Cela devient habituel. En 2001 encore, Kim Clijsters a raflé tous les trophées possibles et imaginables, Justine Henin terminant chaque fois dans son sillage. Cela en dit long sur les progrès effectués par les deux jeunes filles au long de l'année écoulée. Il ne sera pas facile de confirmer car la barre va encore être placée plus haut et l'attention des médias n'en sera que plus importante.
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Cela devient habituel. En 2001 encore, Kim Clijsters a raflé tous les trophées possibles et imaginables, Justine Henin terminant chaque fois dans son sillage. Cela en dit long sur les progrès effectués par les deux jeunes filles au long de l'année écoulée. Il ne sera pas facile de confirmer car la barre va encore être placée plus haut et l'attention des médias n'en sera que plus importante. L'an dernier, la moitié du pays se mit à paniquer lorsque Clijsters se fit éliminer plusieurs fois au premier tour de quelques tournois précédant Roland Garros. On disait qu'elle s'entraînait trop peu sur terre battue, que son tennis ne convenait pas à cette surface, etc. Quelques semaines plus tard, à Paris, elle passa pourtant à un cheveu de la victoire. En demi-finale, Henin, un peu plus nerveuse, avait dû s'avouer vaincue par la Limbourgeoise. Du coup, on affirma que la Wallonne était moins forte sur le plan psychologique. Une semaine plus tard, pourtant, elle battait Clijsters en finale du tournoi sur herbe de 's-Hertogenbosch. La marge de progression de chacune est évidemment de plus en plus petite. Il est moins difficile de progresser de la 40e à la 5e place que de gravir les cinq derniers échelons. Il faudra désormais défendre les points grappillés l'an dernier, chacun connaît à présent par coeur le style de jeu des deux jeunes filles et met au point des tactiques destinées à les faire trébucher. Il faudra également voir quelle sera leur réaction et celle de leur entourage après quelques mauvais résultats ou après une éventuelle blessure à un moment important de la saison. Car jusqu'ici, leur carrière n'a fait qu'aller crescendo. Sur ce plan, Kim semble garder davantage les pieds sur terre et réagir de façon moins émotionnelle. Alors qu'elle était considérée comme la meilleure tenniswoman belge, Juju a affirmé de façon un peu péremptoire qu'elle voulait devenir numéro un alors qu'elle n'en était pas elle-même convaincue. Aujourd'hui, elle est redevenue elle-même mais elle éprouve tout de même certaines difficultés à vivre dans l'ombre de la Sportive de l'Année. Le tennis reste un sport individuel où les collègues sont également des adversaires. L'émulation mutuelle constitue toujours une source de motivation ou de frustration, encore alimentée par les journalistes des deux côtés du pays. Heureusement, les deux adolescentes comptent sur un entourage qui les protège des facteurs pouvant nuire à leur progression et elles connaîtront encore le succès. Nouvelle dimension belgeKim Clijsters et Justine Henin ont donné une nouvelle dimension au tennis féminin. Une dimension très proche du tennis masculin. Au cours des dernières années, les filles de la WTA ont terriblement évolué sur le plan physique. Par contre, d'un point de vue tennistique, elles ont régressé. La tactique, les variations d'effets et même les lobs ont laissé la place à un tennis plus tempêtueux. Il est devenu beaucoup plus important d'imposer sa puissance que de rendre folle l'adversaire en variant les coups. Il arrive donc souvent que des matches entre deux cogneuses connaissent un nombre astronomique de fautes directes. La dernière joueuse à avoir développé un tennis académique, c'est Martina Hingis. Avec sa lecture du jeu, sa perfection technique et son toucher de balle, elle pouvait ridiculiser complètement une adversaire, même très forte. Evidemment, il faut également être forte physiquement et mentalement pour pouvoir survivre aux coups de boutoir des frappeuses. Vous savez qu'il faut un jeu de jambes parfait pour renvoyer ces missiles et qu'il est essentiel de rester calme lorsqu'on est mis sous pression. Or, au cours de l'année écoulée, Hingis a failli sur ces deux points. Elle a connu des problèmes relationnels avec Melanie Molitor, qui est à la fois son coach et sa mère, et elle s'est énervée parce que chaque adversaire profitait de la faiblesse de son service. Cela l'a démotivée et la blessure au pied qu'elle a contractée à Filderstad est peut-être survenue au bon moment afin de lui laisser le temps de recharger les accus. Mais voilà qu'entre-temps sont apparues deux jeunes Belges aussi frivoles mais beaucoup plus complètes que Hingis. Nos compatriotes possèdent des atouts sur les plans tactique, physique et technique. Personne ne bouge aussi bien sur le court que Clijsters, personne ne peut faire des points en variant topspin et slice du revers comme Henin. Depuis Navratilova, personne ne pratique le service-volée avec autant de maîtrise et de conviction que nos deux stars. Les seules choses qui les séparent encore du top absolu sont un petit brin de chance, un peu d'expérience et... les soeurs Williams. La chance, c'est ne pas se blesser et être en forme aux moments importants de la saison. L'expérience, c'est savoir quelle tactique employer à quel moment du match car, parfois, elles se laissent embarquer dans un tennis de combat. Enfin, les soeurs Williams sont les soeurs Williams. Peu de filles résistent à leur tennis destructeur. Lindsay Davenport y arrive de temps en temps mais elle a connu pas mal de pépins ces derniers temps. Capriati est très tenace. Reste à voir si elle fera preuve de la même persévérance cette saison. Jelena Dokic, enfin, est capable d'un exploit de temps à autre car son tennis est trop stéréotypé et elle est encore trop fragile mentalement. Le bon mélange australienLeyton Hewitt possède une mentalité de battant et est même plus loin que Kim Clijsters au niveau de son plan de carrière. Combinez un tennis puissant à un physique de fer et une mentalité en or et vous obtenez un alliage indestructible, celui de Hewitt tout au long de la deuxième moitié de la saison. Il faut voir comment il va vivre avec son nouveau statut. L'Open d'Australie constituera ainsi un test important après qu'il ait à moitié gâché la fête d'adieux de Patrick Rafter en finale de la Coupe Davis. Mais, comme sa petite amie, il est suffisamment cool pour se maintenir au sommet pendant un certain temps. Parmi ses adversaires, je ne vois en tout cas personne à même de le menacer actuellement. Kuerten est super-sympa mais pas encore suffisamment bon sur toutes les surfaces. De plus, il préfère les plages brésiliennes et le surf à l'entraînement sur herbe ou indoor. On verra dans quel état Agassi reviendra avec son compte en banque débordant, une vitrine aux trophées archi-pleine et une nouvelle vie de famille. Peut-être voudra-t-il encore étaler une dernière fois son talent et faire dignement ses adieux. Sampras était certainement dans le même état d'esprit lorsqu'il remplaça son coach, Paul Annacone, par ce bon vieux Tom Gullikson. Tom est l'ex-capitaine de l'équipe américaine de Coupe Davis mais surtout le jumeau de Tim, l'ex-coach de Sampras, décédé voici quelques années. Pistol Pete va donc tenter une dernière fois de relancer sa carrière. Voici quelques années, l'ATP a lancé une campagne intitulée New balles, please. Elle avait pour but de rendre une certaine popularité au tennis masculin, grâce à une nouvelle génération de joueurs. Aujourd'hui, les protagonistes de cette action arrivent tout doucement à maturité. Tommy Haas, Roger Federer et Marat Safin ont tous déjà prouvé qu'ils savaient jouer au tennis malheureusement ils n'affichent pas la même mentalité, la même ardeur et la même régularité que le marathonien australien. Le nom de Xavier Malisse a parfois été incorporé parmi ceux de cette nouvelle génération. Mal encadré, le Courtraisien a perdu quelques années parce qu'il comptait trop sur son talent mais à la fin de l'année dernière, il a trouvé en David Felgate le mentor qui savait le faire travailler et réfléchir à sa carrière. Il est aujourd'hui plus régulier et classé à une place plus en rapport avec ses capacités. Entre-temps, Felgate a été remplacé par l'ex-coach de Todd Martin. Le sympathique Dean Goldfine peut se prévaloir de fameux états de service et doit à présent motiver X-man à retirer le maximum de ses énormes possibilités. L'avenir est donc encore plus rose pour les Belges. Filip Dewulf