Je venais de réaliser quatre saisons très positives au Club Bruges et il était probablement temps de compléter ma carrière, de voir du pays, de tenter ma chance à l'étranger. J'avais deux possibilités pour la suite de ma carrière. Liverpool et Lyon m'avaient contacté avant le début de la phase finale de l'EURO 2000. Après avoir bien réfléchi, j'ai donné la priorité à l'offre française. Les Bleus étaient champions du monde en titre et ils n'allaient pas tarder à s'emparer de la couronne européenne. Cela signifiait que leur football était sur le toit de la planète. L'intérêt lyonnais s'accentua et, comme je ne pouvais me rendre en France, car j'étais retenu par les Diables Rouges, Jacques Santini, le coach, assista personnellement aux tests physiques organisés à Liège lors d'un après-midi de congé. L'examen fut totalement positif et j'ai signé un contrat de quatre ans.
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Je venais de réaliser quatre saisons très positives au Club Bruges et il était probablement temps de compléter ma carrière, de voir du pays, de tenter ma chance à l'étranger. J'avais deux possibilités pour la suite de ma carrière. Liverpool et Lyon m'avaient contacté avant le début de la phase finale de l'EURO 2000. Après avoir bien réfléchi, j'ai donné la priorité à l'offre française. Les Bleus étaient champions du monde en titre et ils n'allaient pas tarder à s'emparer de la couronne européenne. Cela signifiait que leur football était sur le toit de la planète. L'intérêt lyonnais s'accentua et, comme je ne pouvais me rendre en France, car j'étais retenu par les Diables Rouges, Jacques Santini, le coach, assista personnellement aux tests physiques organisés à Liège lors d'un après-midi de congé. L'examen fut totalement positif et j'ai signé un contrat de quatre ans. Une nouvelle vie commençait pour moi. Je n'imaginais pas tout à fait à quel point cette expérience allait changer ma manière d'exercer notre beau métier. Lyon avait décroché la troisième place du championnat de France en 1999-2000 et prit part au dernier tour préliminaire de la Ligue des Champions. J'ai eu droit à une période de repos après l'EURO 2000 mais Jacques Santini m'aligna d'entrée de jeu lors des deux matches face à l'Inter Bratislava. Lyon franchit ce cap et se retrouva dans une des poules de la Ligue des Champions : je ne pouvais rêver mieux. C'était, en fait, le début d'une aventure merveilleuse. J'allais acquérir une autre dimension. Lyon voulait construire une équipe, s'installer dans le gratin européen, et y est parvenu aussi grâce à son président, Jean-Michel Aulas. Avec des méthodes modernes, il a offert de nouveaux débouchés commerciaux et financiers à son club. La marque OL était visible partout : dans les magasins, chez des coiffeurs, sur des taxis, etc. Cela généra de nouvelles sources de revenus et Lyon monta en puissance, devint une réalité qui compte en Europe. Jacques Santini parlait beaucoup à ses joueurs alors que Paul Le Guen, qui fut mon coach durant deux de mes quatre saisons là-bas, était plus secret. Je me suis habitué aux réalités du turn-over. Personne ne peut tenir le coup durant toute une saison sans souffler, sans gérer son capital physique et sa fraîcheur mentale. A un championnat déjà éprouvant, où personne ne fait de cadeaux, il faut ajouter la Coupe de France, la Coupe de la Ligue et, bien sûr, la Ligue des Champions. En huit jours de temps, il nous arriva de rencontrer le PSG, le Bayern Munich et Marseille. C'est un rythme qui tue si on n'y prend pas garde. Alors, même après deux bons matches, Santini me laissait parfois au repos. C'était nouveau pour moi. Mais il m'expliquait sa décision. Lyon passa le cap de la première poule en Ligue des Champions. En ce qui concerne la préparation physique, le niveau de travail n'est pas plus élevé en France qu'en Belgique. A Gerland, le technique détenait cependant la part du lion après la période de préparation. Les joueurs entretenaient leur condition entre les matches et répétaient ensuite sans cesse leurs gammes techniques. Pied droit, pied gauche, qualité des centres, automatismes et lecture du jeu : je me suis évertué à perfectionner tout cela. A Lyon, je suis devenu un joueur plus complet. Le repos est aussi à la une des préoccupations. En plus des matches, il y a les incessantes mises au vert, les voyages en avion aux quatre coins de la France et de l'Europe. Je passais une grande partie de mon temps à l'hôtel. La vie de famille se résume à bien peu de choses en cours de saison. En France, un joueur d'un club en vue n'est quasiment jamais chez lui. Il faut récupérer, faire la sieste, ce qui n'a jamais été mon dada. Je me suis adapté à tout cela et j'ai été bien aidé par le club qui me dénicha une maison, etc. Tout est mis en place pour que le football, rien d'autre, soit au centre de la vie du joueur. Sur le terrain, Lyon détenait quelques pointures hors du commun. L'équipe n'était pas encore aussi huppée qu'actuellement mais elle valait déjà largement le coup d'£il. La plus grande vedette était Sonny Anderson. L'attaquant brésilien, c'était le talent à l'état pur. Il pouvait changer le cours d'un match à lui seul. Sonny a souvent résolu nos problèmes offensifs et avait un impact fou sur tout le groupe. Lyon lui doit beaucoup. En pointe, il était soutenu par Sidney Govou, Tony Vairelles, Steve Marlet. Sonny avait, plus que tout le monde, l'habitude de jouer dans des stades bourrés jusqu'à la gueule, enfiévrés à la folie. En Belgique, il n'y a que quelques grosses affiches. En France, les stades débordent toutes les semaines. Marseille, Lyon, PSG, Lens, Bordeaux, Saint-Etienne : c'est chaque fois 40 ou 50.000 spectateurs. Dans la ligne médiane, Philippe Violeau abattait beaucoup de travail. A ses côtés, il y avait un certain... Marc-Vivien Foé. Comme joueur, c'était un monstre. L'homme avait un caractère en or. Dans les deux cas, je parlerai d'exemple à suivre. Son décès nous a tous beaucoup peinés. Grégory Coupet défendait les filets avec panache. En défense, il y avait des joueurs tels Jacek Bak, Florent Laville, Serge Blanc, Jean-Marc Chanelet, etc. Lyon termina la saison à la deuxième place. Il était évident que le club voulait plus et Lyon se donna les moyens de ses ambitions. Les choses se sont mises en place lors de ce championnat et Lyon a décroché sur cette lancée trois titres nationaux. C'était tout sauf le fruit du hasard. Cette expérience de quatre ans à l'étranger fut fabuleuse pour moi. Ma bonne saison 2000-2001 y fut pour beaucoup. Je me suis tout de suite adapté, j'ai prouvé que mon apport était intéressant pour le groupe, etc. Si ce départ de mon expérience lyonnaise avait été plus laborieux, les choses auraient peut-être été plus délicates. Je suis heureux d'y avoir réussi, d'avoir participé avec mes moyens au lancement du nouveau Lyon. Dès mon arrivée là-bas, j'ai compris pourquoi Lyon était la capitale gastronomique de la France. J'ai eu l'occasion de prendre place à une table chez Paul Bocuse. Cela ne se refuse pas. Au fil des titres, le groupe a été invité chez d'autres toques célèbres comme Guy Lassausée dont le restaurant était situé près de chez moi. Toutes ces joies diverses s'expliquent par cette excellente première saison à l'étranger qui a donné une autre dimension à Lyon... et à ma carrière. Liverpool et Lyon m'avaient contacté AVANT L'EURO 2000