien volcanique qui devrait û dans le meilleur des cas û déboucher sur une meilleure définition des rôles de chacun dans la gestion des clubs. Et dans le respect des déontologies concernées. Tout cela étant dit, on ne peut que se réjouir de l'intensité sportive de cette fin de saison belge. Cinq clubs sont désormais concernés par la descente tandis que û tout aussi théoriquement û un test match pour le titre est toujours envisageable entre le Club Bruges et Anderlecht. Mais c'est l'heure û aussi û de ne pas oublier la tragédie du Heysel qui aura bientôt 20 ans. Notre enquête en Italie, auprès des survivants du drame, n'a pas besoin d'introduction supplémentaire. Ruez-vous page 62. par John BaeteLe sport, ce n'est pas comme la politique. Quand on est FOOTBALLISTIQUEMENT INCORRECT, on doit être sanctionné.