Où en serait le RSCA aujourd'hui s'il avait pu compter d'emblée, cette saison, sur le double concours d'Aruna Dindane et de Nenad Jestrovic aux avant-postes? Suite à la petite forme du puncheur serbe, consécutive à son opération à la cheville, ainsi qu'à la suspension de l'attaquant ivoirien, coupable d'un geste de mauvaise humeur, en fin de campagne 2001-2002, envers l'arbitre Johnny Ver Eecke, l'entraîneur des Mauves, Hugo Broos, s'était résolu, au tout début de l'exercice en cours, à essayer toutes les variantes possiblesavec Gilles De Bilde, Ivica Mornar, Clayton Zane voire Ki-Hyeon Seol. Aucune d'entre elles n'avait toutefois été placée sous le signe de la réussite, ce qui contraignit le nouveau mentor à se prononcer durant plusieurs mois en faveur d'un trio en front de bandière. Cette configuration ayant ses limites, elle aussi, l'homme fort des Mauves, en revint finalement à son 4-4-2 initial, devenu soudain performant dès l'association du duo précité face au Panathinaïkos, pour les besoins du retour, au Parc Astrid.
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Où en serait le RSCA aujourd'hui s'il avait pu compter d'emblée, cette saison, sur le double concours d'Aruna Dindane et de Nenad Jestrovic aux avant-postes? Suite à la petite forme du puncheur serbe, consécutive à son opération à la cheville, ainsi qu'à la suspension de l'attaquant ivoirien, coupable d'un geste de mauvaise humeur, en fin de campagne 2001-2002, envers l'arbitre Johnny Ver Eecke, l'entraîneur des Mauves, Hugo Broos, s'était résolu, au tout début de l'exercice en cours, à essayer toutes les variantes possiblesavec Gilles De Bilde, Ivica Mornar, Clayton Zane voire Ki-Hyeon Seol. Aucune d'entre elles n'avait toutefois été placée sous le signe de la réussite, ce qui contraignit le nouveau mentor à se prononcer durant plusieurs mois en faveur d'un trio en front de bandière. Cette configuration ayant ses limites, elle aussi, l'homme fort des Mauves, en revint finalement à son 4-4-2 initial, devenu soudain performant dès l'association du duo précité face au Panathinaïkos, pour les besoins du retour, au Parc Astrid. Depuis ce 27 février, Jestrogoal carbure à la moyenne d'un but par match, servi à merveille par un compère ayant multiplié lui aussi, durant cette période, les buts (3) et les assists (6). D'après moi, trois éléments sont susceptibles de l'expliquer. Tout d'abord, j'ai une terrible soif de revanche après qu'une bonne partie de ma saison eut été hypothéquée en raison des déboires que j'avais connus tour à tour avec Johnny Ver Eecke, l'année dernière, et son collègue Serge Gumienny cette saison. Au total, ces huit semaines à l'écart m'ont fait perdre un temps extrêmement précieux, que je m'efforce de rattraper au mieux. Si j'y suis parvenu, ces dernières semaines, c'est principalement en raison de deux facteurs: d'une part, je me sens complètement libéré de mes tourments physiques, et notamment de cette fameuse hernie discale et le statut de joueur libre que j'occupe désormais au côté de Nenad Jestrovic me convient à merveille. Deuxième attaquant, c'est votre rôle de prédilection?Ma place favorite se situe surtout sur le terrain. Dans une équipe comme Anderlecht, il ne faut pas faire la fine bouche, sous prétexte de ne pas être aligné à son poste idéal. Au contraire, il faut apprécier le bonheur de faire partie des onze heureux élus au départ, alors que d'autres, pour des tas de raisons, n'ont pas cette chance au même moment. Voilà pourquoi je ne bouderai jamais mon plaisir en match, quel que soit l'endroit où je suis appelé à m'exprimer. A la limite, je suis prêt à jouer en défense si le coach me le demande. A choisir, je préfère être cependant le plus près possible du but adverse, dans une position qui me permet de me mouvoir en tous sens: soit en décrochage de l'homme de pointe, comme c'est le cas actuellement, soit comme troisième attaquant sur le flanc droit. En revanche, un rôle de demi, sur la même aile, me convient moins bien. Je m'y sens à la fois bridé par la ligne de touche et l'aspect défensif inhérent à cette place. Goran Lovre se débrouille nettement mieux que moi dans ce registre.Vous en êtes à votre troisième saison au RSCA. Etes-vous satisfait du chemin accompli jusqu'à présent?J'aurais tort de me plaindre car il est en tous points conforme à mes prévisions. En arrivant au Parc Astrid, pendant l'été 2000, mon premier objectif consistait à m'acclimater à mon nouveau cadre. J'avais déjà réussi au-delà des espérances, cette année-là, dans la mesure où Aimé Anthuenis avait fait davantage appel à moi que prévu. Le propos, durant ma deuxième saison, consistait à augmenter mon quota de rencontres avant de faire figure de valeur sûre. Je pense y être arrivé progressivement. Pendant tout ce temps, j'ai le sentiment d'avoir étoffé mon registre aussi: j'ai appris à jouer de façon plus collective, même si je suis encore capable de me bonifier en la matière. Et, par rapport à mes débuts, je marque déjà plus facilement aussi, même si je n'ai pas le même instinct du but que Nenad Jestrovic. Je me surprends en tout cas à inscrire des goals qui auraient été impensables, pour moi, voici quelques années. Comme cette réalisation de la tête au Lierse, récemment. Mais je peux encore mieux faire. Si je suis parvenu à scorer deux fois contre le Real Madrid, il n'y a pas de raison que je ne trompe pas plus souvent la vigilance d'un gardien en Belgique.Manchester UnitedJ'ai voulu accomplir ce geste fort pour exprimer tout simplement ma gratitude envers le Sporting. Par rapport à certains de mes frères de couleur, qui n'ont pas toujours été considérés comme ils auraient dû l'être, j'ai eu la chance depuis mon arrivée en Belgique d'avoir toujours été traité de manière on ne peut plus correcte. Je n'oublierai jamais le soutien que la direction du club m'a apporté alors qu'elle aurait dû logiquement m'en vouloir après que j'eus tour à tour pété les plombs lors de matches contre St-Trond et Beveren, avec chaque fois une lourde suspension à la clé. Depuis plusieurs mois, des tractations étaient en cours concernant la reconduction de mon contrat. Et nous étions proches d'un accord quand l'intérêt s'est subitement accrû pour moi. Peut-être les dirigeants anderlechtois ont-ils eu peur que je fasse volte-face suite à l'entrée en scène de Manchester United? Mais ma décision était déjà prise à ce moment: je voulais jurer fidélité au RSCA et pour prouver que je ne suis pas un ingrat, j'ai signé le jour précédant notre déplacement au Lierse. C'était symbolique, c'est vrai. Après avoir éconduit le club anglais, ne vous dites-vous pas que votre chance est peut-être définitivement passée chez les Red Devils?Je n'ai pas cette impression. Alex Ferguson ne s'est pas déplacé pour rien au Lisp puisqu'il m'a quand même vu inscrire un chouette but (il rit). Je me dis que si je continue à me montrer à la hauteur, Manchester United ou un autre grand nom du football européen sera immanquablement intéressé par mes services. Et, pour ces entités-là, le prix ne constitue jamais une pierre d'achoppement, aussi élevé soit-il. Ce qu'Alin Stoica a fait l'été passé, en ne songeant qu'à son intérêt personnel, j'aurais été incapable de le faire, honnêtement. Si je quitte un jour le Sporting, je veux que ce soit par la grande porte et non par une issue dérobée. Ce jour-là, je me fais fort que toutes les parties concernées feront une bonne affaire: le club acquéreur, le RSCA, mon homme de confiance et moi-même. Ce n'est que dans ces conditions que je ferai mes adieux ici, c'est clair. Et si Manchester United est toujours intéressé à ce moment-là, je ne dis pas non. Même si mon club favori, au Royaume-Uni, est Arsenal, en raison de la double présence là-bas de mon meilleur ami, Kolo Touré et de mon idole, Dennis Bergkamp. A mes yeux, le Hollandais est le meilleur attaquant au monde. Kolo TouréIl est évident que j'aurais préféré le compter parmi mes coéquipiers aujourd'hui car je considère Kolo vraiment comme un frère, même s'il n'y a aucun lien de parenté entre nous. En fait, notre complicité remonte à une dizaine d'années déjà car nous faisions partie, tous deux, de la première promotion de l'Académie mise sur pied par Jean-Marc Guillou, à Abidjan. Les dernières recrues beverenoises font partie de la quatrième génération déjà. Comme quoi le temps passe vite, même si je n'ai que 22 ans. Je pense qu'au même titre que moi, Kolo aurait eu un formidable rôle à jouer au sein d'une équipe anderlechtoise où les cadres ont été singulièrement rajeunis ces derniers mois. Mais je me mets à la place des recruteurs : il y a tant de bons joueurs en Côte-d'Ivoire qu'il n'y a pas moyen de les embrigader tous. A moins de s'appeler Beveren, bien sûr (il rit).Ou Lokeren, dans une moindre mesure. A ce propos, le week-end prochain sera placé sous le signe des retrouvailles avec les Ivoiriens de Daknam. Que vous inspirent-elles?Beaucoup de respect. Je me dis souvent que si je joue en Belgique aujourd'hui, j'en suis redevable à tous ces Africains qui ont fait office de pionniers au Pays de Waes. Et je songe en premier lieu à mon compatriote Patrice Zéré. Pour nous, il fait quelque peu office de parrain. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'on le surnomme le "Président", à l'image de ce que Laurent Blanc représente pour l'équipe de France. Mais pour pompeux que soit son titre, ma lutte face à lui ou son compère Lezou Doba n'en sera pas moins âpre pour autant. Les matches qui opposent les Ivoiriens ne manquent jamais de piment. La première fois que vous vous êtes retrouvé face à vos compatriotes, à Beveren, Zézéto et vous aviez rivalisé de savoir-faire technique Plus tard, à Anderlecht cette fois, un duel musclé avec Arsène Né vous avait valu d'être expulsé du terrain par Serge Gumienny. A quand un match normal entre vous?Je ne pense pas que ce sera possible un jour (il rit). Dans ces matches-là, on a tous tellement envie de prouver l'étendue de nos qualités qu'on en remet une couche, dans le bon ou, parfois, le mauvais sens. Il n'en allait déjà pas autrement quand nous fréquentions tous l'Ecole de football de Sol-Béni. C'était dur mais jamais très méchant, à l'image des matches entre les sélections africaines, où tout le monde se rentre dedans pendant la rencontre avant de se serrer la main sitôt la partie terminée. Moi, j'aime cet esprit, comparable à ce qui se passe sur les terrains, en Angleterre, où les joueurs se livrent toujours un combat rude mais loyal. C'est ainsi que je l'entends moi-même. N'y a-t-il tout de même pas eu un soupçon de comédie, de votre part, sur la phase qui a valu récemment au Standardman Onder Turaci d'être renvoyé aux vestiaires après un duel avec vous?J'aurais pu ne pas tomber, je l'admets. Mais en essayant vaille que vaille de retrouver l'équilibre après avoir été légèrement déséquilibré, en pleine course, par mon adversaire, je lui aurais probablement permis de me rattraper. Or, il y avait bel et bien faute sur moi. Si je ne m'étais pas écroulé, l'arbitre aurait peut-être laissé l'avantage, alors que j'étais quand même déstabilisé sur cette action. En tombant, il fallait bien qu'il siffle la faute. Le malheur aura voulu, pour mon opposant, qu'il n'y avait plus personne pour le couvrir et que la sanction la plus sévère s'imposait. C'est la règle et il s'agit de l'accepter. Moi, par contre, j'ai déjà été exclu pour moins que ça dans ma carrière.Vos trois renvois, en Belgique, étaient dus à des réactions épidermiques: face à Björn De Coninck, en Supercoupe de Belgique, devant Philippe Lenglois contre St-Trond et Arsène Né face à Beveren. Depuis lors, malgré l'acharnement de quelques-uns sur vous, vous vous êtes toujours contrôlé. Les leçons auraient-elles porté leurs fruits?J'avais intérêt à me racheter une conduite, dans la mesure où j'ai quand même écopé d'un sursis de six matches suite à mon dernier renvoi. C'est promis, on ne m'y reprendra plus. De toute façon, j'ai un ange gardien : mon frère Yakub, qui est décédé de la malaria en janvier passé. Il était tellement fier de moi que j'entends honorer sa mémoire de la meilleure manière qui soit: en me montrant irréprochable sur le terrain. Bruno Govers"Je voulais rester à Anderlecht: je ne suis pas un ingrat""Ma place favorite? Attaquant si possible. Autrement: sur le terrain"