Un noyau de 28 joueurs ! Intenable pour le Standard qui, de plus, n'a pas renoncé à se renforcer lors du prochain mercato. Pressés par l'urgence en juillet, les dirigeants avaient un peu construit l'équipe à la va-vite, ne cachant pas l'importance du mercato hivernal afin d'effectuer les retouches nécessaires. Dans un mois, les grandes man£uvres débuteront donc. Cependant, si les arrivées doivent encore être ciblées, les départs commencent petit à petit à prendre forme. José Riga a profité des deux premiers mois de la compétition pour effectuer une large revue d'effectif, certains joueurs passant du statut de réserviste à titulaire et inversement, en fonction des circonstances. Aujourd'hui, il a dégagé une certaine hiérarchie et pour certains joueurs, cela commence tout doucement à sentir le roussi.
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Un noyau de 28 joueurs ! Intenable pour le Standard qui, de plus, n'a pas renoncé à se renforcer lors du prochain mercato. Pressés par l'urgence en juillet, les dirigeants avaient un peu construit l'équipe à la va-vite, ne cachant pas l'importance du mercato hivernal afin d'effectuer les retouches nécessaires. Dans un mois, les grandes man£uvres débuteront donc. Cependant, si les arrivées doivent encore être ciblées, les départs commencent petit à petit à prendre forme. José Riga a profité des deux premiers mois de la compétition pour effectuer une large revue d'effectif, certains joueurs passant du statut de réserviste à titulaire et inversement, en fonction des circonstances. Aujourd'hui, il a dégagé une certaine hiérarchie et pour certains joueurs, cela commence tout doucement à sentir le roussi. Mais faut-il absolument dégraisser ? " Si on a un noyau large, il n'est pas exagérément large ", reconnaît le directeur technique, Jean-François de Sart. " C'était une option de départ de façonner un gros noyau de manière à garder une marge de sécurité. On savait qu'on allait être confronté à de nombreuses échéances. De plus, nous n'étions pas certains du niveau que certains allaient pouvoir atteindre. " Voilà pourquoi dans une situation d'urgence, le Standard avait opté pour la largeur. Le calendrier chargé (Coupe, championnat, Europa League, soit déjà 26 matches) leur a donné raison. Mais, dès le début, le président Roland Duchâtelet avait clairement annoncé que la masse salariale était trop élevée et qu'il allait falloir dégraisser en attendant juste le bon moment pour effectuer les bons choix. Riga a donc eu le temps d'étudier son groupe. A un mois du mercato, il a clarifié la situation, en dégageant une équipe-type et des remplaçants-types. Pourtant, encore aujourd'hui, l'entraîneur liégeois refuse d'écarter quiconque de ses plans. Même Mbaye Leye, Aloys Nong ou Pape Camara : on ne sait jamais. Si ces éléments ne trouvent pas acquéreur en janvier, ils pourraient encore être utiles dans la course au titre ou à l'Europe. Si la politique est au dégraissage, celui-ci devra bien être ciblé. Pas question de se déforcer. Ni de déforcer un secteur de jeu déjà bien peu fourni (on pense à la défense). C'est donc en attaque et dans l'entrejeu que se concentreront les départs. D'autant plus que dans ces secteurs, des jeunes comme Paul Mpoku et Michy Batshuayi frappent à la porte. " On a pris la décision de mettre en avant les jeunes qui ont intégré le noyau A et qui sont prêts à revendiquer une place en équipe première ", ajoute de Sart, " Ils peuvent aider l'équipe et doivent tenir leur rôle. On se doit donc de leur ouvrir la scène. Avec, pour conséquence, de mettre en retrait certains éléments. " La cote de certains est donc à la baisse. Est-ce pour autant que les départs ne concerneront que des délaissés ? Non. Pas nécessairement. Des joueurs comme Kanu ou Sinan Bolat sont sortis du bois. D'autres comme Mémé Tchitépourraient profiter de leur forme pour négocier un dernier gros transfert. Enfin, il y a également le cas des " entre-deux-eaux ", ces joueurs pas totalement délaissés mais clairement dégradés comme Franck Berrier ou Laurent Ciman. " Que ce soit clair : notre objectif numéro un est sportif ", souligne de Sart. " Nous voulons jouer les poules de l'Europa League chaque saison et pour ce faire, le conseil d'administration a décidé d'augmenter le budget de 4 à 5 millions pour la saison prochaine. En principe, il n'est donc pas question de se déforcer. " Pour y voir plus clair, Sport/Foot Magazine a dressé le baromètre des départs. Pourtant considéré comme un des piliers du début de saison, le Sénégalais a vu sa cote fortement chuter ces derniers mois. Au point que récemment, son nom est apparu sur la liste des partants quasi certains lors du prochain mercato. Pourquoi cette disgrâce ? Leye a largement rempli son rôle en début de saison mais le retour des blessés ( Gohi Bi Cyriac et Geoffrey Mujangi Bia), la forme ascendante de certains (Tchité) et la progression des jeunes n'en font plus une priorité. Leye veut partir, touché par les critiques de la presse, lui qui estimait avoir un rôle compliqué puisqu'il n'évoluait pas à son poste de prédilection et qu'il répondait souvent présent. La direction n'en veut plus mais ne veut pas le laisser partir gratuitement. En fin de contrat en juin, il dispose d'une option que la direction peut lever à tout moment. Soit un acquéreur met la somme demandée sur la table (de manière à ce que le club récupère une partie de la somme payée à Gand lors de sa venue), soit il reste au Standard qui lève l'option, et part au mercato estival. " On va essayer de trouver quelque chose d'intéressant pour les deux parties en considérant la volonté du joueur de partir à l'étranger mais je ne m'en fais pas trop : Leye retrouvera facilement un club sachant que quand on l'a dans un vestiaire, on a au moins un cerveau... ", conclut son agent, Eric Depireux. " On est dans la même situation que Leye ", se borne à dire Pierre François. Si Leye peut partir, Nong aussi. Mais lui jouit sans doute d'encore moins de crédit aux yeux de son entraîneur. Au contraire de Leye, il n'a jamais été considéré comme incontournable. De plus, il n'a pas la polyvalence du Sénégalais. " On dispose de beaucoup d'attaquants centraux et c'est clair qu'il va falloir rééquilibrer le noyau à ce poste-là ", avoue de Sart. Son avenir n'est donc plus à Sclessin. Là encore, le Standard ne sera pas disposé à le laisser filer gratuitement même si son prix ne sera pas élevé. Seul risque ? Que les acquéreurs ne se bousculent pas au portillon. Le fait qu'on en parle à Visé n'est pas bon signe... Le Sénégalais fait partie des trois bannis (avec Leye et Nong). Sa nonchalance et une dispute avec Jelle Van Damme ont scellé son sort depuis longtemps. " Comme il n'a pas de temps de jeu, il me semble qu'il serait préférable pour le joueur de se tourner vers un autre club ", reconnait François. Mais ses performances lors des derniers play-offs n'incitent pas les dirigeants à le laisser partir n'importe où. Ils refuseraient de le transférer vers un club belge (même si Mons et Saint-Trond ont déjà montré leur intérêt) et ne fermeraient pas la porte à un prêt (ce qui n'est pas le cas pour Leye ou Nong). Son agent a déjà sondé les marchés allemand et anglais et espère convaincre des clubs de seconde partie de première division (genre Cologne ou Blackburn). Mais sa saison blanche ne plaide pas en sa faveur (il va falloir ressortir les DVD des play-offs !) et pour le moment, le Standard se montrerait encore un peu trop gourmand. L'énigme. Pourquoi un joueur indispensable au Standard en septembre ne l'est plus du tout en décembre ? Si le changement de système de jeu (4-5-1 au 4-4-2) et l'éclosion de William Vainqueur et Mujangi Bia expliquent en partie la fin de la Berrier-dépendance, on peut s'étonner de la disparition pure et simple du lutin français. Certains ont évoqué une mesure disciplinaire (ce que Riga a nié) et d'autres un contrecoup physique après la débauche d'énergie pour se remettre de sa blessure. Aujourd'hui, le Standard serait disposé à le laisser partir. " S'il y a des acquéreurs, on peut discuter ", lâche de Sart du bout des lèvres avant de s'en tirer par une pirouette. " Comme pour tout le monde, c'est la loi de l'offre et de la demande. "Se priver de Berrier reviendrait pourtant à se priver d'une solution efficiente dans un entrejeu qui n'est pas à l'abri d'une blessure. Le Standard a décidé de miser sur deux de ses quatre jeunes. Leroy Labille et Henri Eninful restent donc en rade. " Comme la compétition U21 est catastrophique, tous nos jeunes exceptés Batshuayi et Mpoku peuvent être loués ", dit de Sart. Avis aux amateurs. Le gardien du Standard l'a annoncé lui-même : il fait sa dernière saison à Sclessin. Après trois ans et demi à Liège, l'international turc dont la cote a encore grimpé suite à sa bonne prestation lors du match retour des barrages de l'Euro 2012 face à la Croatie, est fortement courtisé par les clubs turcs mais également italiens et allemands. Mais y a-t-il une éventualité pour qu'il parte dès le mois de janvier ? " Ce n'est pas l'idéal pour lui de partir en janvier ", explique son agent, Kismet Eris. " Par contre, fin de championnat, il devrait partir. Pourquoi ? Parce qu'il aura tout connu à Liège et que les dirigeants n'auront pas beaucoup le choix vu qu'il ne lui restera qu'un an de contrat. Cependant, le football a ses aléas et ses surprises et on ne peut pas écarter une opportunité qui ne se refuserait pas dès janvier. " Tout est dit : Bolat n'a pas intérêt ni l'intention de quitter le Standard en janvier sauf offre mirobolante qui satisferait les deux parties (le joueur et le Standard) : après un bail de trois ans et demi, la volonté du joueur est de partir sur une bonne note. Pas question de se brouiller avec le club qui lui a offert ses galons d'international. " Je ne pense pas qu'il partira en janvier car il devrait alors se limiter à un club qui n'a pas disputé la Ligue des Champions, ni l'Europa League. Cela ne lui laisse pas beaucoup d'autres possibilités ", réagit d'ailleurs Pierre François. La saison de Laurent Ciman est paradoxale à plus d'un titre. Alors qu'il constituait le meilleur élément des Rouches lorsque la machine ne tournait pas encore, la saison passée, il a disparu lors des play-offs. Cette saison, il ne constitue pas un premier choix dans l'axe, Riga lui préférant Felipe et Kanu. Malgré son statut de remplaçant, sa cote n'a pas baissé puisqu'il a presque toujours été appelé par Georges Leekens chez les Diables Rouges. Intéressant pour un transfert ! " Lors des derniers matches qualificatifs, Ciman était le seul Diable Rouge à évoluer en Belgique. Alors, évidemment, ça fait réfléchir ", reconnaît son agent, Yuri Selak. La disgrâce de Daniel Opare à droite ne lui a pas profité non plus, Riga préférant rappeler ReginalGoreux. Pourtant, entre le 28 août et le 18 novembre, Ciman n'a raté qu'une rencontre (face au Lierse). Alors, doit-il partir, sachant qu'il n'est pas un premier choix, ou rester vu que le peu de solutions défensives lui garantit une large présence dans le onze ? " Mais qu'est-ce que ça signifie premier choix ? ", interroge Selak. " Je constate qu'il a disputé quatre matches d'affilée et que son pourcentage de temps de jeu atteint quand même les 70 %. Pour le moment, au Standard, il y a cinq défenseurs pour quatre places et Ciman peut évoluer à trois positions différentes. Je vois aussi que le discours de l'entraîneur est positif : on compte sur lui. Lors du dernier mercato, il aurait pu partir lors des 48 dernières heures mais d'un commun accord avec Pierre François, on a décidé de persévérer au Standard. Il lui reste deux ans et demi de contrat et il n'y a pas de raison de paniquer. Je pense qu'en Belgique, il aura fait le tour et que son prochain palier se situera à l'étranger. Il ne faut toutefois pas sauter sur la première proposition venue. Récemment, il a reçu une offre d'Italie mais on lui offrait un contrat moins intéressant qu'au Standard... " Pourtant, si Ciman demeure sur le banc en décembre, cela pourrait quand même l'inciter à partir afin de conserver sa place d'international. Le défenseur brésilien est sorti du bois et on s'y attendait. Arrivé au Standard par le biais de Lucien D'Onofrio, il est très proche de l'ancien homme fort du Standard même s'il est représenté par un agent portugais UlysseSantos. Depuis l'annonce de la collaboration entre LDO et Anderlecht, le nom de Kanu est revenu plusieurs fois dans les conversations et comme par hasard, la semaine suivante, on apprend qu'il a sollicité son départ " parce que sa famille ne s'adaptait pas à la Belgique ". Pourtant, dans ce dossier, le Standard est en position de force puisque Kanu est sous contrat jusqu'en juin 2015. Comme le club compte se renforcer pendant la trêve hivernale, il n'a donc aucunement l'intention de vendre son meilleur atout défensif. Par contre, afin de préserver la sérénité du groupe, les dirigeants liégeois devraient entrer en négociation, soit pour aider sa famille à s'adapter, soit pour revaloriser le contrat d'un défenseur courtisé par plusieurs clubs portugais. Sachant que la première option dépend sans doute simplement de la deuxième... Si les positions se crispent, on pourrait alors commencer à parler de départ mais certainement pas en janvier. Plutôt en été. Voilà quelqu'un destiné à un départ quasi certain il y a un mois et qui, en réintégrant l'équipe de base, est redevenu indispensable. " On voit qu'il dispose de grandes qualités mentales et qu'on a toujours pu compter sur lui ", explique son agent Tunger Cam. " Beaucoup d'autres joueurs auraient craqué à sa place et à aucun moment, il n'a envisagé un départ. Cela fait partie de son caractère : il est d'une fidélité à toute épreuve. Cependant, pour être honnête avec vous, s'il avait continué à être remplaçant, il aurait bien fallu creuser d'autres pistes. Et le jour où Pierre François décidera qu'il n'entre plus dans les plans du Standard, on envisagera un départ. En tout cas, lui, il n'est pas demandeur. D'ailleurs, s'il joue au Standard, il pourrait très bien y finir sa carrière. Pour le moment, le Standard a montré qu'il comptait sur lui en le prolongeant jusqu'en 2015. On attend de lui que ce soit un vrai leader. " Ces quatre joueurs n'ont plus d'avenir à Sclessin. Ils s'entraînent depuis le début de la saison à l'écart du groupe. Ils ne sont même pas comptabilisés dans les 28 du noyau pro. Il y a donc 100 % de chances qu'ils quittent le Sclessin cet hiver. Au risque de voir leur avenir compromis. " Pour ces quatre joueurs, ce qui était vrai en août le demeure en décembre ", avoue de Sart. PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE