Au tournoi de Miami, anciennement appelé Key Biscayne, Serena Williams a démontré que si elle n'était pas revenue à son plus haut niveau, celui-ci n'était tout de même pas si éloigné. On ne balaye pas huit bons mois d'absence d'un simple revers de la main. Vainqueur à Wimbledon, le 5 juillet 2003, de sa s£ur Venus, qui souffrait des abdominaux, Serena n'était plus réapparue sur les courts depuis.
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Au tournoi de Miami, anciennement appelé Key Biscayne, Serena Williams a démontré que si elle n'était pas revenue à son plus haut niveau, celui-ci n'était tout de même pas si éloigné. On ne balaye pas huit bons mois d'absence d'un simple revers de la main. Vainqueur à Wimbledon, le 5 juillet 2003, de sa s£ur Venus, qui souffrait des abdominaux, Serena n'était plus réapparue sur les courts depuis. Blessée à un genou, elle subit une intervention chirurgicale quelques jours après l'épreuve londonienne et la Faculté avait alors prédit une absence de six à huit semaines. Mais les mois passèrent sans qu'on ne renvoie la panthère sur les courts. Au début de la saison nouvelle, elle fut annoncée un temps à l'Open d'Australie. Comme ceux de nombreux autres tournois parmi lesquels l'US Open, les organisateurs australiens durent pourtant déchanter. La rumeur voulut ensuite que Serena puisse faire un crochet par Anvers, surtout lorsque le forfait de Venus y fut prononcé. Mais point de Serena non plus. On connaît l'aversion qu'elle nourrit vis à vis d'Indian Wells depuis qu'elle y fut copieusement sifflée lors d'une finale remportée sur le fil face à Kim Clijsters. Le rire jaune qu'elle afficha ce jour-là au micro du stade en dit long sur ses intentions futures : jamais plus, le public californien ne la reverrait (pas plus que sa s£ur) dans le somptueux Tennis Garden lové à flanc de montagne. Il ne restait donc que Miami pour remontrer son minois. Le pari était difficile car on sait que le tournoi floridien passe pour être le plus exigeant après les Grands Chelems. Les absences de quelques-unes des nouveaux ténors du circuit, Justine Henin et Kim Clijsters en tête, mais aussi Amélie Mauresmo et Lindsay Davenport, a sans doute facilité la décision de Serena mais ce ne fut pas là la raison majeure de son engagement. Pendant son absence prolongée, Serena décida de meubler ses temps libres. Elle se consacra bien sûr à son autre passion (le design de vêtements) mais on la vit également sur différents tournages de séries télévisées, parmi lesquelles Street Time, qui sera bientôt diffusée aux Etats-Unis. On le sait, et elle n'en a jamais fait un mystère, Serena Williams rêve de faire une carrière à Hollywood. L'automne dernier, aux côtés de sa s£ur, elle fit également une apparition aux MTV Video Music Awards pour présenter le meilleur clip masculin. Certains se mirent à prétendre que la fin était proche pour une fille dont on n'avait de cesse de souligner l'éclectisme d'envies difficilement compatibles avec une carrière tennistique de haut niveau. Serena, entendait-on alors, ne reviendrait jamais parce qu'elle n'était plus réellement motivée. A en croire l'intéressée, son retour sur les courts aurait pu toutefois être plus rapide si la décision n'avait appartenu qu'à elle : " Les médecins ne désiraient pas que je reprenne trop vite la compétition. Ils ne voulaient pas me voir ruiner mes chances de revenir tout court. A chaque fois que je me disais prête à reprendre l'activité, comme par exemple avant l'Open d'Australie, ils prétendaient que ce n'était pas la plus judicieuse des décisions. Ils me faisaient alors subir une autre batterie de tests et le couperet tombait inévitablement ". Difficile, évidemment, de vérifier une telle déclaration. On ne peut que se fier au sentiment exprimé par l'Afro-Américaine à qui, jure-t-elle, le tennis a beaucoup manqué : " On a beaucoup dit que je m'éparpillais dans mes activités, que je voulais aller à Hollywood, ce qui est vrai, et que je n'étais pas suffisamment sérieuse envers mon sport mais les gens n'ont pas idée du nombre d'offres que j'ai refusées pour me consacrer au tennis. Lorsqu'elles étaient incompatibles avec mon programme d'entraînement, je disais non. Tout simplement ! " Serena Williams n'aura pas perdu son temps sur les sets de télévision puisqu'on lui accorde aujourd'hui une amourette avec un producteur américain. On le vit à ses côtés au début du tournoi de Miami mais personne n'a réussi à savoir si l'heureux élu a jamais manié une raquette de sa vie. Opposée au deuxième tour (elle était dispensée du premier) à Marta Marrero, une Espagnole issue des qualifications qui manque de la plus élémentaire puissance et qui se demanda trop ce qui était en train de lui arriver, Serena n'hésita pas à lancer un signal fort à ses détracteurs. Cette réapparition aux affaires, elle la voulut rapide, nette et sans bavure. Et ce fut le cas, par l'entremise d'une victoire chiffrée 6-1, 6-0 en moins de 50 minutes. Histoire de prouver qu'on allait bientôt devoir (re)compter avec elle sur ce circuit féminin qui a perdu trop longtemps l'un de ses plus beaux piliers. Plus que son tennis, les observateurs présents aux premières loges furent frappés par un détail qui rappelle que Serena ne sera jamais une fille comme une autre : son look ! Arborant des tenues blanches, style corset ou bikini. " Ce sont mes tenues wonderwoman. Grâce à elles, je suis comme une super héroïne, encore plus puissante... " L'ex-reine du tennis féminin s'épancha ensuite sur l'élaboration des vêtements que les créateurs de Nike (un nouveau sponsor avec qui elle signa un contrat de cinq ans estimé à quelque 60 millions de dollars), conçurent spécialement pour elle. " Mais j'ai eu mon mot à dire sur la création : c'est moi qui ait dessiné les patrons. J'ai dit que je voulais être belle sur le court et que le confort ne m'importait pas forcément. J'acceptais d'être moins à l'aise que mes concurrentes du moment que mes tenues étaient jolies. Le résultat est très hollywoodien ". On imagine sa joie d'attirer ainsi les objectifs du monde entier et tant pis si ses nouvelles tenues présentent l'inconvénient de ne pouvoir être lavées qu'à sec, étant entendu qu'elles sont... en soie ! Très en verve sur le sujet apparence, Serena s'épancha également sur des boucles d'oreille prêtées par sa s£ur (parce qu'elle avait oublié les siennes à la maison). Celles-ci étaient bien sûr en or et en platine, pour ceux que cela pourrait intéresser. Bref, pour sa reprise en Floride, on eut droit à la Serena Williams qu'on avait laissée huit mois plus tôt dans un jardin anglais ! Certains s'intéressèrent, heureusement, au tennis et aux états d'âme de la championne. Certes, on attend encore de juger Serena face aux meilleures (et notamment cette semaine à Amelia Island où est inscrite une certaine Henin...) mais l'impression laissée sur les bords de l'océan Atlantique est celle d'une fille toujours aussi puissante mais davantage tournée vers l'offensive. On vit ainsi à plusieurs reprises Serena suivre son service au filet. " Tout le monde a envie de changer son jeu ", se contenta-t-elle de dire à ce sujet. Et si le nombre d'erreurs directes reste élevé chez elle, son type de jeu axé sur la recherche de coups gagnants ainsi que le vent qui balaie Key Biscayne n'y sont pas étrangers (c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles Henin n'apprécie guère le tournoi de Miami). La joueuse, elle avoua une grande nervosité à l'occasion de son match de rentrée, surtout dans les moments de solitude dans les vestiaires juste avant de monter sur le central. " Les attentes avant un match, c'est ce que j'avais le plus oublié ", ajouta-t-elle. " Je me suis beaucoup souvenue d'un jour à Roland Garros où j'ai dû attendre une éternité avant de monter sur le court. Avant moi, il y eut un incroyable duel entre Fabrice Santoro et Marat Safin. Cinq sets avec 7-6 au cinquième ! " Souvent programmée en début de session par des organisateurs soucieux de ne pas stresser davantage une joueuse qui assurait à elle seule l'affiche d'un tournoi pleurant ses deux stars belges, Serena ne put rien faire par contre lorsque la pluie l'obligea un jour à attendre près de deux heures avant de se dégourdir les jambes. Jour après jour, semaine après semaine, c'est tout le métier qu'elle va réapprendre à connaître. Et Justine Henin, lui a-t-elle manqué ? La demande, nettement ironique, ne manqua pas de lui arracher un léger rictus. " Je suis impatiente à l'idée de la retrouver ", exposa Serena, toutes dents dehors. " Mais franchement, cela m'importe peu de savoir qui j'ai en face de moi. Je vais devoir me mesurer à tout le monde, alors ". Battue au quatrième tour, Maria Sharapova, la nouvelle fée russe des courts qui a (presque) réussi à faire oublier Anna Kournikova, fut bien placée pour parler de sa rivale : " Serena n'est plus n°1 mondiale aujourd'hui mais elle reste une grande championne. Elle a énormément de puissance et peu importe le temps passé loin des terrains. Elle est de retour ! " Présent à Miami où il remporta son premier match en deux ans (face au Français Nicolas Escudé), Goran Ivanisevic alla même plus loin dans sa réflexion. " Laissons aux s£urs le temps de revenir. Dans deux ou trois tournois, la situation redeviendra ce qu'elle était auparavant : des finales entre Serena et Venus ! " Il est bien sûr encore trop tôt pour affirmer que le sympathique Croate voit juste. Serena manque encore de rythme et il nous tarde de nous rendre compte de ce qu'elle a dans les jambes une fois que celles-ci seront fortement sollicitées. " Je ne suis pas encore à 100 % ", expliqua l'ex-n°1 mondiale en quittant Miami. " J'ai toujours été terriblement exigeante envers moi-même et je le resterai. Il y a beaucoup de domaines où je peux encore m'améliorer mais je garde ça pour moi. Et mes objectifs pour la saison ? J'en ai énormément, c'est tout ce que je peux dire... " Classée sixième mondiale avant Miami, tout le monde sait que sa réelle envie est de retrouver au plus vite le fauteuil de leader. Mais il y a plus : la Fed Cup et même les Jeux Olympiques contrairement à certaines interprétations : " J'ai bien dit que ma sécurité était plus importante que mon tennis et que la situation que nous vivons actuellement me préoccupe au plus haut point ", explique-t-elle en faisant référence aux attentats de Madrid. " Mais je ne laisserai pas ces gens (les terroristes) dicter ma conduite. Je suis terriblement excitée à l'idée de disputer les JO tant en simple qu'en double ". Simple rappel : elle avait conquis la médaille d'or aux Jeux de Sydney aux côtés de sa s£ur... Florient Etienne" On a beaucoup dit que JE M'éPARPILLAIS "