Dimanche prochain, Lokeren accueillera Anderlecht dans le cadre de la 28e journée du championnat. Une confrontation qui aura, comme de coutume, une saveur toute particulière pour Olivier Doll qui a quand même joué dix ans au Sporting. Mais cette fois, tout porte à croire que la visite des Mauves revêtira pour l'ex-international une dimension plus particulière encore. C'est qu'à près de 36 ans, il pourrait bel et bien en aller là des dernières retrouvailles avec le RSCA...
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Dimanche prochain, Lokeren accueillera Anderlecht dans le cadre de la 28e journée du championnat. Une confrontation qui aura, comme de coutume, une saveur toute particulière pour Olivier Doll qui a quand même joué dix ans au Sporting. Mais cette fois, tout porte à croire que la visite des Mauves revêtira pour l'ex-international une dimension plus particulière encore. C'est qu'à près de 36 ans, il pourrait bel et bien en aller là des dernières retrouvailles avec le RSCA... Olivier Doll : Je me tâte. Un an, c'est beaucoup à un âge canonique comme le mien. Pourquoi ne pas l'avouer : je reste sur une bonne campagne et il serait dommage de gâcher cette impression. Pour le moment, c'est du 50-50. Beaucoup dépendra de mon état physique et mental en fin de championnat. A l'heure où je vous parle, tout se passe bien. Mais un accroc est vite arrivé. Je suis bien placé pour le savoir car les blessures ont quand même entravé ma carrière. Mon choix ne dépendra que de ma volonté. L'équité commande toutefois de dire que je dois une fière chandelle à cet entraîneur. S'il n'avait pas remplacé Slavoljub Muslin, j'aurais déjà raccroché les crampons depuis un bon bout de temps. Il n'y avait tout simplement pas d'atomes crochus entre le Serbe et moi. Pour lui, il n'y avait pas d'exceptions. Tous les joueurs étaient logés à la même enseigne. Avec son successeur, c'est différent. Celui-ci comprend qu'un arrière de 35 ans n'a pas besoin d'être soumis au même programme qu'un attaquant accusant à peine la vingtaine. En tant qu'ancien défenseur de haut niveau lui-même, Mac the Knife a toujours su trouver les mots justes pour moi... A une exception près : Jean Dockx. Il n'avait franchement pas son pareil pour faire passer un message. Quand il me disait : - Il était vraiment bon ton homme, hein Oli ?, j'avais parfaitement compris. Et il trouvait toujours des phrases-chocs pour chacun. Il est dommage qu'il n'ait pas voulu rester à la tête de l'équipe fanion du Sporting. Sans quoi, le football-champagne ne se serait pas limité à deux matches d'exception : le 0-6 au Standard et le 2-5 contre Genk en fin de championnat 1998-99. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il avait remarquablement défriché le terrain pour Aimé Anthuenis. Disons qu'on a mis du temps à s'apprécier. J'ai très rapidement compris que je n'allais pas faire figure de priorité à ses yeux. J'étais relégué au rang de deuxième, voire troisième garniture. Au lieu de pester, j'ai pris mon mal en patience. Je savais que tôt ou tard il finirait par avoir besoin de moi. Et il fallait, évidemment, que je marque des points le jour J. Sans vouloir me pousser du col, je pense avoir répondu à l'attente à diverses occasions. Je me souviens notamment d'une rencontre au Standard où, sans la moindre préparation, j'avais dû tenir Emile Mpenza. Ou encore d'un match de Ligue des Champions face à la Lazio Rome où Aleksandar Ilic et moi avions formé la paire centrale en défense avec un seul match en commun dans les jambes, face à La Louvière. Face aux Italiens, on l'avait emporté par 1-0 au Parc Astrid et j'entends encore le Serbe me dire, à l'issue des 90 minutes : - Yeah Oli, we did it ! Car lui aussi avait la très nette impression d'avoir été envoyé carrément au casse-pipe ce soir-là. Pour moi, cette rencontre aura constitué un tournant dans ma relation avec le coach. Il a clairement vu qu'il pouvait compter sur moi à tout moment et à partir de là, il y a eu une grande estime mutuelle. Je n'oublierai jamais qu'Anthuenis a insisté auprès de la direction du club pour que je rempile, après coup. Sans compter qu'à l'époque de son mandat comme sélectionneur, il m'a appelé chez les Diables Rouges. Non, pas le moindre. J'ai peut-être joué de malchance à certains moments mais c'est la vie et il faut pouvoir l'accepter. Idem pour l'étranger : je n'y étais sûrement pas insensible mais ça ne s'est pas fait, faute d'opportunités aux bons moments. Au lieu de me lamenter sur ce que je n'ai pas eu, je préfère de loin retenir le vécu que j'ai emmagasiné durant toutes ces années. Par là, j'entends non seulement les trophées glanés mais également les liens qui se sont tissés, voire les ambiances enfiévrées. J'ai par exemple toujours aimé évoluer dans une ambiance hostile. Comme au Standard. Sentir le souffle de l'adversaire et du public de Sclessin dans ma nuque m'a toujours transcendé. En revanche, je n'ai jamais ressenti les mêmes sensations au Club Bruges. Peut-être parce qu'on y jouait le plus souvent le dimanche. Et à 13 h de surcroît... Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai jamais aimé les matches en journée. Quelques-uns me laissent de très mauvais souvenirs. Comme les visites à Harelbeke, entre autres. J'y étais toujours opposé à Joris De Tollenaere, un véritable poison. Avec sa vitesse, il m'en faisait toujours voir de toutes les couleurs. Le meilleur c'était quand même Simon Tahamata. En demi-finales de la Coupe de Belgique 1994-95, il avait largement contribué à la victoire par 4-0 du Germinal Ekeren face à nous. Ce jour-là, au même titre que mes partenaires de la défense Bertrand Crasson, Georges Grün et Graeme Rutjes, je me suis senti complètement démuni face à lui. Je pense que tous, au fond de nous-mêmes, nous éprouvions du respect et de l'admiration pour un joueur qui était quasiment quadragénaire à cette époque. Je retiens trois noms. Joao Carlos d'abord, avec qui j'ai débuté à Lokeren en 2004. Après une séance de préparation à peine, j'avais compris qu'on était faits pour s'entendre. Et cette complicité s'est bel et bien vérifiée l'espace de quatre ans. Il n'y avait probablement pas plus complémentaires que nous en Belgique. Je ne suis pas étonné de sa réussite à Genk. Ce qui m'interpelle au plus haut point, par contre, c'est qu'un élément de sa trempe n'ait pas abouti à Anderlecht. Avec lui, il n'y aurait pas photo en ce qui concerne la victoire en championnat. Le Sporting l'emporterait haut la main. Depuis le départ de Nicolas Pareja, les Mauves n'ont plus de patron à l'arrière. Hannu Tihinen en était un autre. Personnellement, je conserve un bon feeling de ma collaboration avec Glen De Boeck. Après le Brésilien, c'est avec lui que j'ai eu le plus d'atomes crochus. En troisième lieu, je citerai un collègue que j'ai côtoyé en tout début de carrière à Seraing : Yves Vanderveeren. Je lui dois une fière chandelle car il a contribué à me calmer. En ce temps-là, il est vrai que j'étais encore un peu chien fou. Je sautais sur tout ce qui bougeait ( il rit). A Anderlecht, je me suis heureusement mué en chien de garde tout court. Mais il m'a quand même fallu un peu de temps. Je me rappelle que durant ma première campagne, en 1994-95, j'avais déjà écopé d'une journée de suspension après quatre rencontres à peine. C'était une bonne leçon et je me suis assagi par la suite. Si j'ai une fierté, c'est de ne jamais avoir blessé un adversaire. Sauf mon ex-pote chez les jeunes Sérésiens, Axel Lawarée, dont le nez a rencontré un jour mon coude... C'est flatteur. Comme lui, je n'étais sûrement pas le plus doué de ma génération. Si je suis arrivé loin, et que je me suis inscrit dans la durée, c'est parce que j'ai su exploiter mes qualités et gommer mes défauts. Si je ne me trompe pas, il avait 36 ans au moment de mettre un terme à sa carrière. Inutile de dire que je signe à deux mains pour goûter à une reconversion aussi réussie que la sienne.par bruno govers