Epoustouflante. Comment qualifier autrement la saison que sont en train de signer Kim Clijsters et Justine Henin ? Ensemble, elles comptent 17 places en finale et elles ont gagné 11 tournois. En outre, elles ont évincé les s£urs Williams de leur trône pour imposer un nouvel ordre mondial. La progression constante de leur tennis et leur démonstration de force laissent leurs adversaires coites. Cette suprématie commence sérieusement à exaspérer leurs plus proches rivales, comme LindsayDavenport ou JenniferCapriati, mais le tennis de celles-ci n'évolue guère, alors que nos dames accumulent expérience et progrès. Ainsi, la manière dont Clijsters s'est jouée de Davenport ces dernières semaines est éloquente. L'Américaine n'a pu s'appuyer que sur son puissant service. Dans tous les autres secteurs du jeu, elle a été trop courte. Qu'il s'agisse de jeu de jambes, de tactique ou de technique, les Belges creusent le fossé qui les sépare du petit peloton de poursuivantes. Ce qui rend le bastion belge invincible, c'est une débauche de talent jointe de volonté, de physique et de soif de victoires. Au fond, il est dommage que les s£urs Williams ne soient pas en état de relever le gant, actuellement.
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Epoustouflante. Comment qualifier autrement la saison que sont en train de signer Kim Clijsters et Justine Henin ? Ensemble, elles comptent 17 places en finale et elles ont gagné 11 tournois. En outre, elles ont évincé les s£urs Williams de leur trône pour imposer un nouvel ordre mondial. La progression constante de leur tennis et leur démonstration de force laissent leurs adversaires coites. Cette suprématie commence sérieusement à exaspérer leurs plus proches rivales, comme LindsayDavenport ou JenniferCapriati, mais le tennis de celles-ci n'évolue guère, alors que nos dames accumulent expérience et progrès. Ainsi, la manière dont Clijsters s'est jouée de Davenport ces dernières semaines est éloquente. L'Américaine n'a pu s'appuyer que sur son puissant service. Dans tous les autres secteurs du jeu, elle a été trop courte. Qu'il s'agisse de jeu de jambes, de tactique ou de technique, les Belges creusent le fossé qui les sépare du petit peloton de poursuivantes. Ce qui rend le bastion belge invincible, c'est une débauche de talent jointe de volonté, de physique et de soif de victoires. Au fond, il est dommage que les s£urs Williams ne soient pas en état de relever le gant, actuellement. Compte tenu de l'absence de Serena et des points d'interrogation qui accompagnent Venus, on devrait se diriger vers une deuxième finale belge dans une épreuve de Grand Chelem. Toutefois, il pourrait y avoir de mauvaises surprises. Dans sa quête du premier rang en simple et en double, puisqu'elle est également la meilleure dans cette spécialité, Clijsters ne s'est pas ménagée. Elle reste sur une période très chargée de cinq semaines, durant lesquelles elle a énormément joué sans avoir beaucoup de jours de repos. Pareille accumulation peut être néfaste pour le corps comme pour la tête. Sur le brûlant béton américain, la fatigue peut être à l'origine de blessures gênantes. Une fois l'objectif atteint, l'énergie investie dans cette conquête peut également se muer en une sorte de relaxation. Evidemment, l'US Open demeure un événement au sommet pour lequel on puise en soi un surcroît de motivation mais elle ne sera pas vraiment fraîche. En Amérique, on ne s'est pas privé de s'attarder sur le fait que le nouveau numéro un n'a encore jamais gagné de Grand Chelem, ce qui pourrait entraîner un brin d'amertume. Justine se focalise depuis un moment sur les victoires importantes. Elle planifie avec soin ses tournois. Elle sera donc physiquement impeccable, ce qui était déjà visible dans la finale de San Diego. Au troisième set, la Rochefortoise a nettement donné l'impression d'être plus fraîche que sa concurrente, Clijsters. Reste à voir comment le public yankee, déjà un peu titillé, va réagir au comportement agressif du numéro trois mondial. Pendant un match, Henin marcherait sur des cadavres. Ensuite, elle n'hésite pas non plus à faire des déclarations fracassantes. Le circuit féminin a besoin de controverses, depuis la disparition de Martina Hingis et le dégel des Williams. Même en Belgique, on s'empare avidement de la moindre petite phrase, immédiatement grossie. Son tennis semble suffisamment au point pour lui permettre de remporter une victoire sur la surface qu'elle aime le moins. Le dernier facteur susceptible d'entraver la marche en avant des Belges, c'est la concurrence ou du moins ce qui en fait fonction. Opérée, Serena est indisponible pour un moment mais sa grande s£ur n'est pas épargnée non plus. Sa condition est difficile à cerner. Une chose est sûre : la blessure de Venus aux abdominaux doit être traitée avec prudence pour éviter qu'elle ne devienne un handicap chronique. Le reste du peloton est alité ou émerge à peine de l'infirmerie. Capriati, toujours chaleureusement encouragée à New York, est touchée à l'épaule et son niveau actuel est médiocre. Seles ne contrôle plus les maux liés à son âge. Mauresmo, une joueuse d'avenir, a également une santé fragile et souffre des séquelles d'une blessure aux côtes. Rubin souffre de l'épaule, Davenport des pieds et Hantuchova n'a que des soucis, pour le moment. C'est plutôt du côté russe qu'il faut attendre une certaine résistance, même si des jeunes filles comme Kuznetsova, Sharapova ou Zvonareva semblent encore un peu vertes pour viser le sommet. Si nos dames devront avant tout se méfier d'elles-mêmes, en route vers la finale, les messieurs pourront déjà s'estimer heureux de chaque victoire remportée. Depuis peu, Olivier Rochus est le premier Belge au classement mondial. Il est assez talentueux pour faire bonne impression sur le béton mais il aura fort à faire pour compenser son manque de poids dans les services. Avec un seul tournoi de préparation et un nouvel entraîneur, Julien Hoferlin, autrefois aux côtés de son frère, le cadet des Rochus entraîne certainement quelques points d'interrogation dans son sillage. L'ancien meilleur Belge, Xavier Malisse, se défait de ses doutes. A Montréal, il a déjà réussi à prendre un set à Andy Roddick, l'homme en forme du moment, mais sa victoire sur Lleyton Hewitt à Cincinnati va certainement le survolter. X-man peut mettre à profit sa surface préférée et quelques bons matches à l'US Open pour émerger de son passage à vide. Six ans exactement après avoir déserté le camp de Bollettieri, il a refait appel au gourou de 70 ans pour le préparer à Flushing Meadow. Depuis qu'il a changé d'entraîneur, Andy Roddick survole le circuit. Il possédait déjà le power, la force dans le service et l'énergie requis. Brad Gilbert lui a conféré plus de sens tactique. L'esbroufe a fait place à la conviction et à l'expérience. Le numéro quatre ne s'appuie plus sur son seul service et une overdose de puissance. De temps à autre, il prend aussi un point au filet, une zone du court qu'il ne connaissait que par la littérature, auparavant. Gilbert enfonce le clou. Même son backhand, plus faible, lui vaut de moins en moins de problèmes. Roddick porte les espoirs du pays organisateur. Il devrait progressivement prendre ce rôle à Andre Agassi. Le citoyen de Las Vegas reste sur une préparation médiocre, interrompue prématurément. Même s'il est première tête de série, il n'est pas vraiment le principal favori du tournoi. Il a brillamment entamé la saison mais depuis Wimbledon, son tennis n'a plus le même panache. Ses revers face à Gonzalez et à Schuettler n'étaient pas non plus idéaux pour préparer New York. Evidemment, il en faudra beaucoup pour désarçonner le mari de Steffi Graf, qui s'est produit à 18 reprises à Big Apple, où son palmarès s'est enrichi de trois finales et de deux victoires. Après son magnifique triomphe à Wimbledon, Roger Federer semble aussi serein. Il est prêt à faire parler de lui dans les autres Grands Chelems aussi. Le froid Suisse est capable de se distinguer sur tous les types de courts, même s'il faut voir comment il va gérer l'idolâtrie croissante dont il fait l'objet et les attentes qui vont avec. Peut-être nos dames seront-elles confrontées au même phénomène, car, soyons honnêtes, si le tournoi masculin peut basculer de n'importe quel côté, à tout moment, il nous laisse un peu froids, puisqu'en dames, nous avons deux Belges de haut vol. Clijsters couronnerait admirablement cette année si elle parvenait à être encore plus dure dans la confrontation belgo-belge. Même si les Américains pleurent l'absence de Serena Wiliams et de Pete Sampras à leur US Open, nos filles vont leur montrer ce que représente le tennis moderne et déplacer le centre de leur sport de New York à Bruxelles. " Nos filles vont montrer aux Américains ce que représente le tennis moderne "