Le coup est à nouveau passé tout près! Dans son premier match contre une équipe du premier tiers du classement, Mons a fait mieux que se défendre. Pendant trois quarts d'heure, on a vu des Anderlechtois complètement impuissants qui se cassaient systématiquement les dents sur l'organisation hennuyère. Chaque trou était parfaitement bouché et le nul était logique à la rentrée aux vestiaires.
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Le coup est à nouveau passé tout près! Dans son premier match contre une équipe du premier tiers du classement, Mons a fait mieux que se défendre. Pendant trois quarts d'heure, on a vu des Anderlechtois complètement impuissants qui se cassaient systématiquement les dents sur l'organisation hennuyère. Chaque trou était parfaitement bouché et le nul était logique à la rentrée aux vestiaires.Il fallait un but pour débloquer ce match. Il est tombé sur une erreur d'appréciation de Kris Van de Putte. Le gardien montois plaidait partiellement coupable: "J'ai raté ma sortie mais il devait y avoir un défenseur dans la zone d'Ilic". Le goal victorieux des Mauves résulta à nouveau d'une approximation défensive: Van de Putte manque d'autorité dans sa sortie, puis Ciobotariu met fin au cafouillage en glissant le ballon dans son propre but.Mons remportera plus que probablement les trois points du match à Mouscron sur le tapis vert. Mais, sur le terrain, cette équipe attend toujours sa première victoire en déplacement. Elle n'a été enfoncée qu'une seule fois loin de ses bases: à Beveren. Ses autres défaites n'ont été concédées que de justesse, après avoir fait jeu égal avec l'adversaire. C'est prometteur.On retiendra une image forte du match à Anderlecht: la sortie de terrain de Tihinen, le visage ensanglanté après un contact violent avec un coéquipier. Van de Putte (26 ans), lui, s'est sorti sans casse physique de ce match. Il ne peut quand même pas solliciter chaque week-end l'intervention du médecin de l'Albert... Contre Charleroi, 15 jours plus tôt, il avait violemment percuté le poteau de son but et s'était ouvert l'arcade sourcilière! La cicatrice s'atténue de jour en jour."On m'a vraiment fait une belle suture", rigole-t-il. "Je ne compte plus les coups que j'ai pris depuis que je joue au foot. Mais je m'en sors bien. On a dû me mettre trois fausses dents après un accident lors d'un match de Scolaires, mais depuis lors, je n'ai plus rien eu de bien grave".Une note d'humour pour oublier la défaite! Mons va maintenant enchaîner les gros morceaux et on ne prévoit pas de dégâts psychologiques suite au revers de Bruxelles. Ce rendez-vous avec les puncheurs anderlechtois, tous les Montois l'avaient d'ailleurs abordé très sereinement.Kris Van de Putte: C'est très agréable de monter sur le terrain pour un match très médiatisé en étant conscient de n'avoir rien à perdre. J'avais déjà joué plusieurs fois à Anderlecht, avec Ostende et Beveren: chaque fois, je m'étais aligné dans le même état d'esprit détendu. Nous sommes en bonne voie pour atteindre l'objectif fixé avant le championnat: le maintien. Je suppose que Marc Grosjean voit progressivement plus grand. C'est logique. Mais on ne ressent toujours pas de pression particulière. Tout a bien tourné depuis le début et c'est pour cela que nous occupons maintenant un classement inespéré. Il n'y a qu'une chose qui m'inquiète: comment le noyau gèrera-t-il une série de deux ou trois défaites d'affilée? Je pense en tout cas qu'il est trop tôt pour porter un jugement définitif sur notre noyau: nous allons maintenant affronter Genk, Bruges et le Lierse. Après ces trois matches-là, on y verra déjà plus clair. On pourra dire si Mons a une équipe pour le Top 8 ou pour les alentours de la dixième ou onzième place. Personnellement, je suis convaincu que nous valons le Top 8. Nous avons mérité tous les points pris jusqu'à présent. Et nous avons perdu sur le plus petit écart aussi bien à Mouscron qu'à Gand: c'est révélateur."Me lever, manger, m'entraîner, retrouver ma famille: fantastique"Tout à fait. Nous essayons d'être aussi hermétiques en déplacement, mais ça marche moins bien. Pourtant, nous jouons de la même façon. C'est uniquement dû au hasard si nous prenons plus de buts à l'extérieur. Le plus bizarre, c'est que presque tous les buts que nous encaissons viennent du côté gauche. On ne peut pas accuser un joueur ou le système, mais c'est étonnant. Nous y travaillons beaucoup à l'entraînement: nous cherchons à rendre notre flanc gauche plus costaud.Vous n'avez pas raté une seule minute jusqu'à présent, mais une semaine avant le début du championnat, vous n'étiez pas encore sûr de jouer!L'entraîneur avait été clair pendant l'été. Il nous avait expliqué, à Grégory Delwarte et à moi, que nous jouerions en alternance pendant la préparation: chacun deux matches d'affilée. Marc Grosjean avait dit que celui qui serait aligné dans le dernier match amical, contre les chômeurs français, serait titulaire en début de championnat. Quand j'ai vu mon nom au tableau avant ce match-là, j'ai compris qu'il me faisait confiance.Vous avez pris la place du gardien qui a permis à Mons de monter!Je sais, mais c'est le foot. éa ne doit pas être simple à digérer pour Delwarte, mais j'ai connu exactement le même phénomène à Ostende: j'étais titulaire dans l'équipe qui avait forcé la montée, puis Dennis Van Wijk avait aligné Ivan De Corte dès le premier match de D1. C'est la vie.Pour la première fois depuis vos débuts en D1, avec Ostende en 1998, vous pouvez vous concentrer exclusivement sur le football. Comment se sent un gardien professionnel qui sait enfin qu'il sera payé à la fin du mois?C'est une sensation fantastique... Aujourd'hui, j'ai le programme de la plupart des pros: je me lève, je mange, je pars m'entraîner, puis je retrouve ma famille sans devoir me demander si je toucherai mon chèque en fin de mois. Je n'étais pas encore professionnel à Ostende. J'installais des vérandas. Je me levais à 6 heures, je terminais ma journée à 17 heures, je me tapais une heure de route entre Saint-Nicolas et Ostende, je m'entraînais, puis je rentrais à la maison vers 22 heures. C'était très lourd. Je suis devenu professionnel à Beveren mais, là-bas, j'ai souvent dû attendre mon argent. J'ai finalement touché tout ce qu'on me devait, avec pas mal de retard. Au RWDM, je n'ai plus rien touché à partir du mois de mars de cette année. J'ai intenté un procès à Erik De Prins, mais je suis fort sceptique sur la suite des événements.Comment peut-on s'entraîner pendant trois saisons en n'étant pas sûr d'être payé?Il y a des jours où on se demande ce qu'on fabrique sur le terrain. Mais j'ai eu la grande chance de travailler avec Emilio Ferrera à Beveren puis au RWDM. Il trouvait les mots justes pour nous motiver: -Faites-le pour vous et pour un transfert. Ne réfléchissez pas à ce qui vous arrive: pensez à long terme. Des bons matches, ce sont des bons résultats et sans doute un bon transfert au bout du compte. J'ai eu raison de m'accrocher. L'été dernier, j'ai bien cru que j'allais devoir redescendre en D2 ou en D3. Je n'avais reçu que deux offres: de Denderleeuw et de Nieuwkerken. Ce n'était pas folichon et j'aurais dû retourner travailler. J'avais des ouvertures dans la firme spécialisée en vérandas où j'avais bossé autrefois, et dans une imprimerie. Pour moi, ce n'était que transitoire: j'étais bien décidé à prouver que j'avais le niveau de la D1 et à y revenir. Mons m'a finalement contacté une semaine avant la reprise des entraînements: c'était inespéré. "Pfaff n'est pas un comédien; il suscite simplement la jalousie"C'est l'entraîneur idéal. Le Lierse n'a pas de problèmes extrasportifs et Emilio prouve là-bas qu'il peut faire encore mieux qu'à Beveren ou au RWDM. Je n'avais jamais vu un coach aussi passionné par son métier. J'en ai connu qui arrêtaient de penser au football dès qu'ils quittaient le stade. Gzil, par exemple. Emilio, lui, continue à bosser. Au RWDM, il s'enfermait dans son bureau, entre les entraînements, pour visionner des cassettes de l'adversaire du week-end. Toujours à la recherche de la moindre faiblesse que nous pourrions exploiter. Aujourd'hui, Marc Grosjean me fait penser à Emilio: c'est la même passion. La principale différence, c'est que Grosjean tient beaucoup moins compte des qualités et des points faibles de l'adversaire. Son mot d'ordre, c'est: -Amusez-vous. Et tout le monde s'amuse. Un autre personnage a marqué votre parcours: Jean-Marie Pfaff.Je lui dois énormément. Il traverse ma carrière comme un fil rouge. Dès qu'il est arrivé à Ostende, Ivan De Corte s'est blessé. Pfaff a dit qu'il ne fallait surtout pas paniquer. Il m'a lancé et a déclaréque je pouvais devenir un des meilleurs gardiens de Belgique. Après cela, il m'a recommandé à Beveren, puis au RWDM. Il a toujours maintenu que j'avais un gros potentiel. Venant de lui, c'est flatteur.Que pensez-vous du programme TV qui fait fureur en Flandre, où on le filme du matin au soir, en famille?Je regarde, évidemment! Comme un million de personnes. Je connais très bien Pfaff et je peux dire qu'il est dans la vie comme on le voit dans cette émission. Ce n'est pas du chiqué, pas de la comédie. On lui a fait une sale réputation, mais elle s'explique surtout par la jalousie. Je le vois beaucoup moins depuis que je suis à Mons, mais il continue à m'appeler régulièrement pour prendre des nouvelles de ma carrière et de ma famille. Rien ne l'y oblige. Le grand Jean-Marie Pfaff, l'ancienne idole du Bayern, qui s'intéresse à Kris Van de Putte: ça résume les qualités humaines du personnage. Pierre Danvoye"Marc Grosjean me fait penser à Emilio Ferrera""Pfaff traverse ma carrière comme un fil rouge"