Les avis sont unanimes. Les vacances existent pour récupérer. Profiter du soleil. Important, le soleil! Première étape, effacer les fatigues de la défunte saison. Deuxième étape, s'adapter à une inactivité relative. Troisième étape, emmagasiner l'influx qui permettra de bien entamer la rentrée, qui arrive toujours trop vite.
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Les avis sont unanimes. Les vacances existent pour récupérer. Profiter du soleil. Important, le soleil! Première étape, effacer les fatigues de la défunte saison. Deuxième étape, s'adapter à une inactivité relative. Troisième étape, emmagasiner l'influx qui permettra de bien entamer la rentrée, qui arrive toujours trop vite.Le repos de nos guerriers des stades ressemble à celui que prend le commun des mortels. Seules les destinations se veulent parfois plus sophistiqués. Certains sortent de schémas classiques. Ils recherchent autre chose.Waseige confronté au fighting spirit britannique à Athènes"Je laisse le soin de choisir nos destinations à mon épouse. De nous deux, c'est elle qui a le plus droit à de véritables congés", apprend d'emblée Robert Waseige. Aline, aux petits soins pour son sélectionneur de mari, s'est donc plongée dans l'étude des brochures spécialisées. Elle a déniché à Athènes un Club Med dont la particularité est d'offrir un encadrement tenant compte des problèmes cardio-vasculaires rencontrés par les visiteurs. Et comme le patron des Diables Rouges a subi une intervention chirurgicale en mars dernier... "L'environnement était à la hauteur de nos espoirs", constate Aline Waseige. "Mais vous connaissez Robert. Il est perfectionniste et rigoureux. Or, l'appareillage du cardio training ne correspondant pas à celui de l'hôpital de la Citadelle où il poursuit sa rééducation, à raison de trois séances par semaine, il s'est abstenu de fréquenter la salle". Par contre, indépendamment des bains et massages, une bonne heure de marche sportive figurait quotidiennement au programme. "J'avoue humblement m'être régulièrement fait lâcher", rigole Robert. "Notamment par trois Anglaises qui gravissaient les pentes à un rythme infernal. Après notre rencontre en Ecosse, ce fut pour moi l'occasion d'être à nouveau confronté au fighting spirit britannique. Un jour, un Français s'est joint au petit groupe. Il n'a pas arrêté une seconde de me parler de foot. Je me suis demandé comment il faisait car moi, j'arrivais à peine à dialoguer tant j'étais essoufflé. J'ai eu la réponse le lendemain. Il n'était pas là! Je ne l'ai plus revu. Pour le reste, j'ai beaucoup apprécié l'impressionnante table des desserts. Mon péché mignon! Il y en avait tellement que le spécialiste que je suis n'est pas arrivé à les goûter tous". Le couple s'est évidemment offert une visite d'Athènes : "Prenante. Ces ruines représentent les fondations de notre civilisation. L'architecture force l'admiration. En découvrant l'Acropole et d'autres monuments, impossible de ne pas être pris par la dimension philosophique se dégageant de ces vieilles pierres. On reçoit une leçon d'humilité".Fassotte voulait voir Rivaldo et le Nou Camp!Pas étonnant que le jeune défenseur du RWDM s'appuie sur un physique impressionnant. Avant qu'il paraphe un contrat professionnel au Standard, 13 années durant, la pause de juillet lui permettait de participer aux stages de foot que son père, Jean-Claude, organise en Espagne. Après quatre étés d'absence, il est revenu à Altafulla. Laurent Fassotte : "J'avais envie de revoir cet endroit où j'ai passé tant de temps. Chemin faisant, mon père m'a demandé de régler les derniers détails concernant l'accueil des jeunes. Je l'ai fait. Ensuite, je me suis reposé. Le tour final nous a pompé énormément d'énergie. Physique et nerveuse. Notre victoire aussi d'ailleurs. Je peux l'avouer, nous avons fêté très, très dignement l'accession a l'élite. Durant cinq, six jours, j'ai fais le vide complet. Bronzette, dolce vita, un peu de lecture. Ma copine, enseignante, n'a pu m'accompagner. Dommage. Heureusement, sur place, je connais quasi tout le monde". Le plus beau restait à venir : "Assez curieusement, bien que me trouvant à une centaine de kilomètres de Barcelone, je n'avais jamais assisté à une rencontre au Nou Camp. Je savais que le calendrier proposait un explosif Barça-Valence. Tôt, je me suis arrangé pour que l'on me procure une place. J'étais excité tel un enfant. Je rêvais de voir Rivaldo en chair et en os. Bon, je n'ai pas eu l'occasion de le rencontrer. Pas grave! Il a fait exploser Valence, inscrivant notamment un but incroyable d'une bicyclette exécutée à l'extérieur du grand rectangle. Barcelone a gagné 3-2, se qualifiant de justesse pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions. Je n'imaginais nullement qu'une frénésie pareille soit possible. Les 120.000 aficionados ont créé une ambiance surréaliste. Je faisais partie des leurs. Impossible d'oublier ce moment magique. Ni la célébration de la fête ponctuant la victoire. Barcelone était peint de bleu et grenat".Wuillot rêve d'un monde à l'image de l'île MauriceA l'instar de quelques collègues, Laurent Wuillot a profité de l'intersaison pour convoler en justes noces. Le Hennuyer a offert une virée paradisiaque à son épouse, Laetitia Casto, la soeur de Marco : l'île Maurice. "Je croyais que des endroits ressemblant à celui-là n'existaient que dans les films ou les clips publicitaires. Merveilleux. Sur place, la vie est, on ne peut plus abordable. Nous avons fait le tour complet de l'île en taxi pour 2.000 francs belges. Quasiment pour rien, nous nous sommes régalés de poissons grillés, de salades composées à base de produits de la mer". En arpentant ce bout de terre perdu au milieu de l'Océan Indien, Laurent Wuillot a ressenti une impression de bien-être total. L'ancienne île de France, passée sous tutelle anglaise au 19e siècle a réalisé un remarquable assemblage multiracial : "La plupart des grandes ethnies se retrouvent dans le million d'habitants. Jaunes, Noirs, Blancs se côtoient harmonieusement. Forcément, ces gens adoptent des cultes différents. Bouddhistes, Musulmans, Chrétiens, Hindouistes se respectent, acceptant les différences d'autrui. Sans parler de religions plus particulières, honorées par les Créoles bien représentés en nombre. Les Mauriciens nous indiquent la route à suivre. Il y a place pour tous sur notre planète bleue. La tolérance spontanée, naturelle, rayonnant là-bas devrait inspirer le reste du monde. Tout deviendrait tellement plus simple!"Les Brogno émus par une gamine en République DominicaineSable blanc. Cocotiers bercés par les alizés. Mer couleur émeraude. Voilà ce que retiennent de la République Dominicaine la plupart des touristes. A condition de ne pas sortir de la diapositive rassurante. Pour la première fois de leur vie d'adulte, les frères Brogno sont partis ensemble. Dante, Toni et David avaient juré à leurs épouses et compagnes de couper les GSM. Ils ont tenu parole. "D'habitude, nous visitions la famille en Italie", explique Toni. "Pour une fois, nous avons décidé de couper. Ainsi, nous évitions les obligations inhérentes à un retour au pays. Nous avons passé un moment inoubliable en nous retrouvant. Cependant, la béatitude dans laquelle nous nagions ne nous a pas empêché de distinguer une réalité cruelle". Dante embraye : "Pour la population indigène, la motivation ultime consiste à se réveiller vivant lorsque le jour se lève. Cela, personne ne doit l'ignorer". L'aîné du clan relate : "Mon épouse, Esther étant espagnole, nous pouvions soutenir des conversations continues. Un soir, dans un restaurant, nous nous sommes entretenus avec la petite serveuse. Elle nous a expliqué que pour se faire embaucher, elle avait effectué un trajet de neuf heures en car. Ses maigres économies furent investies dans l'achat du billet aller. En cas d'échec, elle n'avait pas de quoi s'offrir le ticket de rentrée. De commun accord, quasiment tous les jours, nous allions déjeuner où elle travaillait. Nous lui laissions évidemment un bon pourboire. Avant de partir, nous lui avons remis notre monnaie restante. Je sais, ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan. Néanmoins, nous étions heureux de faire ce geste. Ni moi, ni Toni, ni David n'oublierons la gamine".Après deux semaines en Turquie, Turaci a envie de revenirLe puissant défenseur de La Louvière vit une situation identique à celle de la plupart des immigrés. Eternellement assis entre deux chaises. Bien qu'il ait opté pour la nationalité belge, les esprits étroits le désignent en parlant du Turc. Où ses parents virent le jour, on le surnomme le Belge. "J'y suis habitué. J'aime les deux nations. Je me réjouis chaque fois à l'idée de prendre l'avion. Pourtant, lorsque je séjourne depuis une quinzaine de jours en Turquie, la Belgique me manque". Ce fut encore le cas cet été, même si la villégiature visait un objectif précis. Onder Turaci assistait au mariage de sa soeur à Karaman, dans le sud : "Quelle fête! Il est heureux que je ne rencontre aucun problème de poids. Sans quoi, Daniel Leclercq m'aurait vu arriver avec 10 kilos de trop tellement on mange. Je suis invité partout. Mes tantes, oncles et autres parents, mettent un point d'honneur à ce que la table regorge de nourriture. Fou!" Excepté la cérémonie, Turaci s'est rendu sur les rives d'Antalya. "J'aime profiter du soleil et ne rien faire! Je vais peut-être vous étonner, mais je suis complètement dépaysé. Alors je me comporte en touriste..." Moury est resté dans des caves à BandolRudy Moury est un oenologue averti. Aussi, lorsqu' Eric Scalia, son ancien équipier de La Louvière l'invita à visiter les vignobles de Bandol, il ne résista pas à la tentation. "En se baladant à l'intérieur des terres, le long de la côte d'Azur, on redécouvre l'ambiance des romans de Pagnol", dit-il. " Nous sommes allés nous promener à Marseille et en compagnie d'Eric, nous avons lézardé sur les plages. Toutefois, c'est dans les caves que nous avons pris notre pied!" Quatre châteaux proposant des crus millésimés eurent les faveurs de leurs visites : "Cela prenait du temps. Enormément de temps. Chaque fois, nous discutions avec les propriétaires. Nous arpentions les vignobles. Quels formidables moments! Ces vins, moins connus que les Bourgognes valent le déplacement. Pour 600, 700 francs belges, il est possible d'acquérir des bouteilles de qualité supérieure. Qui se gardent plusieurs années, vieillissant harmonieusement".Marc Grosjean peut dormir tranquille. Son nouveau défenseur au RFC Liége n'a pas picolé. Le véritable amateur se garde d'ingurgiter le nectar. Surtout sous un soleil de plomb. Rudy Moury : "Sur une dégustation complète, on boit réellement la valeur d'un verre et demi. L'apéro à l'ombre des platanes s'avère bien plus dangereux". Le Borain s'adonne tellement à sa passion que durant la trêve hivernale, l'Alsace recueille ses faveurs. Il constate avec humour : "Les Français ont souvent une grande gueule. A coté de cela, quel beau pays. Tellement riche qu'il comble les plus difficiles".A Majorque, Baseggio faisait du jet ski malgré sa peur de l'eau"Je ne cherche pas entre midi à quatorze heures. La détente est faite pour s'allonger en vidant l'esprit de ses soucis. Répit le plus complet!" Walter Baseggio a pris la route de Majorque. Joignant l'utile à l'agréable, les Baléares étaient le point culminant de son voyage de noces. "Outre notre saison longue, éreintante, j'ai couru énormément lors de la préparation de mon mariage. Je n'en pouvais plus. Malgré cela, il me faut du temps pour prendre du recul. Le détachement arrive progressivement". Etonnant pour quelqu'un dont le choix se porte sur une île, le "Joueur Pro de l'Année" n'aime pas l'eau. Alors là, pas du tout : "Petit, j'ai été victime d'otites à répétition. A la piscine, je souffrais le martyre. J'en conserve un souvenir tellement épouvantable que je fuis le liquide". Cette peur panique, il la contrôla uniquement parce que la motivation de découvrir un exercice tentant le tenaillait : "Je voulais connaître les sensations que procure le jet ski. Je n'avais pas le choix. J'ai bien enregistré les leçons afin d'éviter de plonger tête la première. Il n'y a pas eu de problème". Le stratège d'Anderlecht a fait bonne chair : "Je m'en suis donné à cour joie : paellas, poissons, crustacés, viandes grillées. Je redoutais le pire. Finalement, en rentrant à la maison, je n'accusais qu'un petit kilo excédentaire. Vite disparu. En stage de préparation, on donne tout".Daniel Renard