Dimanche, Tom Boonen a remporté avec panache sa troisième victoire dans Paris-Roubaix. Dans son superbe duel avec son antagoniste italien, Filippo Pozzato, il a ramené le cyclisme à son essence. Dans l'Enfer du Nord, il a affiché l'évolution qu'il suivait : le sprinter s'est mué en rouleur. Il est tellement convaincu de ses capacités qu'il ne laisse pas le doute s'insinuer en lui. Après un printemps banal, Boonen était la cible des critiques et voyait les doutes croître au fil des rendez-vous manqués. Il avait dû se contenter d'une victoir...

Dimanche, Tom Boonen a remporté avec panache sa troisième victoire dans Paris-Roubaix. Dans son superbe duel avec son antagoniste italien, Filippo Pozzato, il a ramené le cyclisme à son essence. Dans l'Enfer du Nord, il a affiché l'évolution qu'il suivait : le sprinter s'est mué en rouleur. Il est tellement convaincu de ses capacités qu'il ne laisse pas le doute s'insinuer en lui. Après un printemps banal, Boonen était la cible des critiques et voyait les doutes croître au fil des rendez-vous manqués. Il avait dû se contenter d'une victoire à Kuurne-Bruxelles-Kuurne. Après le Tour des Flandres et la victoire de Stijn Devolder, le monde extérieur s'est posé des questions et certains ont tenté de diviser Quick-Step. Cela n'a pas démonté Boonen. Il a préparé Paris-Roubaix dans la sérénité ; sachant que le meilleur s'impose toujours dans cette relique de temps révolus... à condition d'être épargné par la poisse. Dimanche dernier, Boonen n'a calqué sa course sur personne. Il en a pris les commandes, comme Patrick Lefevere veut toujours que ses coureurs le fassent. Dans le redouté Bois de Wallers déjà, il a fait le forcing, ce qui a fourni à son équipe un second haut fait printanier, ce Quick-Step qui a l'art d'animer les courses qui lui conviennent. Tom Boonen semble taillé sur mesure pour Paris-Roubaix bien davantage que pour le Ronde. Son corps est fait pour les pavés. Son compteur ne restera sans doute pas bloqué à trois victoires. Boonen, qui fêtera ses 29 ans en octobre, peut encore égaler le record de Roger De Vlaeminck, qui a remporté cette course préhistorique à quatre reprises. Paris-Roubaix clôture la première partie du printemps. La domination quantitative fréquente de l'équipe Cervélo est sans doute une des surprises de ce volet : on aperçoit beaucoup de coureurs en tête mais ils remportent proportionnellement peu de victoires, même si Heinrich Haussler constitue une révélation absolue. Silence-Lotto a longtemps été médiocre. Il ne compte encore qu'une seule victoire, même si dimanche, deux de ses coureurs, Leif Hoste et Johan Vansummeren, se sont retrouvés dans le peloton de tête de six hommes, avant d'être pris dans une chute massive. Il est clair que Greg Van Avermaet, trop rapidement porté aux nues, a encore un long chemin à parcourir, même si ses qualités sont indiscutables. A partir de dimanche et de l'Amstel Gold Race, d'autres coureurs entrent en lice, d'autres équipes vont se placer en tête, comme Rabobank, qui a étalé sa force dans le Circuit Het Nieuwsblad, et qui a tactiquement échoué et n'a plus rien montré depuis. On ne peut adresser le même reproche à Team Colombia-High Road, dans les rangs duquel Mark Cavendish a démontré qu'il était capable de gagner une grande classique alors qu'il n'aura que 22 ans le mois prochain. Quant au Norvégien Evald Hagen Boasson, il a montré à Gand-Wevelgem qu'il était mûr pour l'élite. PAR jacques sys