Anderlecht s'est qualifié pour les quarts de finale de la Coupe de Belgique en battant le FC Dender 5-2. C'est essentiel pour un club éliminé de la scène européenne qui a reporté ses ambitions sur le doublé. Mais, en dépit des apparences, les Mauves ne doivent pas tirer une gloriole excessive de leur match contre les Flandriens. Car si le gardien Thierry Coppens ne s'était pas blousé sur une passe en retrait, alors que le score était de 0-1 en faveur des siens ou si le juge de ligne n'avait pas annulé un but parfaitement valable des visiteurs au moment où la marque affichait 2-1 pour l'équipe locale, jamais le Sporting n'aurait obtenu un succès aussi aisé.
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Anderlecht s'est qualifié pour les quarts de finale de la Coupe de Belgique en battant le FC Dender 5-2. C'est essentiel pour un club éliminé de la scène européenne qui a reporté ses ambitions sur le doublé. Mais, en dépit des apparences, les Mauves ne doivent pas tirer une gloriole excessive de leur match contre les Flandriens. Car si le gardien Thierry Coppens ne s'était pas blousé sur une passe en retrait, alors que le score était de 0-1 en faveur des siens ou si le juge de ligne n'avait pas annulé un but parfaitement valable des visiteurs au moment où la marque affichait 2-1 pour l'équipe locale, jamais le Sporting n'aurait obtenu un succès aussi aisé. Frankie Vercauteren le reconnaissait : " Je tire mon chapeau à l'adversaire, qui a crânement joué sa chance et nous a mis en difficultés à plusieurs moments, surtout lors du début de la partie. Sur les plans collectif et individuel, le FC Dender a davantage répondu à l'attente que nous. Malgré nos imperfections, je me console en observant que nous avons quand même scoré à 5 reprises et que nous avons franchi sans encombres le premier écueil après la trêve. Ces dernières années, les matches de reprise avaient souvent tourné en eau de boudin : je préfère oublier les petits déchets et savourer pleinement cette qualification ". Il a raison : depuis 1997, année de son ultime participation en finale (défaite 2-4 contre le Germinal Ekeren), le Sporting n'a plus fait que de la figuration en Coupe de Belgique, épreuve qu'il a remportée pour la dernière fois en 1994 ! Le déplacement au Staaienveld coïncide avec la reprise des activités au RSCA après la trêve hivernale, comme cette année face au FC Dender. A cette nuance près que la fin du premier tour a été mouvementée au Parc Astrid : le coach René Vandereycken a été prié de céder sa place à Arie Haan en raison d'un manque flagrant de résultats. A l'occasion de ses débuts en Coupe de Belgique, le Hollandais ne parvient pas à stopper l'hémorragie. Bart Goor : " Je venais de débarquer au Sporting et, en tant qu'ancien du Racing Genk, je pensais avoir tout vécu lors des fameux derbies limbourgeois contre les Canaris. Mais je me trompais. Entre Saint-Trond et les Bruxellois, il n'était pas question de rivalité mais de haine. Du jamais vu sur le terrain ! Nous n'avions pas fait grand cas de cette élimination pour autant. L'essentiel était de redresser la barre après une entame de championnat désastreuse. Les premiers matches en janvier furent laborieux avec des nuls successifs contre l'Antwerp, chez nous, et au RWDM. Mais après avoir battu le Standard 2-0 lors de la 22e journée, nous étions lancés. Au bout du compte, l'équipe est parvenue à arracher un passe-droit en Coupe de l'UEFA en s'imposant sur le fil à Beveren grâce à un but de Gaston Taument. C'était le plus important ". La valse des entraîneurs continue à Anderlecht. Cette fois, c'est le regretté Jean Dockx qui est appelé à prendre le relais d'Arie Haan après un piètre 2 sur 15 en championnat, dont une défaite historique par 6-0 à Westerlo. Avec son nouveau mentor, secondé par Vercauteren, le Sporting réalisera un 68 sur 87 en championnat, avec des succès probants au Standard (0-6) et au Racing Genk, futur champion (2-5). Mais face au FC Denderleeuw, honnête pensionnaire de D2, l'aventure en Coupe de Belgique tourne court le 18 octobre 1998. Enzo Scifo (retraité) : " Jean venait de reprendre en main une formation moribonde, à ce moment-là, et il ne fallait pas attendre des miracles du jour au lendemain, même si nous avions hérité d'un tirage favorable. J'avais marqué le premier but égalisateur ce jour-là et, à peine le ballon remis en jeu, Tomasz Radzinski nous avait permis de prendre l'avance. En cours de prolongation, Pär Zetterberg nous replaça aux commandes, sur penalty, mais le Nigérian Keïode Keshinro était dans un jour de grâce et ramena la parité à la marque. Finalement, les Flandriens obtinrent un succès mérité lors des penalties. Pour nous, cette défaite fut peut-être salutaire car après avoir été évincés au préalable par le Grasshopper Zurich en Coupe de l'UEFA, nous n'avions plus que le championnat pour sauver notre saison. Nous avons terminé à 3 points de Genk et 2 du Club Bruges mais si le championnat avait duré trois journées de plus, nous aurions été premiers. Anderlecht n'a plus jamais aussi bien joué que durant le deuxième volet de cette campagne 1998-99 ". Avec 20 unités sur les 24 premières mises en jeu en championnat, Anderlecht, drivé cette fois par Aimé Anthuenis, caracole largement en tête de la D1. Les seuls points perdus le sont à Lommel ainsi qu'au Germinal Beerschot. En principe, le Sporting ne doit faire qu'une bouchée du KSV Ingelmunster, modeste sociétaire de l'antichambre de l'élite, lui aussi, qui se dresse sur sa route à la mi-octobre 1999. Mais après avoir été rejoint sur le fil lors des 90 minutes initiales, il encaisse 3 autres buts sur des contres habilement menés. Bertrand Crasson (retraité) : " Tomasz Radzinski nous avait portés aux commandes après 7 minutes de jeu à peine et nous avions eu le tort de vouloir gérer tranquillement notre courte avance. En réalité, la plupart des regards étaient alors déjà tournés, chez nous, vers le FC Bologne, qui devait nous donner la réplique quelques jours plus tard au Parc Astrid, au 3e tour de la Coupe de l'UEFA. Auparavant, nous avions sorti les Islandais de Leiftur 6-1, 0-3 et les Croates de l'Olimpija Ljubljana 3-1 et 0-3. Forts de ces résultats et de notre position de leader en championnat, nous avions sans doute péché par présomption contre les Flandriens, qui nous ramenèrent les pieds bien sur terre ce soir-là. Idem pour notre adversaire italien qui, après avoir perdu 2-1 sur nos terres, s'imposa 3-0 chez lui. Du coup, la concentration fut toujours présente lors de nos matches de championnat et nous avions d'ailleurs clôturé l'exercice avec 75 points, soit 8 de plus que le Club Bruges, deuxième ". Après avoir bouté hors de l'épreuve Harelbeke en 1/16e de finale et La Gantoise au stade suivant, les deux fois sur son terrain, le Sporting est évincé en quarts de finale au Kiel. Ce match de rentrée programmé le 24 janvier a été fatidique à des Mauves qui couraient trois lièvres : le championnat, où ils avaient viré en tête, la Coupe de Belgique ainsi que la Ligue des Champions où ils étaient toujours en course avec, dans le collimateur, une double confrontation contre Leeds United. Zvonko Milojevic : " J'avais été amené à remplacer Filip De Wilde, victime d'une blessure à la voûte plantaire, et, en guise de début dans cette compétition, j'étais servi ! Jusqu'alors, l'équipe avait toujours été fixée sur son sujet mais ce soir-là, les esprits étaient ailleurs. Et plus particulièrement vers les deux autres épreuves où nous étions plutôt bien engagés. Les joueurs anversois, eux, étaient surmotivés à l'idée de se payer notre scalp devant leur public. Et plus particulièrement Marc Degryse qui avait fait les beaux jours du RSCA en son temps. C'est lui qui fut à la base de deux caviars pour Moumouni Dagano, le troisième but étant l'£uvre d' Alexandar Mutavdzic. Aussi étrange qu'il n'y paraisse, de tous les Sportingmen, c'est moi qui avais touché le plus souvent le ballon ce soir-là. C'était pas vraiment normal ". Le RSCA n'aurait pu rêver de meilleure entrée en matière en Coupe : après un quart d'heure de jeu à peine, le score est de 3-0, ce 17 novembre 2001, face à Lokeren. Par l'entremise de Petter Rudi d'abord, puis de Runar Kristinsson, les Waeslandiens ramènent le score à 3-2 à la mi-temps, avant de renverser complètement la vapeur grâce à de nouvelles réalisations de Patrick Zoundi et Sambegou Bangoura après la pause. Gilles De Bilde (retraité) : " C'est invraisemblable : de mémoire de joueur, je n'avais jamais connu pareille entame de match. Chaque action, en début de partie, s'était soldée par un but : de la part d' Ivica Mornar en premier lieu, puis de Walter Baseggio, suivi par un nouveau goal de l'attaquant croate. A 3-0, on a tous cru que le match était plié et on a levé le pied. Fâcheuse erreur, évidemment. Malgré le sermon d' AiméAnthuenis à la mi-temps, qui ne voulait absolument pas perdre face à ses anciennes couleurs, nous étions complètement groggy et incapables de faire front. Pourtant, cette Coupe de Belgique constituait l'occasion idéale pour nous racheter car environ deux semaines plus tôt, nos dernières illusions européennes s'étaient envolées, en Ligue des Champions, à l'AS Rome après une sévère déroute préalable, sur notre terrain, face au Lokomotiv Moscou : 1-5 ". Avant d'être évincé au Staaienveld en quarts, le Sporting était déjà passé sous les fourches caudines au stade précédent : ce n'est que lors de l'ultime minute de jeu que Nenad Jestrovic avait signé le but de la victoire contre le FC Turnhout (2-1). A Saint-Trond, Nicky Hayen annihile après quelques minutes de jeu à peine la courte avance que les Mauves s'étaient concoctée à l'aller par le biais d' Ivica Mornar. Il faut en définitive recourir aux tirs au but pour départager les deux équipes et, à ce petit jeu, les Canaris s'imposent par 4 à 3. Daniel Zitka : " L'idée était d'inscrire rapidement un but à Saint-Trond afin d'être sur du velours. En lieu et place, ce sont les Canaris qui avaient immédiatement résorbé leur retard. Après coup, aucune des formations ne voulut plus s'engager à fond. De notre côté, nous avions peur d'un deuxième but fatidique et, dans le camp local, les joueurs songeaient surtout à ne pas se découvrir. Aux tirs au but, les Trudonnaires profitèrent de l'ambiance hostile pour s'imposer. Ki-Hyen Seol et Glen De Boeck, qui en avaient pourtant vu d'autres, s'étaient complètement plantés sur leurs tentatives. Avec l'appui de ce même public, en revanche, les Canaris avaient manifestement des ailes. Je me souviens que le tir au but décisif fut l'£uvre de Thomas Caers. Nous n'avions plus que nos yeux pour pleurer ". Le tirage au sort est des plus favorables pour le RSCA qui rencontre d'abord le FC Brussels (encore en D2 : 1-5), puis l'Antwerp (4-2). En quarts, la chance sourit à nouveau aux Bruxellois avec un aller et retour face à Heusden-Zolder (2-3 et 0-0). Dans le dernier carré, les Sportingmen sont toujours aussi vernis en héritant de Beveren. Mais, contre toute attente, la colonie ivoirienne du Freethiel s'impose sur l'ensemble des deux matches. Aruna Dindane (Lens) : " En toute logique, nous aurions dû mettre un terme à des années de disette. Mais ce Beveren-là avait encore de l'allure avec, dans ses rangs, des gars comme le GunnerEmmanuel Eboué, Arthur Boka (Strasbourg), Marco Né (Olympiacos), Igor Lolo (G. Beerschot), Moussa Sanogo (Brussels) et N'dri Koffi Romaric (Le Mans) , pour ne citer qu'eux. De plus, Barry Boubacar Copa fut à deux reprises dans un jour de grâce. Aujourd'hui encore, je me demande toujours comment, au Freethiel, il est parvenu à sauver à deux reprises un but tout fait de Nenad Jestrovic. C'est lui qui orienta les débats ". A la faveur de son entrée en matière dans l'épreuve, Anderlecht a à nouveau souffert mille morts en gagnant de justesse à Bocholt, modeste club de D3 : 2-3. En huitièmes de finale, c'est Genk qui se dresse sur la route du Sporting et celui-ci est contraint de courber l'échine. Ironie du sort, c'est l'ancien Sportingman Tom Soetaers qui montre la voie à suivre à ses coéquipiers ce soir-là. Pär Zetterberg (retraité) " On sortait d'une préparation éprouvante aux Canaries et notre première sortie après la trêve, contre Mouscron, n'avait déjà pas été fameuse malgré un succès 2-0. Au stade du Phénix, on a tout simplement poursuivi sur cette lancée plus qu'approximative. Après qu' Orlando Engelaar eut porté le score à 2-1 à 20 minutes du terme, le coach, Hugo Broos, décida faire monter tour à tour Jonathan Legear et moi-même sur le terrain. Mais il était déjà trop tard et l'équipe locale remporta une victoire tout à fait méritée. Nous allions poursuivre la série noire par un nul à Saint-Trond peu après. Au lieu d'être revigorés, nous étions engourdis après la trêve, ce qui est quand même paradoxal ". Personne ne donne cher des chances du Verbroedering Geel, malmené en D2, quand il se présente le 11 novembre 2005 au Parc Astrid pour le premier tour. Mais un Anderlecht particulièrement amorphe ne parvient pas à tromper la vigilance du club campinois. Pire : lors de l'épreuve des tirs au but, le jeune Cheikh Tioté bute sur le portier adverse. Une triste soirée pour le Sporting et l'Ivoirien, qui avouera ne plus jamais vouloir tirer de péno. Besnik Hasi (Lokeren) : " Pour la énième fois, l'aventure en Coupe de Belgique était terminée avant même qu'elle n'ait réellement commencé. Pourtant, nous étions avertis puisque nous avions été malmenés auparavant par des clubs du même calibre comme Turnhout ou Bocholt. Afin d'éviter tout laisser-aller coupable, le staff technique avait accordé une chance à des garçons peu souvent utilisés, comme Fabrice Ehret ou Grégory Pujol avec l'espoir qu'ils saisissent leurs chances. Mais quand le reste ne suit pas, c'est évidemment peine perdue. Le plus regrettable, tout bien considéré, c'était encore le tir au but manqué du jeune Tioté, qui effectuait ses grands débuts. Hasard ou non mais on n'a plus jamais entendu parler de lui depuis lors ". BRUNO GOVERS