O livier Doll s'est donc fait jeter du noyau anderlechtois, début mars, avec cette élégance dont est désormais coutumier le milieu du foot professionnel. D'accord, les jeunes sont l'avenir du club et il est donc tout à fait logique que la chance leur soit donnée prioritairement surtout face à un trentenaire en fin de contrat. Mais pourquoi alors avoir refusé le départ d'Olivier en janvier ?
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O livier Doll s'est donc fait jeter du noyau anderlechtois, début mars, avec cette élégance dont est désormais coutumier le milieu du foot professionnel. D'accord, les jeunes sont l'avenir du club et il est donc tout à fait logique que la chance leur soit donnée prioritairement surtout face à un trentenaire en fin de contrat. Mais pourquoi alors avoir refusé le départ d'Olivier en janvier ? Tout ce cinéma du " joueur encore indispensable au noyau " pour le débarquer à peine deux mois plus tard. Qu'on le veuille ou non, cela fait un peu désordre et incohérent. Car les jeunes étaient déjà là ! Prêts à prendre la relève. C'est faire peu de cas de la carrière d'un joueur professionnel qui se retrouve ainsi, pendant plusieurs mois, dans l'impossibilité d'exercer valablement son métier. Chacun sait qu'il est très difficile de garder le rythme et un niveau de jeu décent avec la Réserve tout en se préservant d'une blessure grave toujours possible. Compte tenu qu'un joueur sous contrat doit se tenir à la pleine disposition de son club jusqu'à l'ultime journée, Olivier aurait aimé que cette notion contractuelle soit interprétée avec la même rigueur du côté de son employeur ! Qu'il ne joue plus pour faire place à des jeunes talentueux, Olivier est assez raisonnable pour l'admettre. Mais pourquoi ne pas lui permettre alors d'encore bénéficier, rien que pour le principe, d'une saine concurrence ? C'était sa seule revendication auprès de l'entraîneur. Conscient du caractère arbitraire de la décision et ne pouvant l'infléchir en aucun cas, Olivier n'a même pas tenté de demander des explications qui, de toutes manières, n'en seraient pas ! En tête à tête, il a dit son fait à Hugo Broos et il a tourné la page. Personnellement, j'aurais aimé voir ce qui se serait passé si, par le plus mauvais des hasards, quatre ou cinq défenseurs se seraient retrouvés sur le flanc du jour au lendemain et, qu'appelé à la rescousse, l'exclu du noyau refusât de le réintégrer même le temps d'une rencontre ! La mésaventure d'Olivier est d'autant plus affligeante qu'il incarne le pro exemplaire. Même sous le coup de la déception, qu'il ressent comme un manque de respect, il garde son sang-froid. Pas question pour lui de foutre le bordel, ni d'oublier tout ce bon temps passé au Sporting depuis son arrivée de Seraing. " Rien que du positif ", aime-t-il à répéter. Et cette sortie manquée ne viendra en rien ternir dix années exceptionnelles et, pour tout dire, inespérées. Etre repéré par Anderlecht, à 20 ans, y rester dix saisons, n'y avoir jamais été sifflé par les supporters, être revenu à chaque fois qu'une malencontreuse blessure semblait devoir l'enterrer définitivement, avoir résisté à l'arrivée massive de défenseurs et à la richesse du noyau, voilà sa plus grande fierté. Et que dire de son charisme ? Exceptionnel ! J'ose le dire : Adorable avec un grand A ! Un amour comme aime le dire sa chère maman qui n'a pas raté un match depuis sa plus tendre enfance. Olivier est d'abord quelqu'un d'authentiquement gentil et sympathique. Et d'une profondeur humaine tellement inhabituelle dans ce milieu de foot où les valeurs superficielles triomphent. L'éternel sourire, qui éclaire son visage d'ado, est le gage d'un accueil permanent. Bref une personnalité terriblement attachante dont la force a été de toujours savoir faire son autocritique avec une lucidité exemplaire. Mieux que quiconque, il sait que sa combativité et son jusqu'au-boutisme furent ses armes de prédilection. Mais elles auraient fait vite long feu dans une phalange, comme le Sporting, si elles n'avaient été servies par une lecture et une intelligence de jeu nettement au-dessus de la moyenne. A cet égard, il aime faire remarquer qu'en dépit de son style battant et accrocheur, il n'a jamais, à sa connaissance, reçu le moindre carton rouge en championnat. Les deux ou trois encaissés le furent en Coupe. André RemyEn face à face, il a dit son fait à Hugo Broos et A TIRé LA PAGE