La nouvelle a été éclipsée par la fièvre du Tour des Flandres. La semaine dernière, le substitut de la république allemande allemand Fred Apostel a pourtant fait une déclaration importante. Les tests ADN ont apporté la preuve irréfutable que neuf des poches de sang confisquées au docteur Eufemiano Fuentes venaient de Jan Ullrich.
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La nouvelle a été éclipsée par la fièvre du Tour des Flandres. La semaine dernière, le substitut de la république allemande allemand Fred Apostel a pourtant fait une déclaration importante. Les tests ADN ont apporté la preuve irréfutable que neuf des poches de sang confisquées au docteur Eufemiano Fuentes venaient de Jan Ullrich. L'Allemand est donc le premier coureur dont on peut affirmer avec certitude qu'il a eu recours au dopage, même si ses avocats sont d'un avis différent. L'un d'eux a déclaré qu'on avait peut-être manipulé les échantillons d'ADN, un autre a fait plus fort. " Même si on a trouvé du sang de mon client chez Fuentes, cela ne prouve pas qu'il s'est dopé ", a déclaré Peter-Michael Diestel. " Moi-même, j'ai fait stocker mon sang à plusieurs endroits différents. J'ai un médecin à Rostock, un à Berlin... " L'explication est ridicule mais Diestel marque quand même un point. Juridiquement, cet échantillon ADN ne prouve pas grand-chose dans l'affaire Fuentes. La loi espagnole comporte trop de lacunes pour qu'une condamnation soit possible. Balancer les informations à la presse semble constituer une sanction plus efficace. C'est davantage la version moderne du carcan qu'un exemple de jugement. Quoi qu'il en soit, l'équipe Volksbank ne veut plus qu'Ullrich s'occupe de ses relations publiques. Les associations des équipes professionnelles ont demandé que tous les coureurs cités fassent comparer leur ADN aux poches de sang détenues par Fuentes. Ce serait une manière de mettre fin à l'affaire. Les coureurs dont on saurait qu'ils ont triché deviendraient persona non grata auprès des sponsors et disparaîtraient sans doute par la petit porte. Il n'empêche que l'impossibilité de respecter une procédure judiciaire normale reste un scandale. Certains coureurs refusent obstinément de fournir un échantillon ADN et nul ne peut les y contraindre. Il revient à leurs équipes de faire preuve de l'autorité nécessaire, en espérant que l'éthique sportive prenne le pas sur les intérêts commerciaux - sans nourrir trop d'illusions. Une rumeur incroyable circule dans le peloton, pour le moment : Fuentes, le gynécologue et expert ès dopage qui était le personnage central du dossier ibérique de dopage sanguin, a repris ses activités comme si de rien n'était. Patrick Lefevere exige que l'UCI enquête de toute urgence sur les activités actuelles du médecin.