LE JEU UNE CORVÉE

C'est le huitième rendez-vous de l'Espagne. Comme toujours, elle figure parmi les favoris, bien qu'elle n'ait jamais passé le cap des quarts de finale d'un Mondial et qu'hormis un sacre européen en 1964, son palmarès soit vierge. Fait significatif de sa soif de succès, l'Espagne offre une prime de 570.000 euros à chaque joueur en cas de titre ! Mais alors que le Real et Barcelone font partie des meilleurs clubs du monde, l'équipe nationale est à la traîne. Pour les joueurs fa...

C'est le huitième rendez-vous de l'Espagne. Comme toujours, elle figure parmi les favoris, bien qu'elle n'ait jamais passé le cap des quarts de finale d'un Mondial et qu'hormis un sacre européen en 1964, son palmarès soit vierge. Fait significatif de sa soif de succès, l'Espagne offre une prime de 570.000 euros à chaque joueur en cas de titre ! Mais alors que le Real et Barcelone font partie des meilleurs clubs du monde, l'équipe nationale est à la traîne. Pour les joueurs fatigués, l'équipe nationale est davantage une corvée qu'un honneur, sans même parler de plaisir. L'Espagne s'est péniblement qualifiée, deuxième de sa poule derrière la Serbie & Monténégro, mais elle a battu la Slovaquie avec panache aux barrages : 5-1. LuisAragones n'a pas encore trouvé le système de jeu idéal et les difficultés des éliminatoires ne l'ont pas aidé. Parfois, comme contre la Slovaquie, il procède avec trois attaquants, parfois il préfère un style plus prudent avec deux avants. Ses hésitations déstabilisent l'équipe, qui a besoin d'un meneur sur le terrain. En revanche, l'Espagne déborde de créativité. Xabi Alonso et David Albelda font bien circuler le ballon et offrent beaucoup de possibilités aux avants, qui ne les exploitent cependant pas assez. L uis Aragonés a repris l'équipe peu après l'EURO portugais. Il a immédiatement diminué la moyenne d'âge, la ramenant à 24 ans. Spécialiste du sauvetage des clubs menacés de relégation, le sélectionneur veut avant tout que son équipe contrôle le match en monopolisant le ballon. L'Espagne n'a encore perdu aucun match sous sa houlette, mais la presse ibérique pense que l'équipe s'est qualifiée malgré lui et non grâce à lui. Il est critiqué pour avoir dit à José AntonioReyes, pendant un stage, qu'il devait prouver au " nègre de merde " - entendez Thierry Henry, son rival à Arsenal - qu'il était le meilleur. Il a présenté des excuses, mais d'aucuns ont réclamé sa démission. L'homme des superlatifs : 180 buts en Primera División, 51 en Ligue des Champions. Quatre titres avec le Real, trois Ligues des Champions. Il est le plus jeune joueur à avoir débuté au Real. Cet avant, célèbre pour sa technique, son intelligence de jeu et son sang-froid devant le but, préfère évoluer en décrochage. Même s'il n'a que 28 ans, l'âge idéal, il a l'air d'un vétéran sur le terrain. Son salaire est à l'image de son talent : six millions d'euros par saison.