Beveren a terminé 16e la saison dernière après un second tour difficile et entame une ère nouvelle après cinq ans de gestion à la française. Le gourou Jean-Marc Guillou n'est plus là et un collectif hétérogène de Français, d'Africains et de Belges doit faire prendre la sauce waeslandienne. Un exercice périlleux.
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Beveren a terminé 16e la saison dernière après un second tour difficile et entame une ère nouvelle après cinq ans de gestion à la française. Le gourou Jean-Marc Guillou n'est plus là et un collectif hétérogène de Français, d'Africains et de Belges doit faire prendre la sauce waeslandienne. Un exercice périlleux. Barry Boubacar Copa avait tout prévu : briller à la Coupe du Monde et obtenir un transfert lucratif. Beveren était d'accord car son gardien ivoirien aurait été en fin de contrat en 2007. Le club avait déjà préparé la relève avec Davino Verhulst mais on sait ce qu'il en est advenu. Copa n'a joué que le match insignifiant contre la Serbie et aucun acheteur ne s'est manifesté. Son objectif a donc été revu : briller à Beveren pour mériter son transfert. Verhulst devra patienter encore dans l'ombre. Une défense à quatre, voilà la marque de fabrique de Beveren depuis des années. Mais lors de la préparation, l'entraîneur manager Walter Meeuws a continué dans la direction empruntée par Edy De Bolle en fin d'exercice précédent. Le coach et les joueurs se réservent la possibilité de revenir à un système à quatre arrières s'il s'avère que la défense est trop perméable. Dans ce compartiment, le club a le choix : Kristof Lardenoit et David Van Hoyweghen disposent de l'expérience nécessaire et le dernier nommé sera titularisé à coup sûr. En effet, Zito n'est pas prêt après une blessure au genou mais Van Hoyweghen aura du fil à retordre pour garder l'ascendant sur le jeune Ivoirien en cours de saison. Si les deux sont forts défensivement, Zito dispose de plus d'atouts offensifs. Lardenoit aura la concurrence de Joseph-Augustin, encore capitaine l'an dernier, au centre de la défense. Abdoulaye Diawara Diabis est une option mais le duo précédent a l'avantage d'avoir joué ensemble presque un an. Dans une défense à quatre, Lardenoit (à droite) et Mondakan Mahan (à gauche) postulent pour une place de titulaire. Setou Ouattara (à droite, mentalement plus faible) et Kante Badjan (aussi bien à gauche qu'à droite) constituent les alternatives. Les médians devront mieux absorber la pression qui reposait sur la défense la saison passée. Abdoulaye Djire Junior et Mohamed Diallo sont partis : le premier était incontournable lors du premier tour et le second lors de la lutte pour le maintien. Leurs remplaçants ne sont pas des inconnus : Laurent Macquet provient du Nord de la France, a été formé à Cannes et a joué à Charleroi. Davy Theunis revient au bercail après deux saisons difficiles au Brussels. Les voix n'étaient pas unanimes à son retour mais il a convaincu tous les sceptiques lors de la préparation, au point que le nouvel entraîneur lui a confié le brassard de capitaine. Il devra former le c£ur de l'équipe avec Macquet, alors que le club a le choix pour un troisième médian défensif. Alexandre Tokpa a le plus de chances de devenir l'homme de liaison mais lorsque l'attaque s'impose ce sera plutôt Yao Kouassi Gervinho. Roméo Seka est un troisième larron mais il est encore trop léger pour cette tâche importante. Il récupère trop peu devant la défense et n'est pas très efficace offensivement. Sur les flancs, on retrouvera sans doute Badjan à droite et Alain Koudou Arunina à gauche. Mahamadou Dissa avait commencé en boulet de canon l'an dernier avant de s'écrouler. Gervinho a raté trop d'occasions pour reprendre son rôle. Kipre Kaiper n'est plus que l'ombre de l'attaquant qu'on a connu prolifique dans sa première période beverenoise. Il est dangereux dans le rectangle mais Beveren n'est pas équipe à faire le siège de l'adversaire... Meeuws a donc eu besoin de sang neuf : deux joueurs en test, le Croate Ivan Bozic et le Polonais Pawel Buskiewicz ont sué pour décrocher un contrat. Mais joueront-ils ? Jusqu'à la semaine dernière, lors des confrontations amicales contre les clubs de divisions inférieures, Bozic fut le meilleur des deux. Il a de la taille - chaque longue balle vers l'avant ne peut plus être perdue cette saison - et va au duel. Il devrait pouvoir s'imposer dans le groupe. Buskiewicz s'est montré plus discret, moins fort au ballon et moins loin dans sa préparation. Une saison difficile attend Beveren. Meeuws va devoir beaucoup parler, puiser dans son expérience et faire preuve de patience pour faire prendre sa sauce franco-belge. Il n'y a en effet pas beaucoup d'argent actuellement pour changer la sélection. PETER T'KINT