Il y a un mois, Sport/Foot Magazine dressait le catalogue des problèmes récents du Standard. Une seule digue tenait bon et voilà qu'elle s'est écroulée ces dernières semaines : la défense. Quatre buts à Hanovre, deux à l'aller, trois à Gand. Tel un château de cartes, la ligne arrière s'est affaissée. Et tout le monde en a pris pour son grade. Laurent Ciman, remplacé après 20 minutes à Hanovre, Felipe bien peu en verve lorsqu'il s'agit de commander la ligne arrière ou Sébastien Pocognoli, coupable de quelques erreurs de placement. Mais un homme symbolise cette faillite défensive : Kanu.

Le Brésilien a directement trouvé ses marques lorsqu'il est arrivé en janvier 2011 en provenance de Beira Mar. Orphelin d'un patron, la défense fut revigorée et, en juin, lorsque les Rouches échouèrent à la deuxième place après des play-offs qui resteront longtemps dans les mémoires, tout le monde admit la prépondérance des arrivées de Kanu et de Jelle Van Damme dans les bons résultats du début 2011.

Autant il brillait sur le terrain, autant il n'arrivait pourtant pas à s'épanouir en dehors. Invoquant les problèmes d'adaptation de sa femme, Kanu tentait, juste après la reprise du club par Roland Duchâtelet, d'arracher un départ. Premier refus. Son premier tour ne s'en ressentit pas trop. Mais son image auprès des supporters en avait déjà pris un coup. " Ce gars-là, il fallait le dégager le plus vite possible ", explique Tony Russo, supporter désabusé qui suit le Standard de près. " Le Standard, ce n'est pas le CPAS. Quand il se plaint et dit qu'il n'est pas bien mentalement, je veux bien comprendre mais quand on voit son salaire, il peut faire des sacrifices, non ?"

Second acte en janvier. Alors que tous les médias se concentraient sur les bruits de transfert autour de Mémé Tchité, on oubliait qu'en coulisses, Kanu avait essayé une nouvelle fois de partir, avançant quelques contacts. Mais la direction du Standard avait bien anticipé la man£uvre et para le coup en convainquant très vite le défenseur de se focaliser sur un avenir au Standard, malgré la rumeur qui l'envoyait à Anderlecht en cas d'arrivée de Luciano D'Onofrio dans le conseil d'administration du club bruxellois. Finalement, LDO n'ira pas à Anderlecht et Kanu a disparu de la liste des arrivées potentielles dans la capitale. Il faut dire que son niveau n'a cessé de baisser. Pour celui qui a fait preuve de maîtrise, d'expérience et de rigueur depuis son arrivée, l'année 2012 s'apparente plus tôt à un long calvaire. " Sportivement parlant, par rapport aux play-offs de la saison passée, c'est le jour et la nuit ", continue Russo, " Et cela est d'autant plus paradoxal qu'il a affirmé qu'il se sentait mieux dans le dispositif actuel qui lui permettait de monter davantage. "

Qu'est-ce qui cloche ?

" Je n'ai pas vu beaucoup de matches du Standard cette saison mais je m'étais rendu à Sclessin pour le match retour des quarts de finale de Coupe face au Lierse, au début du mois de janvier ", explique l'ancien défenseur liégeois, Eric Deflandre. " Les médias avaient dit beaucoup de bien de Kanu mais ce soir-là, il ne m'a pas laissé une bonne impression. Il n'avait pas l'air plus motivé que cela. Il jouait en marchant. " Premier couac.

Kanu n'aligne pas que des prestations catastrophiques mais il choisit très mal ses moments pour passer à travers. Mis sur la sellette après l'élimination face au Lierse, il a récidivé dans les deux matches face à Hanovre, en huitièmes de finale de l'Europa League. Ces trois rencontres étaient télévisées sur des chaînes gratuites ! Elles ont donc particulièrement marqué les esprits. Vous ajoutez des performances très moyennes à Zulte Waregem et des absences sur blessure et vous obtenez aux yeux de tous une année 2012 médiocre. Pourtant, contre le Wisla Cracovie ou Anderlecht, Kanu fut très bon.

Pour expliquer sa première mauvaise passe depuis son arrivée, certains évoquent inévitablement ses problèmes privés (il a dû retourner au Brésil au chevet de sa mère et sa femme ne s'adapte pas à la vie belge) ou ses velléités de transfert. " Il a eu la franchise de dire très vite que sa femme éprouvait des difficultés mais à l'époque, cela ne l'empêchait pas de sortir de grosses prestations ", explique l'entraîneur du Standard, José Riga. " Je ne pense donc pas qu'on puisse avancer cela comme excuse. "

Par contre, Kanu dispose de moins de relais dans l'équipe actuelle par rapport à la saison passée. " J'avais un gros avantage en ayant dans mon staff deux personnes qui savaient parler portugais : Sergio Conceiçao et Siramana Dembélé ", dit Dominique D'Onofrio. " Comme sa femme était enceinte, il avait beaucoup de choses à régler et de papiers à remplir. L'aide de Conceiçao était donc très importante. Et j'ai remarqué que pour être bien à l'aise dans son foot, il devait être bien dans sa tête. "

Pourtant, ses états d'âme incessants ne plaisent pas à tout le monde. " Il se plaint et deux jours plus tard, on voit une photo de lui tout sourire en discothèque ", continue Russo. " Il savait en venant en Belgique qu'il n'allait pas se retrouver sur les plages de Copacabana !"

Voilà pour son mal-être. Reste alors sa volonté de viser plus haut. Mais pour obtenir son bon de sortie, Kanu a tout intérêt à se mettre en valeur. " En Europa League, chacun pense à lui ", argumente Riga, " Tout le monde, et Kanu en premier, a disputé les matches de poules sans pression. Par contre, en huitièmes, il avait envie de se montrer. Sans doute trop. Il s'est mis trop de pression. Or, personne n'est infaillible. "

Doit-il rester titulaire ?

Oui, car malgré sa mauvaise passe, Kanu est indispensable à cette jeune équipe. Par son expérience, son caractère de râleur et ses qualités de leader, il n'a pas d'équivalent en défense. On l'a vu à Gand. Quand Kanu n'est pas là, la ligne défensive panique très facilement. Felipe a toujours besoin de quelqu'un pour le guider et Gershon, même s'il ne manque pas de qualités et joue parfois comme quelqu'un de sûr et d'expérimenté, n'a pas encore le niveau de Kanu. Quant à Ciman, il demeure, aux yeux de Riga, une seconde option. Mais c'est surtout à son apport sur les phases arrêtées, tant défensives qu'offensives qu'on perçoit l'absence de Kanu. " C'est un formidable compétiteur ", se remémore D'Onofrio. " Il est là pour gagner et fait forte impression dans le trafic aérien. "

" Il ne lâche rien et est sec dans les duels. Il a une bonne relance et reste le patron de la défense. D'autant plus qu'il commence à parler français ", reconnaît Ciman, pourtant son concurrent en défense centrale.

Riga demeure, lui, toujours son premier partisan. " Il dégage une grosse présence dans les duels et est un patron dans l'attitude. Je reste persuadé qu'avec Felipe, il forme la meilleure charnière centrale du noyau. On l'a vu en début de saison et ce n'est pas pour rien que l'équipe s'écroulait quand un des deux manquait à l'appel. Pour le moment, je ne vois pas pourquoi il ne resterait pas dans l'équipe. Du moins tant que son niveau n'est pas inférieur à celui des autres. "

En résumé, pour le moment, le Standard ne dispose pas d'alternative. Même à un Kanu diminué.

Est-il ingérable ?

Certes, Kanu doit être classé dans les joueurs de caractère. L'anecdote date de la saison passée. Lors d'un déplacement à Gand, le Standard avait encaissé un but de sa faute. A la mi-temps, dans son style bonhomme et sympathique, Dominique D'Onofrio lui fit remarquer qu'il devait faire un peu attention et resserrer le marquage sur son adversaire direct. Ni une, ni deux, Kanu se déshabilla et fila à la douche. Il a fallu toute la persuasion de Conceiçao pour le convaincre de remettre sa tenue pour disputer la deuxième mi-temps !

Cela démontre le caractère du joueur. Mais cela n'en fait pas du tout un joueur ingérable. Que du contraire ! A l'entraînement, Kanu reste concerné. " Il a un caractère bien trempé mais c'est une super personne ", affirme Réginal Goreux. " Dans toute équipe, il faut des personnalités ! Cependant, son caractère est différent sur et en dehors du terrain. En dehors, il est calme et posé. "

" Il ne m'a jamais manqué de respect ", corrobore Riga. " Il n'a jamais foutu un entraînement en l'air. Et à partir du moment où il est rentable sur le terrain, je ne vois pas où est le problème. Car derrière ses attitudes de rebelle, c'est un gars avec des sentiments. "

Faut-il le garder ?

Après ses égarements dans les deux matches contre Hanovre, certains se sont même demandé si le joueur ne s'était pas sabordé lui-même. " C'est une question qui nous a tous traversé l'esprit ", explique un membre proche du staff. Mais cette impression fut très vite balayée. " Quand je vois ce qu'il donne aux entraînements, je ne peux douter de son envie ", explique Riga.

Ecarté face à OHL, il fut de retour à Malines et sa rigueur défensive, ce jour-là, a plaidé en sa faveur. Non, la mauvaise passe de Kanu n'était pas voulue. Cependant, à force de parler de départ, on peut se demander si le Brésilien est encore concentré sur son devoir liégeois.

De plus, depuis l'arrivée du nouveau propriétaire, on assiste à une purge des éléments liés de près ou de loin à Luciano D'Onofrio dont l'ombre dans certaines transactions a pourri les mois d'été. Les dirigeants n'ont pas caché leur désir de partir d'une page blanche et on sait que les mercati successifs verront disparaître un à un les joueurs qui ont encore l'oreille de LDO. Actuellement, il en reste deux (trois si on compte Van Damme mais ce dernier a directement appuyé la nouvelle direction) : Tchité et Kanu. Depuis le début de la saison, on s'attendait donc à ce que ces deux joueurs manifestent leur désir de départ. Tchité a tenté de partir en août et janvier. Quant au cas Kanu, c'est une bombe à retardement. Faut-il donc le conserver ? " Contrairement à ce qu'on dit, il n'y a pas une liste de joueurs à absolument transférer ", explique le directeur général, Pierre François. " Il y en a eu une mais ce n'est plus le cas. Kanu a encore trois ans de contrat et celui-ci a été revu à la hausse en mai dernier. Le Standard est donc en position de force et s'il n'y a pas de club intéressé, il restera ici. Or, pour le moment, nous n'avons reçu aucune offre !"

Mais pour éviter d'aller de conflits en conflits avec ce joueur, la politique du Standard consisterait à continuer à aligner le joueur (sauf si son niveau ne cesse de s'étioler) afin de faire monter sa valeur et de le laisser partir à un bon prix. Cela passe par de bons play-offs. " Vous êtes certain qu'il va continuer à être moins bon ? Moi, je ne serais pas surpris qu'il aligne quelques bonnes performances dans les play-offs !", augure François.

PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE

" Il n'a jamais foutu un entraînement en l'air. " (José Riga)

" Il faut le dégager le plus vite possible. Le Standard, ce n'est pas le CPAS. "

(Un supporter)

Il y a un mois, Sport/Foot Magazine dressait le catalogue des problèmes récents du Standard. Une seule digue tenait bon et voilà qu'elle s'est écroulée ces dernières semaines : la défense. Quatre buts à Hanovre, deux à l'aller, trois à Gand. Tel un château de cartes, la ligne arrière s'est affaissée. Et tout le monde en a pris pour son grade. Laurent Ciman, remplacé après 20 minutes à Hanovre, Felipe bien peu en verve lorsqu'il s'agit de commander la ligne arrière ou Sébastien Pocognoli, coupable de quelques erreurs de placement. Mais un homme symbolise cette faillite défensive : Kanu. Le Brésilien a directement trouvé ses marques lorsqu'il est arrivé en janvier 2011 en provenance de Beira Mar. Orphelin d'un patron, la défense fut revigorée et, en juin, lorsque les Rouches échouèrent à la deuxième place après des play-offs qui resteront longtemps dans les mémoires, tout le monde admit la prépondérance des arrivées de Kanu et de Jelle Van Damme dans les bons résultats du début 2011. Autant il brillait sur le terrain, autant il n'arrivait pourtant pas à s'épanouir en dehors. Invoquant les problèmes d'adaptation de sa femme, Kanu tentait, juste après la reprise du club par Roland Duchâtelet, d'arracher un départ. Premier refus. Son premier tour ne s'en ressentit pas trop. Mais son image auprès des supporters en avait déjà pris un coup. " Ce gars-là, il fallait le dégager le plus vite possible ", explique Tony Russo, supporter désabusé qui suit le Standard de près. " Le Standard, ce n'est pas le CPAS. Quand il se plaint et dit qu'il n'est pas bien mentalement, je veux bien comprendre mais quand on voit son salaire, il peut faire des sacrifices, non ?" Second acte en janvier. Alors que tous les médias se concentraient sur les bruits de transfert autour de Mémé Tchité, on oubliait qu'en coulisses, Kanu avait essayé une nouvelle fois de partir, avançant quelques contacts. Mais la direction du Standard avait bien anticipé la man£uvre et para le coup en convainquant très vite le défenseur de se focaliser sur un avenir au Standard, malgré la rumeur qui l'envoyait à Anderlecht en cas d'arrivée de Luciano D'Onofrio dans le conseil d'administration du club bruxellois. Finalement, LDO n'ira pas à Anderlecht et Kanu a disparu de la liste des arrivées potentielles dans la capitale. Il faut dire que son niveau n'a cessé de baisser. Pour celui qui a fait preuve de maîtrise, d'expérience et de rigueur depuis son arrivée, l'année 2012 s'apparente plus tôt à un long calvaire. " Sportivement parlant, par rapport aux play-offs de la saison passée, c'est le jour et la nuit ", continue Russo, " Et cela est d'autant plus paradoxal qu'il a affirmé qu'il se sentait mieux dans le dispositif actuel qui lui permettait de monter davantage. " " Je n'ai pas vu beaucoup de matches du Standard cette saison mais je m'étais rendu à Sclessin pour le match retour des quarts de finale de Coupe face au Lierse, au début du mois de janvier ", explique l'ancien défenseur liégeois, Eric Deflandre. " Les médias avaient dit beaucoup de bien de Kanu mais ce soir-là, il ne m'a pas laissé une bonne impression. Il n'avait pas l'air plus motivé que cela. Il jouait en marchant. " Premier couac. Kanu n'aligne pas que des prestations catastrophiques mais il choisit très mal ses moments pour passer à travers. Mis sur la sellette après l'élimination face au Lierse, il a récidivé dans les deux matches face à Hanovre, en huitièmes de finale de l'Europa League. Ces trois rencontres étaient télévisées sur des chaînes gratuites ! Elles ont donc particulièrement marqué les esprits. Vous ajoutez des performances très moyennes à Zulte Waregem et des absences sur blessure et vous obtenez aux yeux de tous une année 2012 médiocre. Pourtant, contre le Wisla Cracovie ou Anderlecht, Kanu fut très bon. Pour expliquer sa première mauvaise passe depuis son arrivée, certains évoquent inévitablement ses problèmes privés (il a dû retourner au Brésil au chevet de sa mère et sa femme ne s'adapte pas à la vie belge) ou ses velléités de transfert. " Il a eu la franchise de dire très vite que sa femme éprouvait des difficultés mais à l'époque, cela ne l'empêchait pas de sortir de grosses prestations ", explique l'entraîneur du Standard, José Riga. " Je ne pense donc pas qu'on puisse avancer cela comme excuse. " Par contre, Kanu dispose de moins de relais dans l'équipe actuelle par rapport à la saison passée. " J'avais un gros avantage en ayant dans mon staff deux personnes qui savaient parler portugais : Sergio Conceiçao et Siramana Dembélé ", dit Dominique D'Onofrio. " Comme sa femme était enceinte, il avait beaucoup de choses à régler et de papiers à remplir. L'aide de Conceiçao était donc très importante. Et j'ai remarqué que pour être bien à l'aise dans son foot, il devait être bien dans sa tête. " Pourtant, ses états d'âme incessants ne plaisent pas à tout le monde. " Il se plaint et deux jours plus tard, on voit une photo de lui tout sourire en discothèque ", continue Russo. " Il savait en venant en Belgique qu'il n'allait pas se retrouver sur les plages de Copacabana !"Voilà pour son mal-être. Reste alors sa volonté de viser plus haut. Mais pour obtenir son bon de sortie, Kanu a tout intérêt à se mettre en valeur. " En Europa League, chacun pense à lui ", argumente Riga, " Tout le monde, et Kanu en premier, a disputé les matches de poules sans pression. Par contre, en huitièmes, il avait envie de se montrer. Sans doute trop. Il s'est mis trop de pression. Or, personne n'est infaillible. "Oui, car malgré sa mauvaise passe, Kanu est indispensable à cette jeune équipe. Par son expérience, son caractère de râleur et ses qualités de leader, il n'a pas d'équivalent en défense. On l'a vu à Gand. Quand Kanu n'est pas là, la ligne défensive panique très facilement. Felipe a toujours besoin de quelqu'un pour le guider et Gershon, même s'il ne manque pas de qualités et joue parfois comme quelqu'un de sûr et d'expérimenté, n'a pas encore le niveau de Kanu. Quant à Ciman, il demeure, aux yeux de Riga, une seconde option. Mais c'est surtout à son apport sur les phases arrêtées, tant défensives qu'offensives qu'on perçoit l'absence de Kanu. " C'est un formidable compétiteur ", se remémore D'Onofrio. " Il est là pour gagner et fait forte impression dans le trafic aérien. " " Il ne lâche rien et est sec dans les duels. Il a une bonne relance et reste le patron de la défense. D'autant plus qu'il commence à parler français ", reconnaît Ciman, pourtant son concurrent en défense centrale. Riga demeure, lui, toujours son premier partisan. " Il dégage une grosse présence dans les duels et est un patron dans l'attitude. Je reste persuadé qu'avec Felipe, il forme la meilleure charnière centrale du noyau. On l'a vu en début de saison et ce n'est pas pour rien que l'équipe s'écroulait quand un des deux manquait à l'appel. Pour le moment, je ne vois pas pourquoi il ne resterait pas dans l'équipe. Du moins tant que son niveau n'est pas inférieur à celui des autres. "En résumé, pour le moment, le Standard ne dispose pas d'alternative. Même à un Kanu diminué. Certes, Kanu doit être classé dans les joueurs de caractère. L'anecdote date de la saison passée. Lors d'un déplacement à Gand, le Standard avait encaissé un but de sa faute. A la mi-temps, dans son style bonhomme et sympathique, Dominique D'Onofrio lui fit remarquer qu'il devait faire un peu attention et resserrer le marquage sur son adversaire direct. Ni une, ni deux, Kanu se déshabilla et fila à la douche. Il a fallu toute la persuasion de Conceiçao pour le convaincre de remettre sa tenue pour disputer la deuxième mi-temps ! Cela démontre le caractère du joueur. Mais cela n'en fait pas du tout un joueur ingérable. Que du contraire ! A l'entraînement, Kanu reste concerné. " Il a un caractère bien trempé mais c'est une super personne ", affirme Réginal Goreux. " Dans toute équipe, il faut des personnalités ! Cependant, son caractère est différent sur et en dehors du terrain. En dehors, il est calme et posé. " " Il ne m'a jamais manqué de respect ", corrobore Riga. " Il n'a jamais foutu un entraînement en l'air. Et à partir du moment où il est rentable sur le terrain, je ne vois pas où est le problème. Car derrière ses attitudes de rebelle, c'est un gars avec des sentiments. "Après ses égarements dans les deux matches contre Hanovre, certains se sont même demandé si le joueur ne s'était pas sabordé lui-même. " C'est une question qui nous a tous traversé l'esprit ", explique un membre proche du staff. Mais cette impression fut très vite balayée. " Quand je vois ce qu'il donne aux entraînements, je ne peux douter de son envie ", explique Riga. Ecarté face à OHL, il fut de retour à Malines et sa rigueur défensive, ce jour-là, a plaidé en sa faveur. Non, la mauvaise passe de Kanu n'était pas voulue. Cependant, à force de parler de départ, on peut se demander si le Brésilien est encore concentré sur son devoir liégeois. De plus, depuis l'arrivée du nouveau propriétaire, on assiste à une purge des éléments liés de près ou de loin à Luciano D'Onofrio dont l'ombre dans certaines transactions a pourri les mois d'été. Les dirigeants n'ont pas caché leur désir de partir d'une page blanche et on sait que les mercati successifs verront disparaître un à un les joueurs qui ont encore l'oreille de LDO. Actuellement, il en reste deux (trois si on compte Van Damme mais ce dernier a directement appuyé la nouvelle direction) : Tchité et Kanu. Depuis le début de la saison, on s'attendait donc à ce que ces deux joueurs manifestent leur désir de départ. Tchité a tenté de partir en août et janvier. Quant au cas Kanu, c'est une bombe à retardement. Faut-il donc le conserver ? " Contrairement à ce qu'on dit, il n'y a pas une liste de joueurs à absolument transférer ", explique le directeur général, Pierre François. " Il y en a eu une mais ce n'est plus le cas. Kanu a encore trois ans de contrat et celui-ci a été revu à la hausse en mai dernier. Le Standard est donc en position de force et s'il n'y a pas de club intéressé, il restera ici. Or, pour le moment, nous n'avons reçu aucune offre !" Mais pour éviter d'aller de conflits en conflits avec ce joueur, la politique du Standard consisterait à continuer à aligner le joueur (sauf si son niveau ne cesse de s'étioler) afin de faire monter sa valeur et de le laisser partir à un bon prix. Cela passe par de bons play-offs. " Vous êtes certain qu'il va continuer à être moins bon ? Moi, je ne serais pas surpris qu'il aligne quelques bonnes performances dans les play-offs !", augure François. PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Il n'a jamais foutu un entraînement en l'air. " (José Riga) " Il faut le dégager le plus vite possible. Le Standard, ce n'est pas le CPAS. "(Un supporter)