Les barrages de la Ligue des Champions portent très bien leur nom. Mardi dernier Mbo Mpenza et moi sommes partis à Kiev. Et ce fut une succession de barrages. Ça commence par un avion qui décolle avec deux heures de retard et évidemment, premier coup de cafard, on rate la correspondance à Prague... On commence la méditation car on a déjà compris que ça va être compliqué. Une fois dans l'avion, une pensée nous vient, le ciel ukrainien est comme les autoroutes wallonnes. Plein de trous... d'air. Hélas 10.000 mètres plus bas, c'est notre souffle qui s'accélère. On pose le pied sur le sol de l'ex-URSS à peine 2 h 30 avant notre premier direct sur Betv...
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Les barrages de la Ligue des Champions portent très bien leur nom. Mardi dernier Mbo Mpenza et moi sommes partis à Kiev. Et ce fut une succession de barrages. Ça commence par un avion qui décolle avec deux heures de retard et évidemment, premier coup de cafard, on rate la correspondance à Prague... On commence la méditation car on a déjà compris que ça va être compliqué. Une fois dans l'avion, une pensée nous vient, le ciel ukrainien est comme les autoroutes wallonnes. Plein de trous... d'air. Hélas 10.000 mètres plus bas, c'est notre souffle qui s'accélère. On pose le pied sur le sol de l'ex-URSS à peine 2 h 30 avant notre premier direct sur Betv... C'est jouable sauf qu'à la douane, il y a à peu près 600 personnes devant nous. Un grain de folie ajouté à un gros de culot et, en une feinte à la Mbo contre le Brésil en 2002, il n'y en a plus que 200. Après 1 h 05 d'attente votre serviteur passe, mais pour Mbo c'est plus dur. Des relents de préjugés aussi pitoyables que malsains l'enferment seul dans un bureau. Son bourreau : une douanière au physique à la De Wever blond avec du gel made in Tchernobyl. Une demi-heure d'éternité plus tard, on est de nouveau deux ou plutôt trois. J'en ai profité pour dénicher le taximan qui me semble le plus fou. Il nous reste une heure pour le premier stand up... c'est le temps estimé entre l'aéroport et le stade. Parfois l'instinct est divin. Notre taximan fait plus que répondre à notre souhait. Sûr que dans une autre vie, il a été champion du monde de F1, de rallye et de stock car. Tout ça la même année. Pendant que Mbo, les yeux fermés, téléphone à la famille pour leur dire qu'il les a toujours aimés, je préviens Bruxelles que sur mon faire-part de décès je veux en lettre majuscule : " Il a tout tenté, il a honoré sa profession de grand reporter de guerre ". Soit. 180 dépassements et 10 sens interdits plus tard, on arrive aux portes du stade. Reste 20 minutes : " Cool, à l'aise ", se dit-on. Mais les portes sont gardées, très bien gardées. Il nous faut 10 minutes pour expliquer que nos accréditations sont dans le stade, et puis enfin c'est gagné. On est en place. Dernière demande : qu'on me donne l'oreillette pour entendre les studios et là je lis directement dans les yeux de mon interlocuteur qu'il a, comme qui dirait, oublié quelque chose. Il l'a oubliée dans son bureau. Pas grave, il nous reste deux minutes, sauf qu'il part à l'aise en marchant ! Le temps d'une grosse crise de ma part et on entend un grondement, un mélange de rires et de grognements, venir des tribunes. Ils sont plus ou moins 15.000 à réagir : la scène passait sur l'écran géant du stade. Heureusement, ils ont reconnu Mbo car dès qu'il met les pieds sur une pelouse, il met son maillot des Diables Rouges. Ils le savent, nous sommes Belges comme Jean Claude Van Damme. Nous sommes sauvés. Arrive enfin l'oreillette, mais question son... niet, rien, nada. Ils avaient changé le numéro que doit composer Betv pour m'atteindre. Probablement l'humour ukrainien... Très bonne blague sauf qu'on a fait le stand up en différé. Arrivés enfin à nos postes commentateurs, c'est Byzance. On est assis, certes trempés (il fait 30 degrés) mais heureux. Les tests son sont bons. Les tests seulement. Le calice est bu jusqu'à la lie ou plutôt jusqu'à la ligne qui foire. Dix coupures de son nous séparent de nos abonnés et puis, la définitive à une demi-heure du terme. Nous, les héros, remplacés à demi-heure de la fin du match après avoir tout donné, tout tenté, tout osé. Et dire qu'il y en a qui croient qu'on s'amuse... Après le 1-1 de l'aller, on va savoir (20 h 45 sur Betv) si l'Ajax lave plus blanc ou va reprendre un peu de couleurs. Pour le club, c'est soit la qualif, soit on vend les joyaux pour remplir les caisses. Moi je vais remplir mes batteries en me disant que l'Euro 2012 en Ukraine, c'est pas gagné mais que mon tour d'Europe 2010-2011 commence fort. Je fais décidément un métier formidable. Il n'y a pas d'endroit au monde où l'homme est plus heureux que dans un stade de football. (Albert Camus)par fred waseige, journaliste betv" L'Euro 2012 en Ukraine, c'est pas gagné mais mon tour d'Europe 2010-2011 commence fort. "