Ils étaient nombreux les candidats à la succession de Vahid Halilhodzic pour le poste de sélectionneur de la Côte d'Ivoire. Parmi les nominés ont défilé les noms de Bernd Schuster, Eric Gerets, Guus Hiddink, Philippe Troussier, Glenn Hoddle, Mark Hugues, etc. C'est finalement Sven-Goran Eriksson qui a remporté la timbale. Du moins si l'on se place dans le camp des optimistes qui voient dans les Eléphants une équipe à fort potentiel pouvant crée...

Ils étaient nombreux les candidats à la succession de Vahid Halilhodzic pour le poste de sélectionneur de la Côte d'Ivoire. Parmi les nominés ont défilé les noms de Bernd Schuster, Eric Gerets, Guus Hiddink, Philippe Troussier, Glenn Hoddle, Mark Hugues, etc. C'est finalement Sven-Goran Eriksson qui a remporté la timbale. Du moins si l'on se place dans le camp des optimistes qui voient dans les Eléphants une équipe à fort potentiel pouvant créer la surprise en Afrique du Sud. D'autres, et ils sont nombreux, estiment la mission empoisonnée. Un peu plus de deux mois pour bâtir une équipe voilà qui fait court, d'autant que la pression qui pèse sur la sélection est éléphantesque. Pour rappel, Coach Vahid a dû céder sa place après la seule défaite qu'il a connue en à peu près deux ans, une sortie de route en quarts de finale de la dernière Coupe d'Afrique face à l'Algérie vécue par les Ivoiriens comme une performance honteuse. Aujourd'hui, la bande à Drogba n'est pas, ou plus, vénérée au pays. Au contraire, l'élimination de la CAN a renforcé l'image d'un ensemble composé de starlettes, multipliant les performances de choix chez leurs employeurs européens respectifs mais délaissant la sélection et le rôle crucial du collectif. Voilà le premier point sur lequel Eriksson devra travailler s'il veut arriver à faire bonne figure dans le groupe de la mort où les Eléphants côtoieront le Brésil, le Portugal et la Corée du Nord. Est-ce que le technicien suédois est sur ce point the right man at the right place ? Malgré son échec récent avec le Mexique, son passage à la tête de la sélection anglaise permet de le croire. De 2001 à 2006, Eriksson aura disputé trois quarts de finale d'affilée, deux de Coupe du Monde et un de l'Euro, ce qui prouve qu'il ne s'est jamais planté sans réellement briller. Cinq ans comme boss de l'Albion, cela prouve aussi que le Suédois est rôdé aux conflits d'égos et désidératas de stars. Ce long passage chez les Britons, sans oublier un cv riche de succès avec La Lazio, Benfica ou Göteborg, laisse toutefois insensible le peuple ivoirien qui ne sait pas trop quoi penser de son nouveau stratège. Il aurait préféré le Français, Troussier, méconnu en Europe mais dont les trois titres de suite avec l'ASEC Mimosa ont frappé les esprits. La Fédération ivoirienne a, elle, tenté de convaincre Hiddink, que l'on sait expert en surprise avec les petites nations du foot (Corée du Sud 2002, Australie 2006), mais dont les émoluments étaient déraisonnables (la Turquie lâchera après la Coupe du Monde près de quatre millions d'euros par an pour ses services...). Eriksson a, lui, déclaré qu'il " n'était pas si bien payé que ça. Mais que ça allait ". On imagine très bien. Toutes les stars, Drogba, Kolo Touré, Yaya Touré, se sont également empressés de balancer qu'ils étaient impatients de travailler avec leur nouveau mentor. Comme avec Halilhodzic et autres prédécesseurs. Et avec les mêmes résultats ? THOMAS BRICMONT