En matière de dépenses, le dernier mot n'a toujours pas été dit non plus dans l'"affaire Nottingham". On se souviendra que le Comité Exécutif de l'UEFA, réuni à Helsinki, avait pris la décision, le 23 septembre 1997, de suspendre Anderlecht de toute participation à une compétition européenne pendant un an "pour des raisons éthiques et morales découlant des incidents survenus en 1984 et qui concernent la suspicion de corruption d'un arbitre".
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En matière de dépenses, le dernier mot n'a toujours pas été dit non plus dans l'"affaire Nottingham". On se souviendra que le Comité Exécutif de l'UEFA, réuni à Helsinki, avait pris la décision, le 23 septembre 1997, de suspendre Anderlecht de toute participation à une compétition européenne pendant un an "pour des raisons éthiques et morales découlant des incidents survenus en 1984 et qui concernent la suspicion de corruption d'un arbitre". Un rappel des faits : en prélude au match retour des demi-finales de la CE3 entre Anderlecht et Nottingham Forest, le 24 avril de ladite année, le président du RSCA, Constant Vanden Stock, avait consenti un prêt d'un million de francs à l'arbitre espagnol Emilio Guruceta Muro, appelé à diriger cette rencontre. Défaits 2 à 0 à l'aller, les Mauve et Blanc étaient parvenus, ce soir-là, à renverser complètement la vapeur en bénéficiant, à deux reprises, des largesses de l'homme en noir. La première fois pour une faute commise sur l'attaquant local, Kenneth Brylle, et sanctionnée d'un coup de réparation. La seconde en raison d'un but anglais annulé au cours des ultimes péripéties de la partie et qui, en cas de validation, eût assuré les footballeurs insulaires d'une participation à la finale de l'épreuve en lieu et place du club bruxellois. Neuf mois après, la sentence de l'UEFA fut annihilée par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne, pour "non-respect des procédures les plus élémentaires en ce qui concerne les droits de la défense". Si l'affaire fut classée sur le plan sportif, Nottingham Forest ne s'en laissa pas conter pour autant, exigeant réparation du préjudice subi en déposant plainte devant la juridiction civile. Le club anglais a évalué son manque à gagner à 1,5 million de livres et ses joueurs à 200.000 livres chacun. Ce qui représente, au total, un pactole de 300 millions de nos francs. Mais, au fond, où en est l'affaire à présent? "Elle est au rôle depuis environ trois ans et ne fait l'objet d'aucun développement actuellement", précise Maître Daniel Spreutels, l'avocat du RSCA. "Nottingham Forest et ses joueurs demandent réparation car ils estiment que la rencontre a fait l'objet d'une tromperie. Encore faut-il pouvoir prouver qu'il y a bel et bien eu corruption. Et rien ne permet de le démontrer, précisément. C'est pourquoi nous sommes confiants dans un dénouement favorable de cette affaire". Maître Filip Goemans, l'avocat anversois qui défend les intérêts du club anglais, abonde à peu près dans le même sens. "Tous les trois mois, j'adresse un courrier aux responsables de Nottingham Forest afin de savoir à quoi m'en tenir exactement. Mais, jusqu'à présent, les Anglais ne se montrent pas vraiment pressés. De toute façon, contrairement à la réglementation en vigueur à l'UEFA, il ne peut y avoir prescription au civil. Dès lors, un épilogue est possible dans trois mois comme dans dix ans. Le problème, pour nous, c'est que le seul individu qui aurait pu réellement faire progresser l'affaire, en l'occurrence Emilio Guruceta Muro, n'est plus de ce monde. Avec son témoignage, tout eût été beaucoup plus évident. A défaut, il est plus difficile d'établir de véritables preuves. Car des penalties refusés, on en voit évidemment à chaque rencontre. Bien sûr, tout est toujours possible dans cette affaire. Et le Sporting pourrait effectivement être amené à devoir payer ces 300 millions. Bien entendu, il se pourrait tout aussi bien qu'il ne doive débourser en tout et pour tout qu'un franc symbolique".