Suivre le sport, c'est comme jouer aux cow-boys et aux Indiens. Il y a les bons et les mauvais. C'est pour ça qu'il est toujours bien plus ennuyeux de suivre un match sans prendre parti. Les sociologues du sport ont toujours eu tendance à affirmer que le grand public prenait toujours parti pour le plus faible. C'était peut-être vrai au temps où les joutes étaient un peu plus chevaleresques. Actuellement, le sport professionnel devenant de moins en moins noble, l'amateur de spectacles sportifs a tendance à choisir l'acteur ou l'équipe le plus éthiquement corrects.

C'est pour ça, d'ailleurs, que les sportifs les plus professionnels tentent par tous les moyens de donner une bonne image d'eux-mêmes. Prenez Lance Armstrong, scandalisé par la parution d'un livre mettant en doute ses performances au Tour en marchant uniquement à l'eau minérale, alors qu'il avait lui-même envoyé un e-mail à l'UCI en dénonçant le recours au dopage de grimpeurs espagnols ! Quand l'Américain exige qu'on fournisse des preuves en ce qui le concerne, il ferait bien û aussi û d'en fournir. Cela fait diablement penser à l'attitude de l'Antwerp qui accuse toujours Charleroi de tricherie alors qu'il n'a aucune preuve sur laquelle s'appuyer.

Aux Etats-Unis, en athlétisme, il en va de même dans le scandale BALCO (du nom d'une société pharmaceutique) en passe de noyer d'autres très gros poissons (après Kelli White etTim Montgomerie, on parle de plus en plus de Marion Jones). Maintenant, ce serait le coach Trevor Graham qui aurait dénoncé les pratiques... alors que c'est lui qui avait provoqué la rencontre entre ses athlètes et les chimistes. Mais ces derniers devenaient trop influents, et il fallait les éliminer. Quitte à sacrifier ses ouailles !

Dans ce jeu de la gloire et de l'exploit où tous les champions semblent schizophrènes, les fédérations font semblant de trier le bon grain de l'ivraie. Qui font-ils encore trembler ? C'est pour cela qu'on doit se réjouir quand les pouvoirs publics prennent les choses en mains et diligentent des descentes dans les milieux du dopage comme ils le font dans les milieux de la drogue.

Le concept de santé publique ne s'arrête pas à l'entrée du vestiaire et on préfère vraiment voir les flics débarquer que s'entendre dire par les fédés que les tricheurs auront toujours une longueur d'avance. C'est facile de prendre de l'avance sur les gens lents et démotivés, car dans le milieu médical on connaît toujours très tôt les noms et les effets des nouveaux produits dopants, puisqu'ils proviennent tous de l'industrie pharmaceutique. L'aberration profonde du dopage est de plus en plus frappante : il est fou de voir des gens en bonne santé prendre des produits destinés aux gens malades.

On a su, par exemple, à l'orée du printemps, que la nouvelle super-EPO était sur le marché û la CLEAR û un produit qu'il ne faut plus injecter qu'une fois par mois, rendant inutiles, donc, les posologies lourdes et astreignantes.

Mais plus besoin des fédés : si les toubibs sont au courant, la police le sait et ça suffit pour faire tomber des David Millar. Prenez l'organisation du Tour de France qui, toute à l'édification de son mythe, a toujours eu un discours lénifiant (et un personnel médical compatissant) à l'égard des tricheurs. Et bien, elle change radicalement d'attitude, Jean-Marie Leblanc trouvant positive l'action des pouvoir publics. Bien forcé, le bonhomme. Mais c'est sympa de prévenir qu'il s'attend à l'une ou l'autre descente, même si la majorité des manipulations de dopage se produisent en dehors des compétitions, en période de préparation.

On voudrait quand même que des actions semblables se produisent dans d'autres sports spectacles que le cyclisme et l'athlétisme. Parce que franchement, doit-on s'enthousiasmer ou se gausser du fait qu'aucun cas de dopage n'ait été relevé pendant Roland Garros et Wimbledon ou l'EURO ?

A-t-on déjà oublié que l'hiver dernier, deux joueurs de football étaient morts de problèmes cardiaques en plein match au Portugal ?

par John Baete

" Doit-on s'enthousiasmer ou se gausser du fait qu'AUCUN CAS DE DOPAGE n'ait été relevé pendant ROLAND GARROS et WIMBLEDON ou l'EURO ?"

Suivre le sport, c'est comme jouer aux cow-boys et aux Indiens. Il y a les bons et les mauvais. C'est pour ça qu'il est toujours bien plus ennuyeux de suivre un match sans prendre parti. Les sociologues du sport ont toujours eu tendance à affirmer que le grand public prenait toujours parti pour le plus faible. C'était peut-être vrai au temps où les joutes étaient un peu plus chevaleresques. Actuellement, le sport professionnel devenant de moins en moins noble, l'amateur de spectacles sportifs a tendance à choisir l'acteur ou l'équipe le plus éthiquement corrects. C'est pour ça, d'ailleurs, que les sportifs les plus professionnels tentent par tous les moyens de donner une bonne image d'eux-mêmes. Prenez Lance Armstrong, scandalisé par la parution d'un livre mettant en doute ses performances au Tour en marchant uniquement à l'eau minérale, alors qu'il avait lui-même envoyé un e-mail à l'UCI en dénonçant le recours au dopage de grimpeurs espagnols ! Quand l'Américain exige qu'on fournisse des preuves en ce qui le concerne, il ferait bien û aussi û d'en fournir. Cela fait diablement penser à l'attitude de l'Antwerp qui accuse toujours Charleroi de tricherie alors qu'il n'a aucune preuve sur laquelle s'appuyer. Aux Etats-Unis, en athlétisme, il en va de même dans le scandale BALCO (du nom d'une société pharmaceutique) en passe de noyer d'autres très gros poissons (après Kelli White etTim Montgomerie, on parle de plus en plus de Marion Jones). Maintenant, ce serait le coach Trevor Graham qui aurait dénoncé les pratiques... alors que c'est lui qui avait provoqué la rencontre entre ses athlètes et les chimistes. Mais ces derniers devenaient trop influents, et il fallait les éliminer. Quitte à sacrifier ses ouailles ! Dans ce jeu de la gloire et de l'exploit où tous les champions semblent schizophrènes, les fédérations font semblant de trier le bon grain de l'ivraie. Qui font-ils encore trembler ? C'est pour cela qu'on doit se réjouir quand les pouvoirs publics prennent les choses en mains et diligentent des descentes dans les milieux du dopage comme ils le font dans les milieux de la drogue. Le concept de santé publique ne s'arrête pas à l'entrée du vestiaire et on préfère vraiment voir les flics débarquer que s'entendre dire par les fédés que les tricheurs auront toujours une longueur d'avance. C'est facile de prendre de l'avance sur les gens lents et démotivés, car dans le milieu médical on connaît toujours très tôt les noms et les effets des nouveaux produits dopants, puisqu'ils proviennent tous de l'industrie pharmaceutique. L'aberration profonde du dopage est de plus en plus frappante : il est fou de voir des gens en bonne santé prendre des produits destinés aux gens malades. On a su, par exemple, à l'orée du printemps, que la nouvelle super-EPO était sur le marché û la CLEAR û un produit qu'il ne faut plus injecter qu'une fois par mois, rendant inutiles, donc, les posologies lourdes et astreignantes. Mais plus besoin des fédés : si les toubibs sont au courant, la police le sait et ça suffit pour faire tomber des David Millar. Prenez l'organisation du Tour de France qui, toute à l'édification de son mythe, a toujours eu un discours lénifiant (et un personnel médical compatissant) à l'égard des tricheurs. Et bien, elle change radicalement d'attitude, Jean-Marie Leblanc trouvant positive l'action des pouvoir publics. Bien forcé, le bonhomme. Mais c'est sympa de prévenir qu'il s'attend à l'une ou l'autre descente, même si la majorité des manipulations de dopage se produisent en dehors des compétitions, en période de préparation. On voudrait quand même que des actions semblables se produisent dans d'autres sports spectacles que le cyclisme et l'athlétisme. Parce que franchement, doit-on s'enthousiasmer ou se gausser du fait qu'aucun cas de dopage n'ait été relevé pendant Roland Garros et Wimbledon ou l'EURO ? A-t-on déjà oublié que l'hiver dernier, deux joueurs de football étaient morts de problèmes cardiaques en plein match au Portugal ? par John Baete " Doit-on s'enthousiasmer ou se gausser du fait qu'AUCUN CAS DE DOPAGE n'ait été relevé pendant ROLAND GARROS et WIMBLEDON ou l'EURO ?"