Premier tour de la Coupe de Belgique. Samedi soir au stade Edmond Machtens de Molenbeek-Saint-Jean, cette modeste commune bruxelloise longtemps pointée du doigt dans les médias du monde entier. Mais cette fois, c'est le football qui est au centre de l'intérêt avec la première apparition officielle du RWDM version 2016-2017, et on ne s'en plaindra pas. En face, Wambeek, petite commune du Pajottenland, à quelques encablures de Ternat. Il y a une belle ambiance dans les tribunes, qui ne sont toutefois pas bondées pour l'occasion. Il fait une température estivale et les aficionados du RWDM sont venus faire la fête ensemble. Chope à la main et hamburger dans l'autre.
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Premier tour de la Coupe de Belgique. Samedi soir au stade Edmond Machtens de Molenbeek-Saint-Jean, cette modeste commune bruxelloise longtemps pointée du doigt dans les médias du monde entier. Mais cette fois, c'est le football qui est au centre de l'intérêt avec la première apparition officielle du RWDM version 2016-2017, et on ne s'en plaindra pas. En face, Wambeek, petite commune du Pajottenland, à quelques encablures de Ternat. Il y a une belle ambiance dans les tribunes, qui ne sont toutefois pas bondées pour l'occasion. Il fait une température estivale et les aficionados du RWDM sont venus faire la fête ensemble. Chope à la main et hamburger dans l'autre. " Le bonheur, pour nous, c'est juste de se dire que notre équipe joue, vit et qu'elle va être championne ", sourit Sam, un mec dont il est difficile de dire s'il a 18 ou 30 ans. Mais il a le sourire. Et dans ce genre d'occasion, on oublie tout le reste. L'actualité dramatique des derniers mois ou des dernières semaines. Initialement, on pourrait se dire que le KFC Wambeek sera un oiseau pour le chat et qu'il va se faire croquer en moins de dix minutes mais l'histoire de cette rencontre sera tout autre, comme vous le verrez par la suite. Pour un homme dans le camp d'en face en tout cas, la pression, le public et les grands rendez-vous, c'est une partie de plaisir. A 39 ans, Gunter Thiebaut a roulé sa bosse à tous les échelons du football belge, ainsi qu'à l'étranger. Sa longue carcasse est désormais surmontée d'une tignasse grise qui lui rappelle chaque matin qu'il approche du cap symbolique des 40 ans. Ce sera le 12 janvier prochain. L'homme n'a pas changé. Sympa, accessible, blagueur. Cet attaquant a tiré un trait sur sa carrière professionnelle depuis un peu plus de quatre ans, après avoir notamment joué à Chypre (Omonia Nicosie), en Allemagne (Sarrebrück) ou aux Pays-Bas (Maastricht) notamment. Partout, il a empilé les buts. Partout, il a laissé une empreinte indélébile, surtout pour ses qualités humaines. Et même s'il a repris du service après une année sabbatique, c'est désormais dans un autre domaine du football professionnel qu'il s'éclate : il est devenu manager pour une grosse société internationale, " Soccer and more ", qui a des joueurs dans les plus grandes compétitions et dans les plus grands clubs. Au Bayern Munich notamment. Belle reconversion ! Etonnante histoire aussi que celle du gaillard, qui voyage entre New York, où il a fait signer Maxime Chanot et Frédéric Brillant, et Manchester ou Milan. Puis, qui remet ses crampons le dimanche pour aller taper dans la balle avec ses copains sur des terrains à peine roulés et devant 43 personnes. Mais ça lui fait du bien. " Le football reste évidemment le moteur de mon existence. Je m'entraîne quand je sais et je m'amuse sur le terrain. Je n'aurais jamais pensé jouer en P2 il y a quelques années mais après avoir arrêté un an, j'ai eu l'opportunité de rejoindre Ninove où j'ai inscrit quasiment 70 buts en deux ans et nous avons été champions. Après, je me suis encore rapproché de la maison pour répondre à l'appel du président de Wambeek. C'est un petit club familial et la saison dernière, j'ai encore mis 31 goals ", sourit-il. Le gaillard a de beaux restes. Et face au RWDM, il l'a prouvé avec son équipe composée de jeunes sans grande expérience et de quelques " vieux briscards " bien connus dans le coin, Bart Durang en tête. Le capitaine de Wambeek a 42 ans et a longtemps été " l'acolyte de... Christian Rits, le coach molenbeekois. Il y a aussi BrunoMarquez et Tom Desmet. C'est d'ailleurs le premier cité qui va amener le premier but. Son centre trouve la tête de Gunter Thiebaut, sans surprise, qui oblige Santos Pravos à se détendre. De Bel est néanmoins au rebond et met Wambeek aux commandes. Stade médusé. Gunter Thiebaut exulte. Plus tard dans la rencontre, il aura même l'occasion de tuer le suspense... " Ah, ce penalty manqué, je vais y repenser longtemps... ", explique-t-il. " Le ballon a heurté le poteau, malheureusement. Je suis sûr que si nous avions mené 0-2 juste avant le repos, nous aurions réussi à nous qualifier. J'ai eu les clés du match. " A contrario, un dernier rush du RWDM a permis aux Molenbeekois de se qualifier par le chas de l'aiguille, via des buts de Danghir (87e) et Lutula (90e). Mais pour Wambeek, qui avait repris les entraînements depuis une semaine seulement, cela restera un très bon souvenir. " Je connaissais beaucoup de monde et du coup, après le match, je suis resté longtemps à discuter ", raconte Gunter Thiebaut, qui a quitté le terrain à la 79e. " Nous avons prouvé que nous n'étions pas ridicules et nous avons d'ailleurs été applaudis par les supporters du RWDM. La fête est donc réussie. " Et pour lui, après cette bulle d'oxygène, retour à la sphère professionnelle, les aéroports, les plus grands clubs du monde. " Il est vrai que ces derniers mois, j'ai pas mal voyagé. La direction de New York City est la même que celle de Manchester City et il a fallu faire la navette. Mais j'ai aussi de jeunes joueurs à Manchester United ainsi qu'à l'Inter Milan. C'est magnifique de pouvoir vivre comme je le fais et j'ai encore du temps à consacrer à ma famille et mes enfants : Vinz (6), Elle (4) et Robin (8 mois). Le plus grand joue d'ailleurs au foot lui aussi, à Schepdaal, et j'entraîne son équipe de U7 quand j'ai le temps. " Au lendemain du match de Coupe de Belgique, Gunter était à Courtrai-La Gantoise. Entre le stade des Eperons d'or, les terrains de provinciales et les plus grands centres de formation d'Europe, l'homme se sent bien partout même si le milieu est décrit comme un monde de requins. " C'est en effet un univers difficile et exigeant mais j'ai la chance de travailler pour une agence qui a une crédibilité incroyable et qui travaille sur le plan international. C'est suffisant en général pour être convaincant. " Pour info, dans les prochains jours, Wambeek affrontera Kampelaar et Ixelles dans le cadre de la Coupe du Brabant. Loin des gratte-ciel de Manhattan, du mythique aéroport JFK, de Times Square. Un autre monde, on vous le disait... PAR DAVID DUPONT - PHOTOS BELGAIMAGE