Le vent a tourné au-dessus de Sclessin et on devine que le temps est à nouveau à la performance sportive, à l'Europe que les Rouches retrouvent après six ans d'absence. On avait craint le pire au niveau de la gestion de l'image de marque du club avec un Costantin peu communicatif, glacial avec les supporters, mal à l'aise dans son discours à l'égard de la presse, toujours débordé, incapable d'orchester de bonnes relations avec un Dialogic probablement étonné par les habitudes du monde du football que cette société bruxelloise de management et de communication ne connaissait pas bien. Havas a pris le relais et ...

Le vent a tourné au-dessus de Sclessin et on devine que le temps est à nouveau à la performance sportive, à l'Europe que les Rouches retrouvent après six ans d'absence. On avait craint le pire au niveau de la gestion de l'image de marque du club avec un Costantin peu communicatif, glacial avec les supporters, mal à l'aise dans son discours à l'égard de la presse, toujours débordé, incapable d'orchester de bonnes relations avec un Dialogic probablement étonné par les habitudes du monde du football que cette société bruxelloise de management et de communication ne connaissait pas bien. Havas a pris le relais et Robert Louis-Dreyfus a usé de ses relations afin de finaliser des contacts que Louis Smal avait noués il y a un peu plus d'un an avec ISF France, repris depuis lors par Havas. Avec le temps, il s'avère que Costantin et Smal sont complémentaires. C'est comme la crêpe flambée: Alphonse, c'est la glace, Louis le Grand Marnier ou le pékêt qui réchauffe le coeur des supporters liégeois dont il s'occupe de plus en plus. Il fallait bien que quelqu'un le fasse et Smal a des tas d'idées afin de multiplier les contacts avec eux. Sur le plan du sport proprement dit, le Standard monte en puissance. Les Liégeois visaient la troisième place et l'ont obtenue. Cela pourrait être le déclic car ils ont vaincu la poisse, le signe indien qui voulait que les Rouches échouent chaque fois sur le fil (deux défaites lors des deux dernières finales de Coupe de Belgique) et cette qualification pour la Coupe de l'UEFA détendra l'atmosphère.Cela faisait trois ans que le Standard vivait avec ses frustrations. A la longue, cela peut user. Tomislav Ivic a indiscutablement reconstruit un ensemble avec peu de hauts et beaucoup de bas en trois ans mais a remis un beau train à Michel Preud'homme qui a su le garder sur les rails. L'express de Sclessin est enfin entré en gare européenne mais, même si elle n'a pas le même prestige que la Ligue des Champions, la Coupe de l'UEFA vit aussi à l'heure du TGV. Le noyau actuel doit donc être préservé en gros, renforcé dans différents secteurs afin d'aborder l'avenir avec confiance. Le chef de gare liégeois, Luciano D'Onofrio, sait qu'il devra augmenter la puissance de sa locomotive, prévoir quelques tanders, etc. Or, le retour du Standard a attiré tous les regards. Deux anciens Rouches ont réussi en Allemagne : Wilmots hier et Emile Mpenza aujourd'hui sous les couleurs de Schalke 04. D'autres clubs viendront faire leur marché au Standard. Van Buyten pèsera bientôt très lourd sur le marché des transferts. Mornar est courtisé tout comme Aarst et Dragutinovic. Mais c'est peut-être Runje qui subira la plus grosse pression. Tapie en serait fou et le voudrait à tout prix. Marseille a besoin d'un grand gardien de but comme de rouille dans une bonne bouillabaisse. Le business, c'est le business mais le Standard ne peut pas être désossé sous peine de perdre le fruit de sa réussite actuelle. Les Liégeois ont retenu des leçons de leur passé. Ainsi, ils s'intéressent plus activement au marché belge. Les joueurs de chez nous ou les étrangers ayant déjà fourbi leurs armes dans un autre club belge s'adaptent facilement. La preuve par Van Buyten, Wuillot, Dragutinovic, Aarst, Harold Meyssen, etc. Pierre Bilic