Qu'avez-vous retenu des huitièmes de finale de la Ligue des Champions ?

Comment passer sous silence le choc de titans entre le Real Madrid et le Bayern Munich ? Le dernier quart d'heure de la première mi-temps, mercredi, fut exceptionnel. Peut-être le plus beau de toute l'histoire de la Ligue des Champions. Les deux dernières minutes de la finale 1999 entre le Bayern Munich et Manchester United avaient surtout été historiques sur le plan émotionnel, mais la semaine passée, on a atteint des sommets sur le plan de la qualité du jeu. Il y avait tout : des exploits techniques d'un côté, des contre-attaques rondement menées de l'autre et des arrêts miraculeux d'Iker Casillas. Par rapport aux absences de Ronaldo et de Roberto Carlos, je souhaite émettre une remarque : sur le plan offensif, le Real Madrid possède des joueurs qui peuvent évoluer à différentes positions. Remplacer le centre-avant ...

Comment passer sous silence le choc de titans entre le Real Madrid et le Bayern Munich ? Le dernier quart d'heure de la première mi-temps, mercredi, fut exceptionnel. Peut-être le plus beau de toute l'histoire de la Ligue des Champions. Les deux dernières minutes de la finale 1999 entre le Bayern Munich et Manchester United avaient surtout été historiques sur le plan émotionnel, mais la semaine passée, on a atteint des sommets sur le plan de la qualité du jeu. Il y avait tout : des exploits techniques d'un côté, des contre-attaques rondement menées de l'autre et des arrêts miraculeux d'Iker Casillas. Par rapport aux absences de Ronaldo et de Roberto Carlos, je souhaite émettre une remarque : sur le plan offensif, le Real Madrid possède des joueurs qui peuvent évoluer à différentes positions. Remplacer le centre-avant ne constitue donc pas un problème. Raúl peut évoluer en pointe, tout comme Guti. Zinedine Zidane peut évoluer comme soutien. Il n'y a que Ronaldo, précisément, qui occupe toujours une position fixe : il ne peut jouer que comme attaquant de pointe. L'absence de Roberto Carlos aurait été plus préjudiciable si le Real Madrid avait dû forcer un résultat, ce qui n'était pas le cas puisqu'il était qualifié au coup d'envoi. Le banc madrilène est-il trop limité pour une équipe de ce calibre ? Peut-être, mais je constate que, ces dernières années, les équipes européennes de pointe ont rarement été décimées par les blessures de longue durée. C'est le signe qu'au niveau de la préparation et du suivi médical des joueurs, un gros progrès a été accompli. Avoir un banc très fourni n'est donc pas une absolue nécessité. Etre trop riche en profondeur peut même avoir des répercussions néfastes : l'Inter Milan possède pratiquement deux joueurs de valeur égale pour chaque place, mais cela ne se traduit pas au niveau des résultats. La fragilité de sa défense peut poser problème au Real Madrid. L'axe central doit souvent être modifié. La perte de Claude Makelele comme médian récupérateur ne m'inquiète pas. Dans ce rôle, David Beckham et Guti peuvent parfaitement convenir et l'ont démontré mercredi. Une évolution est perceptible en milieu de terrain dans le football européen. Il n'y a plus, comme autrefois, un joueur chargé uniquement de récupérer des ballons et de les céder au partenaire le plus proche. On découvre une nouvelle race de joueurs au poste de demi défensif : des éléments qui sont aussi capables d'inscrire un but. C'est le cas de David Beckham et de Guti, mais aussi de Paul Scholes à Manchester United. Cela dit, je dois reconnaître que, si une équipe méritait de se qualifier, c'était le Bayern Munich et pas le Real Madrid. Les Allemands avaient réalisé une très bonne prestation lors du match aller et ont montré davantage, au stade Santiago Bernabeu, que les Espagnols une semaine plus tôt au stade Olympique de Munich. On peut parler de surprises, en effet. Ici, je voudrais souligner le rôle des gardiens de but. L'erreur d'Oliver Kahn, lors du match aller contre le Real Madrid, a finalement coûté la qualification au Bayern Munich. Sur le but égalisateur de Porto, le gardien de Manchester United, Tim Howard, ne m'a pas paru exempt de tout reproche non plus. A un stade de la compétition où les erreurs dans le jeu se font de plus en plus rares, les bourdes des keepers se payent cash. C'est fort possible que ce soit son année. C'est une équipe qui a toujours disposé de très gros moyens, mais si elle a souvent brillé dans les compétitions nationales (et encore : elle n'a remporté qu'un seul titre de champion au cours des cinq dernières années), elle échouait toujours sur la scène européenne. Cette fois, elle atteint enfin les quarts de finale de la Ligue des Champions. Le grand mérite en revient à la direction, qui a su conserver son effectif intact là où d'autres vendent des joueurs chaque été. Cette politique de continuité commence à porter ses fruits. Arsenal est peut-être l'équipe européenne qui maîtrise le mieux l'art de la contre-attaque. Il faudra voir comment elle tiendra le coup sur le plan défensif face à une opposition sérieuse. Propos recueillis par Daniel Devos