Nonobstant une gêne au quadriceps qui le tenaille depuis la mi-juillet, Jurgen Cavens n'en aura pas moins été partie prenante, mardi de la semaine passée, dans le nul méritoire obtenu par le Standard face à Roda JC sur la pelouse du FC Tirlemont. Monté au jeu à 20 minutes du terme, le revenant chez les Rouches û il en est à sa troisième apparition sous la vareuse du club principautaire û fut dans tous les bons coups à la faveur d'un final réellement endiablé.
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Nonobstant une gêne au quadriceps qui le tenaille depuis la mi-juillet, Jurgen Cavens n'en aura pas moins été partie prenante, mardi de la semaine passée, dans le nul méritoire obtenu par le Standard face à Roda JC sur la pelouse du FC Tirlemont. Monté au jeu à 20 minutes du terme, le revenant chez les Rouches û il en est à sa troisième apparition sous la vareuse du club principautaire û fut dans tous les bons coups à la faveur d'un final réellement endiablé. Sur un relais génial avec Moustapha Oussalah, notamment, dont la conclusion par Mohamed El Yamani aurait assurément mérité d'entrer dans le but adverse. Mais grâce à un sauvetage sur la ligne, l'ancien gardien de l'Eendracht Alost, Vladan Kujovic, préserva, in extremis, le partage (1-1) pour ses couleurs. Jurgen Cavens : Contre une phalange bien rodée et teigneuse à souhait, le Standard a bel et bien prouvé qu'il avait du répondant, contrairement aux conclusions alarmistes que certains avaient tirées après un premier échec contre Sedan, en tout début de préparation. Ce coup-ci, avec davantage de séances d'entraînement et de matches dans les jambes, l'équipe a démontré qu'elle était incontestablement sur la bonne voie. Depuis mon retour à Sclessin, cet été, c'est la troisième fois que j'aurai dû m'exprimer dans une position non axiale. Tout a commencé à Hannut où j'avais fait mon apparition, en seconde mi-temps, au poste d'ailier gauche au côté d'Alexandros Kaklamanos, tandis qu'Ole-Martin Aarst avait glissé à droite pour la circonstance. Ensuite, à Tubize, j'avais reculé d'un cran encore pour me retrouver au demi, une option qui a été reconduite face aux Hollandais. Avec un certain succès, c'est vrai. Je mentirais en prétendant le contraire, évidemment. Contrairement à ce qui se passe en front de bandière, où les deux places sont manifestement destinées à Alexandros Kaklamanos et Sambegou Bangoura, d'autres postes n'ont toujours pas été pourvus de manière définitive. Je songe à celui de médian défensif, par exemple, ou encore à celui de milieu gauche, justement. Ce dernier m'interpelle car j'ai le sentiment d'avoir une bonne carte à jouer à cet échelon. Et pourquoi n'y ferais-je pas mon trou ? Pas du tout. Mais pour l'instant, j'ai conscience que d'autres ont une longueur d' avance sur moi. C'est le cas de ceux qui officient en pointe pour le moment et il n'en allait pas autrement pour ceux qui s'exprimaient dans le même registre mais qui ont quitté le Standard entre-temps : Ole-Martin Aarst et Ali Lukunku. En réalité, je mesure que j'ai été formé jadis de façon très uniforme au cours de ma période lierroise. Là-bas, j'étais en quelque sorte un avant-centre à l'ancienne : je pouvais tout simplement me contenter d'attendre les ballons dans les 16 mètres adverses. En passant par le Standard, Marseille et Twente, j'ai compris que ce temps-là était révolu. Certaines personnes aussi m'ont incité à effectuer cette introspection et finalement aiguillé vers une autre place. A cet égard, je serai éternellement reconnaissant à René Vandereycken. Peut-être, mais je lui dois assurément beaucoup. Il m'a clairement fait comprendre, en tout cas, qu'un attaquant avait lui aussi sa part d'implication dans le travail, fût-il de nature offensive ou bien défensive. Afin que j'en cerne toutes les facettes, c'est lui qui eut l'idée de m'utiliser à plusieurs places différentes aux avant-postes à Twente. Tantôt, j'étais esseulé en pointe, tantôt encore je jouais en décrochage par rapport à Ellery Cairo. C'est à son instigation aussi que j'avais été essayé sur les ailes : d'abord à droite, puis à gauche. Et c'est peut-être dans cette attribution que j'ai livré quelques-uns de mes meilleurs matches à Enschede. C'est pourquoi je ne suis nullement dépaysé dans cette fonction au Standard actuellement. En principe, non, même si on ne peut jamais jurer de rien dans ce monde en perpétuelle mouvance qu'est le football. Au moment de parapher mon contrat à Sclessin, il y a deux ans, Luciano D'Onofrio m'avait averti qu'au besoin je serais peut-être cédé à Marseille, ce qui s'est finalement vérifié quelques semaines plus tard. S'il s'était agi d'un club de moindre envergure, c'est sûr que j'aurais tiqué. Mais, à 22 ans, qui n'aurait pas rêvé d'une telle expérience ? Même si je ne suis en définitive resté que quatre mois au stade Vélodrome, je ne suis pas près d'oublier cette période. Sportivement, j'y ai appris davantage qu'au cours de mes deux dernières années lierroises. Et humainement, j'ai probablement fait mieux encore puisqu'en ce très court laps de temps j'ai acquis une meilleure maîtrise du français qu'en un peu plus de deux décennies auparavant. Il est simplement dommage que j'avais affaire à trop forte concurrence là-bas. Avec Pascal Nouma, Ibrahima Bakayoko, Ibrahim Ba, il n'y avait pas photo entre un jeune comme moi et ces garçons expérimentés, rompus au championnat de France. Vu leurs qualités, il était normal qu'ils jouissent des faveurs du coach. Si j'avais été malin, j'aurais quitté la chaussée du Lisp en 1999. Cette année-là s'était soldée de la meilleure manière qui soit, pour moi, entendu que j'avais été le héros de la coupe de Belgique en prenant à mon compte deux de nos trois buts face au Standard. J'avais tout vécu à ce moment-là au Lisp : le titre en 1997 et la coupe cette année-là. Que pouvais-je encore espérer de plus ? Rien, absolument rien. Certaines personnes me dissuadèrent toutefois de tenter la grande aventure, sous prétexte qu'à 20 ans à peine, mon écolage n'était soi-disant pas encore terminé. Je les ai écoutées et mes ennuis ont débuté à ce moment-là. Quand le Lierse gagnait, il n'y avait jamais grand-chose à redire et j'étais couvert de louanges. Mais lorsque les événements laissaient à désirer sur le terrain, c'étaient toujours les deux mêmes qui en prenaient pour leur grade : Eric Van Meir et moi. Au lieu de progresser, comme je l'avais toujours fait jusque-là, j'ai eu l'impression de faire d'abord du surplace, puis de régresser carrément. En passant en France, mes yeux se sont ouverts. J'ai compris ce qu'était le haut niveau et j'ai repris du poil de la bête en me frottant à des valeurs sûres, comme Frank Leb£uf. Je regrette simplement que cette aventure n'ait pas duré plus longtemps, auquel cas j'en serais sorti plus fort. Il fallait bien que je m'en fasse une raison : avec Ole-Martin Aarst, Ali Lukunku et Michaël Goossens, le Standard était paré devant. Comme il n'était pas encore question, à cette époque, de me faire coulisser sur le flanc gauche, mon horizon semblait bel et bien bouché. C'est la raison pour laquelle je n'étais pas insensible à la proposition du FC Twente. Le début, j'en conviens, fut catastrophique car l'équipe ne trouvait pas la bonne carburation. Au fil des semaines, elle a cependant remonté la pente pour terminer dans le ventre mou du classement. Personnellement, je n'étais pas mécontent de la tournure des événements pour moi là-bas. Non seulement j'ai marqué six buts mais, de plus, j'ai appris à m'exprimer à d'autres places que celle d'attaquant de pointe. Si le club d'Enschede avait disposé des moyens pour m'acquérir, tout porte à croire que je serais toujours actif là-bas. Mais au même titre que Vitesse Arnhem, Twente a eu des problèmes de trésorerie qui l'ont poussé à devoir vendre en lieu et place d'acquérir de nouveaux joueurs. Cette situation n'a pas fait mon affaire car je suis revenu à la case départ, au Standard, entre-temps. Mais même si je ne fais pas encore partie des priorités, pour le moment, je veux mettre tout en £uvre pour que la troisième fois soit enfin la bonne, pour moi, à Sclessin. J'ai le sentiment que le groupe actuel est plus uni que par le passé. Avant, c'était vraiment chacun pour soi ici. A présent, je sens une plus grande ouverture vers les autres. Qualitativement, le groupe est peut-être un peu moins riche en profondeur qu'à l'époque de mes débuts. Surtout en matière de récupération du ballon puisque le Standard pouvait alors compter sur des garçons de la trempe de Johan Walem, Didier Ernst et Harold Meyssen. Dans l'intervalle, toutefois, quelques-uns ont pris aussi une nouvelle dimension. Je songe à Ivica Dragutinovic, qui est vraiment au sommet de son art à présent, ou à Moreira, qui a gagné en souveraineté lui aussi. Sans compter qu'aux avant-postes, la direction a eu le nez creux avec Sambegou Bangoura et Alexandros Kaklamanos, même si ce sont des concurrents pour moi ( il rit). Mon ambition, avant toute chose, est de me stabiliser. Trois clubs en deux ans, ce n'est pas une moyenne idéale. Je veux donc m'ancrer ici et, si possible, glaner des galons de titulaire, au demi gauche ou à l'avant. Pour ce qui est de l'équipe, je m'attends à ce qu'elle poursuive sa progression au classement. La première et la deuxième places seront très certainement réservées à Bruges et à Anderlecht cette saison mais la troisième place est ouverte et devrait valoir une âpre bataille entre le Standard, Genk et l'un ou l'autre outsider comme Lokeren et le Lierse l'ont été lors du dernier championnat. Il est effectivement temps que je me réalise. A cet égard, je veux m'inspirer de l'exemple de Cédric Roussel. Lui aussi a dû patienter jusqu'à cet âge pour éclater, à Mons. Et peut-être n'en ira-t-il pas autrement pour Walter Baseggio à Anderlecht. Si d'autres y sont parvenus à cet âge, pourquoi ne les imiterais-je pas à mon tour ? A moi de dé" Le groupe actuel est plus uni que par le passé "" Roussel aussi a dû patienter jusqu'à 25 ans pour éclater "