Samedi dernier, après la victoire pleine de grinta des Diables Rouges olympiques face à l'Italie, on se demandait jusqu'où la Belgique aurait pu vraiment envisager d'aller dans le tournoi olympique si Jean-François de Sart avait pu avoir la meilleure équipe belge possible à Pékin.
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Samedi dernier, après la victoire pleine de grinta des Diables Rouges olympiques face à l'Italie, on se demandait jusqu'où la Belgique aurait pu vraiment envisager d'aller dans le tournoi olympique si Jean-François de Sart avait pu avoir la meilleure équipe belge possible à Pékin. Deux heures trente et 9 secondes 69 après le 3-2 victorieux, même type de question. Jusqu'où Usain Bolt aurait-il pu faire descendre son propre record du monde du 100 m s'il avait fait moins de show dès qu'il avait eu la médaille d'or en poche, une vingtaine de mètres avant la ligne ? Nous penchons pour quelques centièmes de seconde, de quoi arriver entre 9"60 et 9"65. Le sprinter de la Jamaïque a surtout perdu du temps parce que son tronc était tout droit au moment de passer les cellules photo-électroniques et qu'il ne s'est pas cassé vers l'avant, mais la vitesse a été conservée. On sait depuis longtemps que les athlètes en plein relâchement conservent leur vitesse tandis que ceux qui se crispent ralentissent. Bolt était très loin d'être crispé... En partant pour Pékin, il était très clair pour l'Union Belge que son équipe allait juste participer... pour respecter les célèbres paroles surannées de Pierre de Coubertin, le fondateur des Jeux olympiques modernes (" L'important n'est pas de gagner mais de participer "). Mais de Sart voulait gagner et au moins arriver en quarts de finale. Certes, au moment d'écrire ces lignes avant la demi-finale belgo-nigériane d'hier, sans être aveuglé par nos Olympiens, on déplore la modestie congénitale de notre fédération et on n'ose imaginer le parcours de cette équipe avec les MarouaneFellaini, StevenDefour, AxelWitsel, VincentKompany... ; bref les meilleurs Belges de moins de 23 ans en début d'année plus trois renforts plus âgés. Etre parti sans la meilleure équipe possible restera comme une frustration éternelle. Vivre Belgique-Italie en Italie a été une expérience. On y trouvait les " Belges très prudents en 4-1-4-1 et le duo Moussa Dembele-Faris Haroun bon mais lent tandis que Kevin Mirallas n'était surtout efficace qu'en conservation du ballon... " A l'arrivée, les Italiens étaient très surpris et on en arrive à la plus belle conclusion possible : comme pour Bolt, les meilleures performances sont à venir. L'équipe olympique continuera son chemin et deviendra en gros l'équipe A, à condition que de Sart en reste le patron. Mais ceci ne restera que v£ux pieux tant que l'Union Belge ne s'impose pas une politique sportive plus ambitieuse. On a vu sa lâcheté dans la préparation des Jeux, quand elle se plaçait à la merci des clubs pros en n'exigeant pas de garder ses internationaux olympiques. L'Union Belge a été la seule fédération au monde à avoir aussi peu de courage. Sa politique sportive fait peine à voir. Ce mercredi, les Diables Rouges de René Vandereycken jouent un match amical en Allemagne à Nuremberg pour préparer les qualifications de la prochaine Coupe du Monde. Mais ces Diables Rouges constituent une équipe à moitié bidon et, sans les Olympiens toujours en Chine, ne représente pas ce que la Belgique a de meilleur. Quel timing absurde. Mais cela fait des mois qu'outre d'exiger le remplacement de Vandereycken par de Sart, nous proposions de former un seul noyau belge, qui aurait participé aux JO puis aux qualifs. C'est clair : jeudi matin, on se retrouvera, en ce qui concerne le Mondial sud-africain, au point zéro de la préparation avec Vandereycken. Il a le droit de continuer ses essais dans le vide à l'infini, mais il n'y a qu'une équipe de construite malgré les bâtons dans les roues. C'est celle de de Sart qui a joué sa demi-finale hier. PAR JOHN BAETE