COACH: Julen Lopetegui (ESP)

Dans quelle mesure vous réjouissez-vous de vivre votre premier Mondial à ce poste ?
...

Dans quelle mesure vous réjouissez-vous de vivre votre premier Mondial à ce poste ? JULEN LOPETEGUI : Ce qui me fait le plus de plaisir, c'est d'être parmi les 32 qualifiés. Ça peut paraître étrange dans la bouche du sélectionneur d'un pays qui a été champion du monde en 2010 mais c'est quelque chose qu'il faut apprécier. Il suffit de voir quels grands pays n'ont pas réussi à se qualifier. Deux grands du football, les Pays-Bas et l'Italie, ne sont pas de cette édition. Fin mars, vous avez écrasé l'Argentine 6-1, alors qu'elle figure parmi les favorites. Qu'est-ce que ça signifie ? LOPETEGUI : Rien. Ce qui s'est passé ce soir-là à Madrid n'a rien à voir avec le Mondial. Nous étions évidemment contents mais nous sommes conscients que ce n'était qu'une rencontre amicale. Nous savons qu'on a placé la barre haut pour nous mais ce qui se passe pendant les qualifications ou les matches amicaux ne veut strictement rien dire sur le déroulement du tournoi. On attend beaucoup de l'Espagne. Que vous souffle votre instinct ? LOPETEGUI : C'est sans importance. Si nous pouvions gagner tous nos matches 1-0, je signerais des deux mains mais je suis réaliste. Nous avons un style très particulier, en effet, mais les meilleures équipes du monde sont capables de réagir à des conditions différentes à tout moment pendant un match. Que pensez-vous du Portugal ? LOPETEGUI : C'est un adversaire costaud, champion d'Europe, qui aligne Cristiano Ronaldo, un des meilleurs joueurs et buteurs du monde. Nous sommes dans une poule difficile, croyez-moi, car après avoir visionné les matches de qualification de l'Iran et du Maroc, je trouve que ce sont les deux meilleures équipes de leur continent respectif. Certains vont disputer leur premier Mondial, d'autres en sont à leur quatrième... LOPETEGUI : Ce qui me fait le plus de plaisir depuis mon arrivée, c'est la passion et le dévouement des joueurs qui ont déjà tant gagné et la manière dont ils s'occupent des jeunes. Sans collectif, même le meilleur joueur du monde ne peut pas faire la différence. Ils transmettent le message aux nouveaux et veillent à l'identité et à la culture de la Seleccion. L'héritage de 2010 est-il lourd à porter ? LOPETEGUI : Le passé ne peut pas être un poids. Il doit nous motiver à accomplir de nouveaux pas en avant. Nous devons déterminer nous-mêmes notre avenir. On est jugé sur ce qu'on fait, pas sur ce que les autres disent des prestations précédentes. Entre temps, le football s'apprête à dire adieu à Andrés Iniesta... LOPETEGUI : Il n'est pas difficile de résumer ce qu'Andrés représente pour l'équipe nationale et le football espagnol. On verra de quoi est fait son avenir mais tout ce qui compte pour moi, c'est ce qu'il peut faire pour nous en Russie. journaliste au mensuel Panenka " La prolongation du contrat du sélectionneur Julen Lopetegui juste avant le tournoi et jusqu'à l'EURO 2020 est un signe de confiance. Il ne faut pas oublier qu'il a longtemps entraîné les équipes nationales d'âge. Il a été champion d'Europe avec les U19 en 2012 et avec les U21 en 2013. Il connaît donc la plupart des joueurs qui seront en Russie. Je pense à Thiago, Koke, Isco, Rodrigo, Carvajal, De Gea... Puisqu'il poursuit sa mission, il va devoir encadrer le relais de générations. À l'issue du Mondial, l'Espagne prendra en effet congé de quelques uns des champions du monde 2010 : Iniesta, Piqué, Silva peut-être... Sous la conduite de Del Bosque, l'Espagne avait perdu sa fraîcheur à l'EURO français. Lopetegui a placé quelques nouveaux à des positions majeures. Casillas a définitivement quitté le but au profit de De Gea. Des joueurs comme Saùl et Koke, déterminants à l'Atlético, ont gagné en importance. Surtout, Isco, qui n'était pas en France, est devenu la star de l'équipe. La force de l'Espagne, c'est que beaucoup de joueurs sont capables de marquer : Silva, Isco, Asensio, Saul, Koke... D'autres équipes ont des attaquants de plus grands renom, comme le Brésil et la France, mais l'Espagne est très équilibrée. "Au début des qualifications, il faisait la navette entre les U21 et les grands garçons mais désormais, Marco Asensio est une certitude dans la sélection de Julen Lopetegui. Le médian de 22 ans n'est pas encore incontournable mais ce n'est qu'une question de temps. Le fait est que le sélectionneur lui a accordé du temps de jeu à l'issue de la campagne de qualification, pour préparer la Coupe du Monde. Fin mars, il a même joué 90 minutes lors du match de gala contre l'Argentine (6-1). Andrés Iniesta va bientôt prendre congé de l'équipe nationale et Asensio pourrait très bien combler le vide laissé par la retraite de la star, même si le natif de Majorque peut aussi jouer en faux neuf. Son avenir en club est moins certain. Il restera sans doute au Real si le coach peut lui garantir une place de titulaire la saison prochaine. Le manager d'Asensio affirme que le Real a déjà refusé deux offres de 150 millions d'euros émanant de clubs de Premier League. Il reste cinq joueurs de l'équipe championne du monde il y a huit ans en Afrique du Sud : Gerard Piqué, Andrés Iniesta, David Silva, Sergio Ramos et Sergio Busquets.5 joueurs sur 23 sont nés à Madrid, la ville la mieux représentée de la sélection ibérique. Il s'agit de David De Gea, Koke, Pepe Reina, Nacho et Dani Carvajal. Barcelone est deuxième avec Gerard Piqué, Jordi Alba et Sergio Busquets. Traditionnellement, l'Espagne part en stage à l'étranger avant un tournoi mais Lopetegui a décidé de s'y prendre autrement. Les joueurs s'entraînent tous les jours à Las Rozas, le centre national d'entraînement à Madrid et peuvent rentrer chez eux, si c'est possible. " Sinon, ils finissent par s'ennuyer ", selon le sélectionneur. L'Espagne a inscrit 36 buts en dix matches mais aucun Espagnol ne figure parmi les dix meilleurs buteurs des qualifications européennes. Quatre footballeurs ont inscrit chacun cinq buts : David Silva, Isco, Diego Costa et Alvaro Morata. Ce dernier n'a pas été sélectionné par Lopetegui.