Champion, finaliste de la Coupe, il a pris sept points en Ligue des Champions et est qualifié pour le tour suivant en Coupe UEFA. Après un démarrage difficile, il est revenu dans le sillage d'Anderlecht et du Standard... Le Club Bruges est l'équipe belge 2005. Deux Croates s'y sont distingués. Tomislav Butina (31 ans) est très fiable depuis un an et Bosko Balaban (27 ans) a marqué à peu près tous les buts importants cet automne, en championnat comme en Coupe d'Europe. Les deux internationaux vont disputer le Mondial, alors que leur contrat prend fin. Ils partiront peut-être. En juillet ou dès janvier.
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Champion, finaliste de la Coupe, il a pris sept points en Ligue des Champions et est qualifié pour le tour suivant en Coupe UEFA. Après un démarrage difficile, il est revenu dans le sillage d'Anderlecht et du Standard... Le Club Bruges est l'équipe belge 2005. Deux Croates s'y sont distingués. Tomislav Butina (31 ans) est très fiable depuis un an et Bosko Balaban (27 ans) a marqué à peu près tous les buts importants cet automne, en championnat comme en Coupe d'Europe. Les deux internationaux vont disputer le Mondial, alors que leur contrat prend fin. Ils partiront peut-être. En juillet ou dès janvier. Tomislav Butina : Je reste sur la plus belle année de ma vie. La Ligue des Champions, la qualification pour le Mondial. La Croatie a gagné cinq matches et concédé un nul quand je défendais son but. Que demander de plus ? Bosko Balaban : Cela a moins bien commencé pour moi. Je me suis blessé au stage à Marbella et le second tour a été pénible. J'ai remporté mon premier titre belge quand même. Depuis l'automne, ça va mieux. L'équipe a peiné mais elle a malgré tout pris le sillage des deux premiers. Balaban : Ce fut difficile mais les critiques ont été excessives. Outre les nouveaux à intégrer, il y a eu dix blessures. Des équipes plus fortunées que Bruges éprouvent aussi des problèmes en pareilles circonstances. Butina : Les principes de notre football sont restés. Marek Spilar est le même type de joueur que David Rozehnal, Ivan Leko remplit grosso modo le rôle de Nastja Ceh. Timmy Simons était un leader sur le terrain mais Sven Vermant n'est pas dénué d'expérience. Nous reformons match par match notre cohésion. Je suis heureux que ce processus nous ait coûté aussi peu de points par rapport aux leaders. Nous pouvons être contents des six derniers mois. Nous n'avons sans doute pas développé notre meilleur football, surtout par rapport aux saisons précédentes, mais le résultat est positif. Butina : Oui mais les leaders ne sont pas loin. J'ai toujours demandé qu'on soit patient avec nous. Un nouveau a besoin de six mois. J'ai expliqué à Leko que l'heure de Bruges allait sonner dans ce championnat. Au printemps, sans doute, quand nous n'aurons plus de matches en semaine. Ivan a été brillant au début, quand l'équipe était au complet, mais il a eu des problèmes quand il a dû modifier son jeu à cause des forfaits. Moi aussi, j'ai eu des problèmes durant ma première saison. Un autre pays, une autre langue, un autre championnat et en plus, il faut faire bonne impression d'emblée ! Vous ne comprenez pas les journaux mais vous avez envie de savoir ce qu'on pense de vous... J'aime me documenter sur le championnat dans lequel je me produis, comment les adversaires tirent, etc. Cela requiert du temps. Bien jouer n'est pas seulement le résultat de l'entraînement. Balaban : Parfois oui, parfois non. Le second tour de la saison passée n'a pas été terrible : j'ai inscrit neuf buts au premier, contre seulement deux ensuite. Cela va mieux cet automne. J'ai marqué neuf buts, souvent importants, et de très importants contre Valerengen et Vienne. Hormis le match au Standard, j'ai toujours été titularisé. Je sais qu'on attend de moi que je marque à chaque match mais ce n'est pas possible. Plutôt qu'un avant-centre, je suis un ailier, parfois trop loin du but. Butina : Je peux raconter n'importe quoi, vous ne pourrez pas comparer avec le passé ! Hormis mon premier semestre ici, j'ai toujours été régulier, en réalisant de temps en temps un exploit. Je suis très concentré et je ne commets pas de grosses bourdes. C'est entre autres pour ça que je suis le gardien de la Croatie. Butina : Je l'ai dit quand Anderlecht a eu des problèmes avec ses gardiens l'année dernière. La rotation est la pire des choses. Le premier gardien doit le rester à moins d'être en complète méforme. L'entraîneur a réagi normalement. J'étais malade, c'est tout. Pourquoi changer ? Balaban : Quand on veut être l'avant de la meilleure équipe belge, il faut accepter la critique. Je n'y réagis pas, même si je trouve étrange qu'elle vienne de l'intérieur. Si on trouve que d'autres jouent mieux, c'est ainsi. Nous ne manquons pas d'attaquants. Mais je vis pour mes buts, le Club pour les résultats, et nous n'avons pas à nous plaindre l'un de l'autre. Quant aux critiques... le football est fait d'émotion, d'ambiance, de sentiments. Butina : Mon transfert a été la meilleure chose qui pouvait m'arriver. La vie est agréable ici. Balaban : Oui. Ils ont eu des problèmes internes et ont joué quelques mauvais matches. Le second tour sera intéressant. Nous serons trois à nous disputer le titre. Butina : Selon moi, c'est le Standard qui a commis la pire erreur. Chaque année, il investit beaucoup mais ne parvient jamais à être bon sur l'ensemble d'une saison. Il a pris un bon départ cette fois puis a eu un passage à vide de quelques semaines. Ce fut un... miracle. Ce club a de bons joueurs, un beau stade, beaucoup de supporters qui mettent de l'ambiance mais il ne parvient pas à être champion. Je ne suis pas surpris qu'Anderlecht n'ait pas décollé. Comme nous, il a eu un programme chargé et a beaucoup d'internationaux, contraints à des voyages fatigants alors que Zulte Waregem, par exemple, a une semaine entre chaque match. Au printemps, je m'attends à ce qu'Anderlecht et nous creusions l'écart. Balaban : Le Brésil est le dream team de tout amateur de foot, le favori du tournoi. On commettrait un meurtre, d'abord pour jouer ce match, ensuite pour battre le Brésil. Butina : Nous commencerons par ce match dans le plus grand stade du tournoi, celui de Berlin. Que demander de plus ? Il y a quelques mois, nous avons fait match nul 1-1 contre le Brésil. Nous devons battre le Japon. Nous avons souvent affronté des Asiatiques. Ils sont rudes. Nous avons vaincu le Japon 1-0 en 1998 mais il a beaucoup progressé depuis. Balaban : Le Japon est représenté dans plusieurs grands championnats. Le match contre l'Australie sera le plus chouette. Nous avons les mêmes racines, donc le même engagement. Ce sera une belle bagarre. Butina : Sept internationaux australiens sont originaires de Croatie, un huitième l'est par sa mère et nous avons plusieurs joueurs nés en Australie qui ont opté pour la nationalité croate. Donc, ce sera un match passionné. En plus, Guus Hiddink, leur sélectionneur, est un des cinq meilleurs du monde, à mes yeux. Il peut faire la différence à lui seul. Nous aussi, sur les phases arrêtées. La Croatie devient une valeur sûre du football international. Depuis notre indépendance, nous n'avons raté qu'un tournoi, l'EURO 2000. Balaban : Pas mal pour un pays qui ne compte que quatre millions d'habitants... Butina : Le c£ur. Nous ne pensons pas à l'argent. Nous sommes fiers, nous avons un grand c£ur, nous sommes patriotes. Il faut tacler 100 fois dans le même match ? Pas de problème. Butina : En ratant l'EURO puis le Mondial, vous vous enfoncez dans votre marasme. Vous perdez des places au classement FIFA, vous affrontez des adversaires plus coriaces en qualifications, vous devez patienter deux ans avant d'espérer rejouer un grand tournoi... Je ne sais pas ce qui se passe mais c'est étrange. L'équipe nationale est normalement le reflet du championnat, que je trouve bon. Qualifier chaque année deux équipes pour la Ligue des Champions, c'est bien pour un petit pays. Nous avons fait match nul contre le Bayern, perdu de justesse contre la Juventus puis été battus trois jours plus tard par Zulte Waregem. Le niveau est excellent mais cela ne se reflète pas en équipe nationale. Cela dit, dans chaque club, les meilleurs sont étrangers. Balaban : Vous devez faire mieux avec cette équipe. Vos avants devraient être plus affamés. Plus mordants. L'ambiance n'est pas assez fanatique. Nous avons récemment joué contre la Suède à Zagreb... il était impossible de perdre. Il faisait froid mais l'ambiance était bouillante. Balaban : Et Mbo Mpenza ? Butina : S'il y a des étrangers, c'est parce qu'il n'y a pas assez de bons Belges. Pour représenter quelque chose en Europe, il faut enrôler des étrangers. Je constate que vos équipes de jeunes ne se qualifient pas non plus pour les tournois. Les Espoirs croates ont été battus par leurs homologues serbes mais c'est la première fois. Quand les joueurs sont bons, ils restent dans l'équipe. Comme Vanden Borre à Anderlecht. Balaban : Les conditions de travail sont parfaites, c'est sûr. J'ai appris à jouer sur un parking, comparé aux terrains de Bruges. Nous sortons d'une guerre, l'argent est consacré à la reconstruction du pays. Nos clubs n'ont pas d'argent pour leur équipe fanion, alors que dire des jeunes... Vous avez deux fois plus d'habitants, beaucoup plus de moyens. Vous devriez former plus de bons joueurs que nous, en principe. Butina : Quand on est assez bon, on joue. Regardez Vanaudenaerde... La formation des jeunes au Club est excellente. Balaban : Nous discutons mais pas beaucoup. Je ne demande sûrement pas trop ! Butina : J'ai promis de ne faire aucun commentaire. La situation va peut-être changer dans les mois à venir. Je suis professionnel, tout est possible. Rester, partir, ne quitter que cette ville ou le pays. Une chose est sûre : je trouverai un employeur. Balaban : Le club est maître de mon sort. Il peut m'offrir un meilleur contrat, me vendre ou me conserver jusqu'au terme de mon contrat. Butina : Je ne pense pas, à moins de recevoir une offre pharamineuse qui profite au Club et à moi-même. Je ne veux pas risquer ma place pour le Mondial. Je pense que je vais rester jusqu'à la fin du championnat et essayer de gagner le titre. Tous les grands doivent se déplacer à Bruges. Balaban : Nous devrons faire plus que battre Anderlecht ou le Standard pour remporter le titre. Les petits matches sont plus importants. Les affiches séduisent le public et la presse mais elles ne valent que trois points, comme les autres matches. Le monde ne s'écroulera pas si nous perdons des plumes contre nos rivaux. PETER T'KINT