Au bout du compte, la saison qui vient de s'achever ne fut pas meilleure que la précédente. Une ville comme Charleroi mériterait d'avoir un club dans le premier tiers du classement, mais il manque actuellement des qualités sportives et des moyens financiers pour y parvenir. Le Sporting n'avait pas mal négocié son début de saison, mais il connut ensuite le même phénomène que chaque année en novembre et décembre: un gros passage à vide. Cette fois, il était explicable: il avait vendu Christian Negouai à Mancheste...

Au bout du compte, la saison qui vient de s'achever ne fut pas meilleure que la précédente. Une ville comme Charleroi mériterait d'avoir un club dans le premier tiers du classement, mais il manque actuellement des qualités sportives et des moyens financiers pour y parvenir. Le Sporting n'avait pas mal négocié son début de saison, mais il connut ensuite le même phénomène que chaque année en novembre et décembre: un gros passage à vide. Cette fois, il était explicable: il avait vendu Christian Negouai à Manchester City et avait vu Miklos Lendvai partir sur la table d'opération. Début janvier, c'est Tony Herreman qui se blessait. Bref, le club devrait faire jusqu'à la fin de la saison sans les trois joueurs les plus déterminants du premier tour. A côté de cela, deux des barons de l'équipe n'ont pas tout à fait confirmé leur progression: Grégory Dufer et Frank Defays. Chaque année, le Sporting transfère l'un ou l'autre renfort en cours de saison. Ce sont rarement des réussites. Heureusement, ce fut le cas cette année: Daniel Camus a apporté sa hargne dans l'entrejeu, et Darko Pivaljevic a remédié à des carences offensives inquiétantes. Sans eux, le deuxième tour aurait sans doute tourné à la catastrophe. On pourrait être optimiste pour la saison prochaine si le club gardait tous ses joueurs: ils ont appris à se connaître et quelques jeunes prometteurs pointent le bout du nez. Mais ce ne sera pas le cas: Darko Pivaljevic, Daniel Camus et Sergio Rojas s'en vont. Tous pour des raisons financières. Mais ce n'est sans doute pas tout. Le club l'a clamé haut et fort: les autres Zèbres en vue pourront partir s'il y a des offres intéressantes. Grégory Dufer, Dariysh Yazdani, Frank Defays et Eduardo sont susceptibles de signer ailleurs. On n'ose pas imaginer l'avenir sans tous ces joueurs. La situation financière du club n'est pas encore critique, mais elle inquiète sérieusement. Le déficit cumulé frise aujourd'hui les 10 millions d'euros. Des clubs ont été mis en faillite pour moins que cela! Le président a pris le taureau par les cornes: plus question de jeter l'argent par les fenêtres, par exemple en entretenant un des noyaux les plus pléthoriques de D1. Abbas Bayat admet ainsi, implicitement, que les ambitions sportives pour les prochaines années seront relativement modestes. Ce n'est pas ce qui contribuera à faire revenir au stade un public de moins en moins enthousiaste et de plus en plus critique. Mais le plus grand danger serait d'assister au découragement d'Abbas Bayat: si jamais il décidait de quitter le football, ce serait carrément la mort du Sporting. Alors que ce club doit fêter son centième anniversaire dans un peu plus d'un an.Pierre Danvoye,