On l'avait laissé aux portes de ses vacances. Fort d'une confirmation au Standard et de belles prestations avec les Diables Rouges de René Vandereycken, Karel Geraerts pouvait partir se reposer sous le soleil du Portugal. Pourtant, il restait un point à régler : sa prolongation de contrat. Trois semaines plus tard, toujours pas de signature et un communiqué du joueur annonçant qu'il ne prolongerait pas en bord de Meuse. Depuis lors, les courtisans belges (Bruges) et étrangers (Schalke et un club anglais) se bousculent à Sclessin pour négocier le transfert du Limbourgeois.
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On l'avait laissé aux portes de ses vacances. Fort d'une confirmation au Standard et de belles prestations avec les Diables Rouges de René Vandereycken, Karel Geraerts pouvait partir se reposer sous le soleil du Portugal. Pourtant, il restait un point à régler : sa prolongation de contrat. Trois semaines plus tard, toujours pas de signature et un communiqué du joueur annonçant qu'il ne prolongerait pas en bord de Meuse. Depuis lors, les courtisans belges (Bruges) et étrangers (Schalke et un club anglais) se bousculent à Sclessin pour négocier le transfert du Limbourgeois. Le Standard n'a jamais été très pressé d'offrir un meilleur contrat à son médian. " C'est faux ! ", explique le directeur technique des Rouches, Michel Preud'homme, " En début de saison, nous lui avons proposé de renouveler et d'améliorer son contrat. Nous voulions le récompenser directement après la première bonne saison réalisée sous la vareuse du Standard. Puis, cela a traîné pour diverses raisons. Depuis la fin du championnat, nous avons discuté deux fois avec lui sans jamais trouver d'accord. Il avait certaines exigences qui n'étaient pas envisageables. La semaine passée, nous lui avons posé la question suivante - Dis nous si tu veux rester au Standard. Si c'est le cas, on essaiera de trouver une solution ". Deux jours plus tard, Geraerts rendait une réponse négative. " Je n'ai pas reçu de signe positif de la part de la direction ", explique le joueur. " Elle ne m'a jamais fait de bonnes propositions. Puis, lundi passé, elle m'a convoqué ". A cette réunion, il y avait le joueur, Pierre François, Luciano D'Onofrio et Preud'homme. " Ils m'ont mis le dos au mur et je ne sentais pas un désir fort de me conserver. Finalement, j'en ai parlé avec mon père et j'ai pris la décision de ne pas resigner ". Mais sur quoi se base un tel refus ? A la question de savoir si le club avait bien mis tout en £uvre pour garder son international, Preud'homme affirme : " Est-ce que cela a capoté sur le volet financier ? Pas directement mais à certains moments, les raisons redeviennent toujours financières ". Cependant, la direction n'a jamais présenté un contrat-type à Geraerts qui dit : " Jamais le club n'est venu me voir avec une gamme de propositions. Les dirigeants savent ce que je veux et manifestement, ils n'acceptent pas. Pourtant, je n'ai pas l'impression que mes desiderata soient exceptionnels ". Geraerts dit avoir voulu inclure dans son contrat une série de clauses lui permettant de répondre aux sirènes de l'étranger. Le Standard a donc choisi de se priver de son médian défensif. " On n'a rien choisi du tout. C'est lui qui a pris la décision ", corrige Preud'homme. " Nous, on a simplement pris acte de son refus et désormais, on va étudier les propositions qui affluent. Certains se sont montrés très rapides. Le Club Bruges avait ainsi pris rendez-vous avec nous, quelques heures à peine après l'envoi du communiqué de Geraerts ". Quant au Limbourgeois, il fut certes déçu de la tournure des négociations mais ne trouvait-il pas que le club se montrait trop peu ambitieux pour lui ? " Non, non. Ce n'est pas la campagne des transferts qui m'a incité à faire ce choix. Je n'ai tout simplement pas aimé être placé le dos au mur ", affirme-t-il dans un premier temps avant de concéder : " Si le club veut atteindre les poules de Ligue des Champions, il doit faire des sacrifices. Je ne parlerai pas de manque d'ambition mais cela fait longtemps que le Standard ne s'est pas retrouvé dans une telle position. Il a l'occasion de faire le trou par rapport à d'autres formations car si tu parviens dans les poules de la Ligue des Champions, tu touches de l'argent. C'est maintenant qu'il convient de réaliser les bonnes affaires mais cela ne se fait pas. Si les transferts se font trop tard, cela apportera peut-être des bons joueurs mais cela ne nous garantira pas nécessairement une bonne équipe. Le temps que la sauce prenne... ". Sur ce point-là, Preud'homme n'en démord pas : " On a envie que tous les joueurs restent mais il faut voir d'abord la survie du club. On ne peut pas se baser sur une hypothétique participation à la Ligue des Champions pour construire un noyau. De plus, je constate qu'il devient de plus en plus difficile de faire resigner nos éléments, voire même pour un directeur technique de parler à ses joueurs sans qu'on lui reproche de ne pas avoir invité son manager. Avec Geraerts et Mémé Tchité, on voit que des joueurs inconnus il y a un an ont désormais tout en main par rapport à la direction d'un club de D1. Cependant, les dossiers avancent et on sait que l'on doit encore transférer au moins un gardien, un défenseur central (deux si Oguchi Onyewu part) et un médian (deux si Geraerts s'en va). Il faut trouver une solution sur le flanc droit suite au départ de Jonathan Walasiak et à la suspension de Sergio Conceiçao. Sinon, on tentera un super coup à la fin du mercato selon les possibilités mais les supers coups, ce n'est pas moi qui les finalise, c'est Luciano D'Onofrio ! ". Désormais, plusieurs cas de figure existent dans le dossier Geraerts. Il ne resigne pas mais reste au Standard jusqu'en fin de saison. Situation que le joueur envisage. Beaucoup moins la direction : " Vu le prix que je l'ai acheté, personnellement, je n'ai aucun problème à ce qu'il parte gratuitement en juin prochain ", explique Preud'homme. " Mais il faut tenir compte de l'aspect financier et donc de la plus-value que le club voudra réaliser ". Reste alors à trouver le prochain club de Geraerts. Bruges est sur les rangs et le Standard ne ferme pas la porte à un transfert dans la Venise du Nord en cas d'accord entre les deux formations. Le joueur apprécierait également un retour dans un club qui n'a pas cru en lui mais... à certaines conditions. " Ce n'est pas le Standard qui décidera du club où j'irai. Il y a 95 % de chances que je débute la compétition avec le club liégeois car je veux prendre le temps avant de signer mon futur contrat. Je sais que je me situe à un pallier important de ma carrière. Je veux grandir et je ne partirai pas n'importe où. On parle de Bruges et j'ai le sentiment que l'on veut me pousser dans cette direction mais je pourrais très bien prendre la direction du championnat anglais ou allemand. Pour attirer mon attention, il faut que le package total que l'on me présente soit bon. Que ce soit sur le plan sportif ou sur celui de l'ambiance. Par contre, je ne regarde pas la concurrence potentielle. Si un club me veut et dépense une somme importante pour moi, ce n'est pas pour me confier un rôle de 18e homme même si c'est clair que je devrai d'abord prouver mes qualités ". On sait qu'un joueur qui enfreint la destinée que la direction lui a réservée risque de se voir confiné au petit banc : " Johan Boskamp voulait me garder et c'est un bon entraîneur qui ne tient pas compte de ces événements. On me cite l'exemple de Cédric Roussel qui n'a plus joué parce que la direction n'en voulait plus mais on peut aussi évoquer le cas d' Almami Moreira sur lequel on ne comptait plus trop mais qui a encore été aligné. Il y a des bons et des mauvais exemples ". STÉPHANE VANDE VELDE