Le stopper Laurent Ciman suspendu et étant donné l'étroitesse du noyau carolo, personne ne doutait de la titularisation de Sébastien Van Aerschot dans l'axe de la défense contre le Club Bruges. Cette solution semblait d'autant plus plausible qu'elle avait déjà été tentée, avec succès, par Philippe Vande Walle en fin de saison passée à Genk.
...

Le stopper Laurent Ciman suspendu et étant donné l'étroitesse du noyau carolo, personne ne doutait de la titularisation de Sébastien Van Aerschot dans l'axe de la défense contre le Club Bruges. Cette solution semblait d'autant plus plausible qu'elle avait déjà été tentée, avec succès, par Philippe Vande Walle en fin de saison passée à Genk. Et pourtant, l'entraîneur carolo surprenait tout son monde en titularisant... un back gauche sans expérience : Salaheddine Sbai. Alors que le Franco-Marocain se morfondait sur le banc en pensant avoir vu ses espérances balayées par le recul de Majid Oulmers au poste qu'il convoitait, le voilà qu'on lui offrait un baptême du feu original au centre de la défense : " Je ne suis pas du genre à me mettre de la pression. Tout le monde, que ce soit le staff ou les joueurs, a essayé de me mettre à l'aise. Sur le terrain, j'étais bien entouré avec Badou Kere, Frank Defays, Bertrand Laquait et Oulmers. J'étais dans un fauteuil et je n'ai ressenti aucune difficulté... jusqu'à l'exclusion ". Car ce qui aurait pu s'apparenter à une première sans tache allait tourner au cauchemar. Faute de main (de débutant ?) et exclusion : " Tout le monde a dit que j'avais commis un geste de gardien mais j'ai avant tout cherché à me protéger le visage. L'arbitre a vu une faute. OK. Mais l'exclusion était un peu dure ". Les Zèbres criaient à l'injustice et en oubliaient presque le banni. " Mes coéquipiers ne m'en ont pas voulu ". A 22 ans, Sbai entrait dans le foot belge et des apparitions plus que convaincantes ont suivi face à Anderlecht et Mouscron. Celui qui ne devait servir que d'intérimaire pendant la suspension de Ciman a rejeté ce dernier sur le banc. Dans trois jours, ce sera au tour de Sbai de méditer sur sa récente gloire depuis les tribunes. Il purgera en effet sa suspension et la concurrence prendra sa revanche : " Quand on sent le souffle de quelqu'un derrière soi, on est obligé de tout donner car si on se loupe, on perd sa place. Si on a peur de la concurrence, c'est qu'on n'a pas de caractère. Et dans le foot, sans caractère, on ne réussit pas. On se fait manger ". Gentil dans la vie de tous les jours, Sbai sait donc se faire respecter sur le terrain. " Quand je vois que l'adversaire presse, je commence à rugir ! "Sbai : " En 2002, j'étais arrivé en test depuis Laval grâce à mon manager qui est également celui d'Oulmers. Raymond Mommens a donné son accord pour que je reste ". Il avait 17 ans, une formation au centre de Nîmes et une année d'apprentissage à Laval, en Ligue 2. Pourtant, son parcours carolo n'allait pas s'avérer facile : " Ma carrière aurait pu être lancée bien avant. Je suis de la même génération que Ciman. J'aurais pu percer en même temps mais on ne m'a jamais donné une chance. Pourtant, il y a deux ans, j'avais participé à la Coupe du Monde des -20 ans avec le Maroc, aux Pays-Bas et j'avais réalisé un bon tournoi. Mais Charleroi a préféré me prêter une nouvelle fois ". Après une expérience à Renaix, le voilà, durant deux saisons à Tubize : " Je me dis que j'ai perdu un peu de temps mais j'ai eu la chance de côtoyer deux très bons entraîneurs : Enzo Scifo et Philippe Saint-Jean. Scifo avait la classe. On s'en rendait compte à l'entraînement quand il jouait avec nous. C'était quelqu'un de simple et d'humble. Quand nous avions un problème, il arrivait à nous apaiser. Quant à Saint-Jean, il s'agissait d'un tacticien hors pair. Même avec une équipe moyenne, il arrivait à faire quelque chose de vraiment bien ". Il n'empêche que mettre cinq ans pour se frayer un chemin en équipe Première alors qu'on est arrivé de France, c'est faire preuve de patience : " Si Charleroi avait décidé de me prêter une année supplémentaire, je serais parti. Je me demandais si j'avais le niveau et ce que je devais faire. Mais les matches internationaux avec le Maroc m'ont permis de goûter au haut niveau et cela me remontait le moral ". En trois rencontres, Sbai a imposé sa griffe faite d'anticipation et de rudesse dans les duels : " J'ai appris à mettre le pied en Afrique. Si vous ne le faites pas quand vous jouez contre le Cameroun, la Guinée ou le Nigeria, vous vous faites marcher dessus ".par stéphane vande velde