"Quand on s'est retrouvés au tribunal, on n'était pas au courant de la situation. " Un oubli, une méconnaissance du règlement ou, plus simplement, une incompréhension, selon Adem Sahin. " Ce qui nous a été reproché, c'est qu'il n'y avait plus qu'une seule personne parmi les dirigeants de la SCN détenant le club : moi. On ne savait pas qu'il en fallait obligatoirement deux ", souffle le président de l'Olympic Charleroi, au poste depuis 2012. En décembre, son associé Ramazan Arikan démissionne de ladite société pour " raisons personnelles ".
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"Quand on s'est retrouvés au tribunal, on n'était pas au courant de la situation. " Un oubli, une méconnaissance du règlement ou, plus simplement, une incompréhension, selon Adem Sahin. " Ce qui nous a été reproché, c'est qu'il n'y avait plus qu'une seule personne parmi les dirigeants de la SCN détenant le club : moi. On ne savait pas qu'il en fallait obligatoirement deux ", souffle le président de l'Olympic Charleroi, au poste depuis 2012. En décembre, son associé Ramazan Arikan démissionne de ladite société pour " raisons personnelles ". " C'est pourquoi nous avons été convoqués, mais aussi parce qu'on devait de l'argent à la TVA ", poursuit Sahin. Le 28 janvier dernier, le tribunal de commerce de Charleroi évoque ainsi un total avoisinant les 47.000 euros de dettes, dont 30.000 résultant d'un " mauvais calcul d'imposition datant de 2016 ". L'avocat des Dogues, Me Jean-Pierre Deprez, obtient alors un sursis de deux mois, avec une audience fixée au 18 mars prochain, pour régulariser la situation du matricule 246. " Aujourd'hui, tout est réglé ", assure encore Adem Sahin, sûr de son fait. " Le 18 mars, nous apporterons des preuves supplémentaires de notre bonne santé, telles que la demande de licence. " Une demande effectuée pour l'étage supérieur, la D1 Amateur, celui où évolue le Royal Châtelet - Farciennes SC, qui devrait fusionner avec les pensionnaires de La Neuville, antre de toujours de l'Olympic. De quoi contenter tout le monde, à condition, donc, que tous les voyants soient au vert. 2011. L'Olympic Charleroi fête son centenaire dans un contexte ombrageux. En réalité, l'institution carolo est en péril, en proie à de graves difficultés financières. L'Union Belge interdit le club de toutes activités sportives, avant la mise en faillite de la société détenant les Dogues. Si des bénévoles, des passionnés et des fervents supporters se mobilisent pour sauver le navire, il faut attendre fin juin 2012 pour que le matricule 246 survive, évite la radiation et se remette aux choses sérieuses. À la tête du projet de reprise, un certain Adem Sahin, qui s'installe dans le fauteuil de président à La Neuville. Arrivé du board de la JS Turque, entité basée à Roselies, à proximité de Farciennes, l'homme construit " une équipe de rue " avec des éléments venus des séries inférieures. Les Noir et Blanc se maintiennent au quatrième échelon national, encore appelé " Promotion ", jusqu'à un nouveau micmac. L'Olympic est relégué administrativement en 1re Provinciale du Hainaut, en raison d'une cession de patrimoine considérée irrégulière. Peu importe. Partis avec neuf points de retard, trois par tranche, les Olympiens alignent deux titres de champion et accèdent dès 2016 à la future D2 Amateur, leur niveau actuel. Depuis, ils luttent pour se hisser plus haut, mis à part cette saison. Une " année noire " pour le défenseur Quantin Durieux, 34 printemps, cinq ans de maison. " Cette année, sportivement, c'est compliqué. Individuellement parlant, on a selon moi la meilleure équipe depuis longtemps, mais il ne suffit pas d'avoir des bons joueurs pour constituer un bon collectif. Peut-être que la situation financière du club trotte aussi un peu dans les têtes. Il n'y aurait plus d'Olympic sans le président Sahin, mais il dépense beaucoup d'énergie et il n'est pas suivi comme il le voudrait. C'est un gouffre pour lui. " Ça tombe bien, en décembre, son vice-président Akif Arikan s'assoit en tribunes à côté de son homologue à Châtelet - Farciennes, Patrick Remy. " On s'est dit qu'on pouvait faire la route ensemble ", métaphorise Remy, un temps actif à l'Olympic, sous la casquette de sponsor, avant d'être à la base du projet châteletain, d'englober le RFC Farciennes et son stade des Marais en 2016, puis de monter en D1 Amateur l'année suivante. " Pour mieux structurer nos projets respectifs, le rapprochement est nécessaire. Nous avons deux très bonnes écoles de jeunes et l'Olympic possède des infrastructures que nous n'avons pas. Nous allons également réunir les sponsors des deux clubs, ce qui revient donc à doubler le sponsoring. " Pour Adem Sahin, plutôt que de renflouer les caisses, il s'agit surtout de " professionnaliser " son équipe dirigeante. " Il y a des difficultés financières dans tous les clubs ", dit-il. " Quand j'ai sauvé ce club, c'était pour le mettre à un niveau supérieur. Pour cela, il faut être bien entouré et ce sera le cas avec Châtelet - Farciennes, qui veut aussi pouvoir exploiter notre nom et notre matricule. Nous avons chacun nos qualités et on se complète très bien. " Un échange de bons procédés entre régionaux de l'étape, en somme, qui se concrétise depuis la mi-janvier. " À partir de ce moment-là, je crois qu'il n'a pas fallu dix jours pour que tout le monde se mette d'accord ", ajoute Bernard Gaspard, le responsable de la formation des Loups, 30 ans d'Olympic derrière lui, de 1978 à 2008. " J'y suis arrivé à huit ans en tant que joueur, j'y ai joué avec l'équipe Première et je l'ai quitté en tant que directeur sportif. L'Olympic Charleroi, c'est ma vie. " Et vu qu'on ne badine pas avec les sentiments, Gaspard, qui devrait occuper la tête du pôle jeunes de l'Olympic 2.0, préfère tempérer l'enthousiasme général qui règne autour de la fusion. " Pour l'instant, rien n'est acté officiellement. Les deux clubs doivent obtenir leur licence pour la D1 Amateurs et celle de l'Olympic n'est pas acquise. Le moindre centime oublié coûte cher. Ce qui est sûr, c'est que Châtelet - Farciennes ne peut pas prendre le risque de redescendre d'un étage. On ne peut pas remettre en cause neuf années de travail. " Dogues et Loups en sauront davantage après le 15 avril, date butoir pour notifier la fusion à l'Union Belge. D'ici là, ils s'agitent en coulisses. Côté pratique, d'abord, Patrick Remy et Adem Sahin assurent tous deux qu'aucun site ne sera délaissé. Ainsi, les jeunes du club devraient s'entraîner entre Châtelet et Farciennes, tandis que le noyau A aura ses bases à Marchienne, fruit d'une autre fusion, remontant à 2000, quand les rencontres officielles se disputeront évidemment à La Neuville, du côté de Montignies-sur-Sambre. Une belle balade quotidienne au coeur du Pays Noir pour une entité qui devrait conserver le matricule 246 ainsi que le noir et le blanc de l'Olympic, mais dont le nom devrait ravir toutes les communes concernées. Pour Patrick Remy, c'est " certain " ; pour Adem Sahin, un peu moins. " Le nom changera ", pose Remy, qui blague, au passage, concernant le surnom post-fusion : " La meute des petits Dogues ". " Il s'agit surtout d'un changement administratif ", embraye Sahin. " Mais s'il faut ajouter un C ou un F sur le logo, on le fera. " En 2016, l'Olympic était pourtant revenu à son appellation d'origine, celle du ROCC, exit Marchienne. Une appellation " légendaire " pour les supporters de la première heure qui, pour le coup, pourraient être un peu perdus. " Je crois qu'ils voient ça d'un bon oeil ", glisse Charles Beugnies, historique du club, qui répond aux titres de correspondant qualifié et secrétaire. " Je n'aurais pas dit ça si on devait déménager à Farciennes. Pour eux, c'est du bonus. Tant qu'on joue le haut du panier, ils seront contents. Le seul problème de l'Olympic, c'est que sa clientèle est un peu vieille. Elle est principalement constituée de nostalgiques qui sont âgés, comme moi, et qui ont connu La Neuville avec une affluence de 30.000 personnes. " La Neuville, ce " mot mythique ", " connu jusqu'à Knokke ", que Remy compte bien " faire revivre ". " Si on fait quelques résultats, le public reviendra, j'en suis convaincu. À Châtelet - Farciennes, ça a toujours été difficile d'avoir du monde, on dépend surtout de nos adversaires. " Concernant les ambitions de ce potentiel " ROCCCF ", Patrick Remy, qui devrait occuper le poste officiel de président, reste calme et veut avant tout " vivre une saison tranquille en D1 Amateur et ne pas galérer chaque saison pour se sauver. Rien de plus, et ce serait déjà pas mal. " Adem Sahin, qui aura une fonction similaire mais plutôt tournée vers le sportif, voit un peu plus loin et vise " minimum " la huitième place du troisième échelon national, dès la saison prochaine. " Ensuite, monter en D1B, c'est autre chose et c'est un autre coût. Mais on y pense. On va d'abord essayer de construire une belle équipe pour la saison prochaine. " C'est justement le nerf de la guerre. Chaque club possède un noyau d'environ 25 joueurs, qui rencontreront bientôt la nouvelle direction afin de parler avenir. " Pour le moment, on est un peu dans le flou. On n'a pas trop de nouvelles ", confesse Quantin Durieux. " Ce n'est pas facile, des joueurs vont forcément rester sur le carreau. Quoi qu'il en soit, on va terminer la saison tant bien que mal. " Côté banc, le tandem Remy-Sahin privilégie l'option Alexandre Czerniatynski, déjà passé par l'Olympic de juin 2010 à octobre 2011 et actuel coach au stade des Marais, où il lui reste un an de contrat. Le 18 février dernier, Czernia s'entretient en ce sens avec Adem Sahin. " On est déjà en train de préparer son staff ", abonde ce dernier. " Il souhaite poursuivre après la fusion et il fait déjà du très bon travail à Châtelet. " S'il s'installe dans la durée à La Neuville, l'ex-international pourra compter sur des jeunes du cru. Du moins, c'est ce qui est annoncé. Une équipe uniquement composée d'éléments issus de la formation devrait voir le jour en 1re Provinciale, en plus des Espoirs. " L'ancrage local, c'est l'essence même de l'identification à son club. À Châtelet, on est toujours fier d'annoncer qu'un titulaire vient de chez nous et c'est évident qu'on veut continuer dans cette voie-là à l'Olympic ", prophétise Bernard Gaspard, qui pourrait se retrouver au sommet d'une pyramide composée de plus de 800 gamins. " Il va y avoir un écrémage naturel ", annonce Beugnies. " On ne sait pas multiplier par deux ou trois les équipes de jeunes. " Gaspard, qui a déjà vécu la fusion entre l'Olympic et Marchienne, évoque malgré tout la possibilité d'une coexistence entre un volet " foot - élite " et un autre " foot pour tous ", quand Charleroi constitue " une zone de recrutement énorme ". Un potentiel à exploiter, même si l'ombre du Sporting zébré plane un peu partout dans le coin. " Pour moi, il peut y avoir deux clubs de football à Charleroi, mais chacun à sa place ", filoute Remy. " Nous ne faisons aucun lien de comparaison avec le Sporting et je m'entends très bien avec Mehdi Bayat, avec qui nous avons déjà établi un partenariat avec Châtelet - Farciennes. Je vais d'ailleurs m'entretenir avec lui et je suis sûr qu'il nous aidera. " La fameuse générosité carolo.