Epanoui ! Alors qu'en fin de saison dernière, il faisait parfois grise mine, on a retrouvé un GonzagueVandooren rayonnant, visiblement bien dans sa peau et heureux de se retrouver au stade Fenix.
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Epanoui ! Alors qu'en fin de saison dernière, il faisait parfois grise mine, on a retrouvé un GonzagueVandooren rayonnant, visiblement bien dans sa peau et heureux de se retrouver au stade Fenix. " Ah bon ?", s'étonne-t-il avec ce détachement qui n'appartient qu'à lui. " C'est possible. Vous savez, lorsqu'un footballeur ne joue pas, il sourit rarement. Le changement m'a sans doute fait du bien. J'avais fait mon temps au Standard. J'ai vécu de très beaux moments à Sclessin, mais l'heure était venue pour moi de relever un nouveau challenge. Je n'ai pas de regrets à avoir : je suis resté quatre ans en bord de Meuse, dont trois ans et demi à temps plein. Peu de joueurs peuvent en dire autant, dans ce club en perpétuelle mouvance ". Il a signé pour quatre saisons au stade Fenix. S'il va au bout de son contrat, il aura donc passé huit saisons, également réparties, dans deux des plus grands clubs du pays. Pas mal pour un joueur dont beaucoup de personnes doutaient des capacités. " Qui doutait ?", se demande-t-il. " Pas les entraîneurs, en tout cas, sinon ils n'auraient pas insisté pour m'attirer dans leur équipe. Pas moi, non plus : j'ai toujours su ce dont j'étais capable ". Le footballeur a évolué, a acquis de l'expérience, mais n'a pas foncièrement changé. Il a gardé cette manière bien à lui d'aborder son métier sérieusement sans se prendre lui-même au sérieux, a conservé cette abnégation qui le rend extrêmement utile pour une équipe et cette polyvalence qui le fait parfois passer pour un bouche-trou. " Difficile à dire si cette polyvalence m'a plutôt servi ou desservi. Elle m'a, d'une part, permis d'être régulièrement repris dans le 11 de base, mais elle m'a aussi empêché de m'exprimer pleinement car j'ai régulièrement dû passer par une période d'adaptation. J'ai déjà joué comme attaquant, milieu gauche ou arrière gauche. Aujourd'hui, je ne sais plus où se situe ma meilleure place. Je suis, en quelque sorte, en quête d'identité. Ce que je sais, par contre, c'est que j'aspire à une place fixe. Lorsqu'on change de place, il y a toujours des réflexes que l'on perd, de nouveaux automatismes qu'il faut acquérir. Lorsque l'équipe est stable, et le système bien en place, on gagne énormément de temps : il y a tout un travail que l'on ne doit plus faire, parce qu'il est déjà fait : on sait que tel attaquant préfère être servi au premier poteau, que tel autre préfère être servi en profondeur. Cela s'apprend progressivement, semaine après semaine, et c'est ce que je dois apprendre aujourd'hui, à Genk. Mais bon : j'ai l'habitude. J'en ai vu passer, au Standard, des nouveaux joueurs avec lesquels j'ai dû composer sur le flanc gauche ! Il y a eu IvicaDragutinovic, JohanWalem, MichelGarbini, MickyMumlek, PhilippeLéonard, MilanRapaic et j'en oublie sans doute. Là où je me suis le mieux senti, c'est lors de ma première saison au Standard, lorsque je jouais comme milieu gauche, devant Drago. Il y avait des permutations constantes, au point que souvent, on ne pouvait pas dire qui était le défenseur et qui était le milieu de terrain. On se comprenait à merveille, et derrière, Drago apportait tout de même une certaine sécurité. C'était très différent lorsque je jouais derrière Rapaic. Lui, c'était un milieu typique, et il ne fallait donc pas trop compter sur lui pour défendre. Pas question, donc, de m'aventurer aux avant-postes sans couverture. La mission défensive m'incombait prioritairement, alors que je ne suis pas un défenseur de formation. Ce qui est sûr, c'est que je suis un joueur de flanc et que j'ai besoin d'espace pour m'exprimer. Si je pourrais aussi me débrouiller comme flanc... droit ? Stop ! Vous n'allez pas donner de ces idées-là aux entraîneurs, tout de même ?" (Il rit). On a coutume de dire qu'avec l'âge, on recule dans le jeu. " Peut-être. Lorsque j'ai fêté mes 26 ans, le 17 août, je me suis dit : - P..., jesuisdéjà àlamoitiédemacarrière ! Le temps passe vite. Je me souviens de mes débuts comme si c'était hier ". A Mouscron, il s'érigea comme l'une des premières figures de proue du Futurosport avant de quitter le club en froid avec le président Jean- PierreDetremmerie. Au Lierse, il fréquenta autant l'infirmerie que le terrain. Et au Standard, beaucoup de personnes ne comprirent pas que le club liégeois pouvait débourser 50 millions de FB pour un joueur qui restait sur une saison mi-figue, mi raisin. " A Mouscron, on s'était un peu moqué de moi au niveau du contrat. C'est souvent le cas pour les jeunes du cru qui font leur trou : on ne les respecte pas de la même manière qu'un joueur transféré et on croit qu'ils vont accepter n'importe quoi. Je n'ai pas voulu resigner aux conditions que l'on me proposait et le président s'est emporté, voilà tout. Pour moi, la page est tournée. Je retourne encore régulièrement dans le Hainaut Occidental, où réside toujours ma famille et ma belle-famille, mais je ne connais quasiment plus personne à l'Excel. Du Lierse, je ne garderai pas un souvenir impérissable. J'étais souvent blessé : une petite opération au genou, pas grave du tout, mais qui a coupé le rythme. Quelques entorses, aussi. Le Lierse, c'était un intermède dans ma carrière, une sorte de période transitoire entre Mouscron et le Standard. Les 50 millions de FB de mon transfert ? Merci de me le rappeler. Ce sont des arrangements entre clubs, je n'ai pas de commentaires à faire là-dessus ". A Genk, Vandooren a retrouvé l'entraîneur qui l'a lancé en D1. Hugo Broos a-t-il changé, par rapport à sa période mouscronnoise ? " Changé ? Physiquement, vous voulez dire ? Ou plutôt sur le plan football ? Il a quelques cheveux gris en plus. Et il a sans doute été marqué par les expériences, positives et négatives, qu'il a vécues durant ces cinq saisons où nos chemins se sont séparés. Il ne nous parle pas beaucoup de ce qu'il a vécu à Anderlecht, mais je peux comprendre que son limogeage l'ait touché au plus profond de sa chair et qu'il aspire à une revanche. Son style a sans doute évolué en fonction des joueurs dont il a disposé, des personnes avec lesquelles il a travaillé et de la situation dans laquelle il s'est trouvé. Actuellement, il se trouve dans une situation où, malgré des prestations encourageantes, les points ne tombent pas dans l'escarcelle comme il l'avait espéré. On a quatre points : quatre matches nuls. On peut voir le côté positif et se dire qu'on est invaincu, mais pour un club comme Genk, ce n'est pas suffisant. Hugo Broos a sans doute adapté son style, aussi, à ce que les gens demandent. Les exigences sont différentes dans chaque club : je n'ai, personnellement, pas connu Anderlecht, mais je peux reconnaître au premier coup d'£il ce qui sépare Genk du Standard. Ici, on cherche à combiner, on ose repasser par derrière, on reste calme et on prend son temps pour reconstruire. Alors qu'à Sclessin, on recherchait beaucoup plus rapidement la profondeur. Hugo Broos cherche peut-être encore la meilleure formule pour répondre à tous ces critères ". L'entraîneur brabançon a la réputation de changer très peu son système de jeu et son équipe-type, lorsqu'il l'a trouvée. Pour Gonzague Vandooren, c'est sans doute un avantage : il risque moins d'être baladé d'avant en arrière et d'arrière en avant. Il affirme toutefois que ce n'est pas la présence de Broos qui l'a incité à opter pour Genk. " Déterminer ses choix en fonction des entraîneurs peut se révéler très aléatoire. Car les entraîneurs... bougent souvent. Broos connaît mon style de jeu et sait comment m'utiliser. Cela peut se révéler un avantage. Mais je suis simplement venu à Genk parce qu'il s'agissait d'un club ambitieux, qui a beaucoup de potentiel et un public enthousiaste. Je découvre aussi, aujourd'hui, qu'il est très bien organisé. Les joueurs n'ont aucun souci extra-sportif, ils doivent simplement se concentrer sur leurs prestations sur le terrain. Je m'attendais à rencontrer quelques problèmes à cause de ma connaissance très passive du néerlandais. Ce n'est pas le cas : beaucoup de gens parlent français ou anglais. J'ai rencontré des gens très ouverts et très chaleureux, un peu comme lorsque j'ai débarqué à Liège. Je ne m'attendais pas à cela ". Pas de remords d'aller jouer dans le stade où il a... perdu l'Europe quelques semaines plus tôt ? " Personnellement, je n'ai pas perdu l'Europe, je l'ai... gagnée ! ", corrige-t-il en souriant. " Blague à part, c'est vrai que c'est une situation cocasse. Mais, lorsque ces deux test-matches ont été disputés, je n'avais aucun contact avec Genk. J'avais joué le match aller, pas le match retour. Après, la conjoncture a fait que le club limbourgeois s'est intéressé à moi. C'est le football ". N'a-t-il pas quitté le Standard au moment où le club liégeois va enfin reconquérir les lauriers du champion ? " C'est possible, on verra bien. Le Standard est en tête pour l'instant, mais on n'a encore disputé que quatre journées de championnat. Il en reste 30, c'est très long. Au stade actuel, je me dis surtout que le Standard a eu beaucoup de chance jusqu'ici, avec ces buts inscrits tout en fin de match ou carrément dans les arrêts de jeu, tant à Zulte-Waregem qu'à La Louvière. Mais bon, c'est peut-être aussi la chance du champion. Si, réellement, les Liégeois conquièrent le titre, je serai content pour les nombreux amis que j'ai conservés là-bas. Mais, personnellement, je me concentre surtout sur mes propres objectifs ". Quels arguments le Standard possède-t-il actuellement pour réussir là où il a régulièrement échoué les années précédentes ? " Le Standard a le potentiel pour terminer à la première place, c'est sûr. Mais ce potentiel était déjà présent l'an passé et l'année d'avant. Ce qui a souvent manqué, c'est la sérénité, le calme. Il se passait toujours quelque chose à Sclessin. Pour vous, les journalistes, c'était une mine d'or. Cette saison, le groupe a l'air plus soudé. Et le club semble avoir fourni de gros efforts pour conserver ses meilleurs joueurs. Il n'est pour rien dans le départ de Milan Rapaic : c'est le joueur lui-même qui a joué une sale blague au club. Il y a eu Sambegou Bangoura et Drago, bien sûr. Il est trop tôt pour dire si ces départs auront des conséquences sur le rendement de l'équipe ". Vandooren a connu trois entraîneurs au Standard : MichelPreud'homme, RobertWaseige très brièvement, puis DominiqueD'Onofrio pendant quasiment trois ans. " Le meilleur de tous ? Michel Preud'homme ! Au niveau des entraînements, c'était... très bien, tout simplement. On ne pouvait rien lui reprocher. Aurait-il dû rester entraîneur au lieu de devenir directeur sportif ? C'est son choix, je n'ai pas à me mêler de cela. Dans sa fonction actuelle, il apporte beaucoup également : que ce soit au Standard ou au football belge dans son ensemble ". Le néo-Genkois retiendra surtout les matches européens joués sous le maillot rouche. " Bordeaux, Parme, Besiktas... On apprend énormément dans ce genre de matches. Le match le plus épuisant que j'ai disputé, c'était sans doute celui contre Bochum, à Sclessin. J'avais été aligné comme attaquant et j'ai couru comme un lapin. Je pressais les défenseurs adverses, et en même temps, je devais assumer ma mission offensive lorsqu'on avait récupéré le ballon. Au coup de sifflet final, j'étais épuisé. Pour le match retour, j'avais retrouvé mon poste de milieu gauche. Cette qualification pour les poules de la Coupe de l'UEFA, acquise sur le fil, restera l'un des plus grands souvenirs de ma carrière. La suite fut aussi très belle, mais elle s'inscrivait dans la continuité de Bochum. Bilbao ? Je n'ai pas joué ce match-là, j'ai échappé au naufrage ! Si je pouvais à nouveau me qualifier pour les poules avec Genk, ce serait formidable. Je ne connais pas du tout cette équipe bulgare du Litex Lovech. A priori, le coup est jouable, mais il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué ". Comment se présente l'avenir, à Genk ? " Je viens d'arriver, il y a tout juste deux semaines. Le principal, pour moi, est de trouver mes marques dans l'équipe. Pour l'instant, tout se passe très bien. On verra ce que me réserve l'avenir. L'essentiel, dans l'immédiat, est de se qualifier pour les poules de la Coupe de l'UEFA et de remporter une première victoire en championnat. Je ne me fais pas de soucis pour mon cas personnel, alors ne vous en faites pas pour moi. Je donnerai le meilleur de moi-même, comme je l'ai toujours fait, et si quelque chose doit bouger, cela bougera. C'est toujours ainsi que j'ai conçu ma carrière ". Vandooren a, en principe, été engagé comme arrière gauche. Pourtant, il a évolué de façon très offensive lors de ses deux premiers matches. Il a même inscrit deux buts : l'un, annulé pour une poussée peu évidente, à Westerlo ; l'autre, validé, contre Anderlecht. " Effectivement, j'ai entamé ces deux matches comme milieu gauche à vocation offensive. Mais, contre les Bruxellois, Tom Soetaers est entré en fin de match et Indridi Sigurdsson a été remplacé. J'ai alors glissé en position d'arrière gauche, à la place de l'Islandais. Vous le voyez, rien n'a vraiment changé pour moi ". Il a gardé son numéro 11. " Je le portais déjà au Standard et je suis parvenu à le conserver à Genk. C'est un numéro symbolique : 11, c'est le numéro que l'on attribue généralement au milieu gauche. Mais c'est aussi 1+1, c'est-à-dire 2 : le numéro de Sigurdsson, l'arrière gauche habituel du club limbourgeois. Il me permet donc de jouer aux deux places ". Daniel Devos " Preud'homme a été mon MEILLEUR COACH AU STANDARD " " Je ne sais plus où se situe MA MEILLEURE PLACE "