L'histoire est un éternel recommencement, c'est bien connu. Aussi, la rubrique Derby, à lire dans votre magazine favori depuis le début de cette saison, existait-elle déjà à l'époque où Foot Magazine était encore un mensuel, au beau milieu des eighties. Pour les besoins du numéro du mois de janvier 1986, le choix était tombé sur le duel des frères ennemis de Glasgow, le Celtic et les Rangers, programmé le... jour de l'an. Du coup, j'avais évidemment dû faire l'impasse sur le réveillon, prévu traditionnellement en famille. Ce qui n'avait pas fait que des heureux et des heureuses, v...

L'histoire est un éternel recommencement, c'est bien connu. Aussi, la rubrique Derby, à lire dans votre magazine favori depuis le début de cette saison, existait-elle déjà à l'époque où Foot Magazine était encore un mensuel, au beau milieu des eighties. Pour les besoins du numéro du mois de janvier 1986, le choix était tombé sur le duel des frères ennemis de Glasgow, le Celtic et les Rangers, programmé le... jour de l'an. Du coup, j'avais évidemment dû faire l'impasse sur le réveillon, prévu traditionnellement en famille. Ce qui n'avait pas fait que des heureux et des heureuses, vous l'aurez aisément compris. Mais la vie de journaliste est souvent synonyme de sacrifices... Question ambiance, je pensais avoir tout vécu après avoir assisté, quelques mois plus tôt, à un Liverpool-Arsenal à Anfield Road. Ce You'll never walk alone entonné par le fameux Kop des Reds, c'était magique. Mais que dire alors du vacarme assourdissant des 60.000 personnes qui garnissaient Parkhead, l'antre des Vert et Blanc, à cette occasion. C'est la seule fois de ma vie qu'en tribune de presse, j'ai été incapable, d'un bout à l'autre de la rencontre, de comprendre ce que me disait mon voisin, tant ses paroles étaient constamment couvertes par les chants des supporters locaux. Le match s'était soldé par une victoire 2-0 des locaux. Un score qui n'était pas vraiment pour me déplaire car j'avoue avoir toujours eu un faible pour cette équipe écossaise depuis qu'elle avait battu en brèche le catenaccio de l'Inter Milan en finale de la CE1 en 1967. Après cet Old Firm mémorable, le photographe Alain Schroeder et moi avions mis le cap sur Aberdeen afin d'y rencontrer le manager de l'équipe locale, un certain Alex Ferguson, qui avait aussi remplacé au pied levé le sélectionneur de la formation au chardon, Jock Stein, terrassé par une crise cardiaque le 10 septembre 1985 lors d'un match Pays de Galles-Ecosse au Ninian Park de Cardiff. Et comme les Ecossais faisaient partie du même groupe que les Diables Rouges lors des éliminatoires de l'EURO 88 (au même titre que la République d'Irlande, le Luxembourg, la Bulgarie et le Portugal), l'occasion était donc belle de cuisiner l'homme sur les forces et les faiblesses du team britannique. Le 2 janvier, c'est un Fergie torse nu qui nous accueillit dans le hall du stade d'Aberdeen. Il venait de donner une séance d'entraînement à ses ouailles et, après une douche réparatrice, il se prêta de bonne grâce à un entretien. C'était la première fois, aussi, qu'un entraîneur avait autant de questions à me poser sur la Belgique, ses clubs et ses footballeurs que moi-même sur la Flower of Scotland. Le 1er avril 1987, ce n'était toutefois pas Ferguson qui driva l'Ecosse face à la Belgique au stade du Heysel (victoire 4-1) pour les Diables. Il avait cédé sa place entretemps à Andy Roxburgh,préférant répondre à l'appel de Manchester United. Vous savez ce qu'il en est advenu... PAR BRUNO GOVERS