Le monde entier a admiré le jeu fluide des Diables Rouges, samedi contre la Tunisie. Même la BBC s'est faite lyrique, imitée par les journaux britanniques. Certains d'entre eux se souviendraient-ils du mépris affiché il y a deux ans quand Roberto Martinez a été nommé sélectionneur de la Belgique ? L'Angleterre n'y avait rien compris. Martinez était nul sur le plan tactique, il n'était pas clair et n'était pas capable de faire progresser les joueurs. Une partie de la presse belge avait aveuglément enchaîné.
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Le monde entier a admiré le jeu fluide des Diables Rouges, samedi contre la Tunisie. Même la BBC s'est faite lyrique, imitée par les journaux britanniques. Certains d'entre eux se souviendraient-ils du mépris affiché il y a deux ans quand Roberto Martinez a été nommé sélectionneur de la Belgique ? L'Angleterre n'y avait rien compris. Martinez était nul sur le plan tactique, il n'était pas clair et n'était pas capable de faire progresser les joueurs. Une partie de la presse belge avait aveuglément enchaîné. Roberto Martinez y pense-t-il encore ? Naturellement, il ne faut pas qualifier l'Espagnol d'entraîneur de classe mondiale. La ligne de démarcation entre tragédie et triomphe est trop étroite pour cela. On a trouvé inquiétant le match des Diables Rouges contre le Panama, le suivant a été jugé épatant. Alors que tant le Panama que la Tunisie sont parmi les plus faibles participants à cette Coupe du Monde. Il est donc bon de ne pas oublier ce contexte. Les Nord-Africains ont été naïfs en défense. Les Belges n'en ont pas moins développé de belles actions. L'équipe a affiché du tempérament, de la finesse et de la frivolité. Dans le football contemporain, c'est le dernier résultat qui détermine le statut d'une équipe. Et d'un entraîneur. On a beaucoup douté de Roberto Martinez. Au début, il donnait l'impression de se répéter. Ça énervait aussi les joueurs. Kevin De Bruyne avait critiqué son manque de clarté et, juste avant le Mondial, Aad de Mos avait déclaré que Martinez nuisait à l'équipe avec son occupation de terrain. Il avait qualifié son 3-4-3 de suicide pur. Il y a cinq semaines, Roberto Martinez était honni pour n'avoir pas sélectionné Radja Nainggolan. Il avait ses raisons. Martinez a essayé de former une équipe dans ce qui était à ses yeux le meilleur climat. Les Diables Rouges regorgent depuis longtemps de talent. Encore fallait-il couler cette génération en or en équipe dont tous les maillons regardent dans la même direction. Le processus a été long. On verra dans les jours à venir s'il est arrivé à son terme. Il y a deux ans, les Diables Rouges avaient balayé la Hongrie grâce à un football frais avant de sombrer face aux Gallois. L'ambiance avait changé très vite. La différence, c'est que cette équipe, endurcie par deux saisons dans de grands championnats européens, a gagné en maturité. Ça se remarque également en dehors du terrain. À l'issue du match contre la Tunisie, Roberto Martinez s'est dit impressionné par la manière dont les joueurs travaillaient en fonction de leur objectif. La clef du succès réside dans cette déclaration. Ce noyau tire à la même corde. On l'a notamment vu après le match contre le Panama. Le groupe a immédiatement coupé les ailes à la rumeur selon laquelle Eden Hazard aurait remis Romelu Lukaku à sa place à la mi-temps. Ce groupe ne laisse filtrer aucune dissonance. Il baigne dans la sérénité. C'est exceptionnel dans l'histoire de l'équipe nationale. En fait, la Coupe du Monde doit encore commencer pour les Diables Rouges. On ne pourra jauger leur véritable valeur que face à un adversaire d'un autre calibre. Quand ils devront aussi faire preuve de force mentale. Et surtout conserver le calme et l'assurance qui permettent à l'équipe de fonctionner. Le match contre l'Angleterre peut les y aider. Il serait insensé de jouer pour la deuxième place afin de pouvoir rester à Moscou pour le match suivant. Cette équipe est trop ambitieuse pour égratigner l'âme du sport.