Comment se forger sa propre identité quand on vit dans l'ombre d'une des plus grandes villes de l'Hexagone ? C'est le problème auquel est confronté Saint-Etienne, situé à 50 kilomètres de Lyon, la porte du sud pour beaucoup de touristes. " En travaillant ensemble ", répond Anne-France Decroix, engagée pour promouvoir la ville. " Lyon est une métropole qui attire beaucoup de monde pour les musées, la gastronomie. Nous avons une série d'atouts complémentaires. Architecture, design, la nature qui entoure la ville et offre des possibilités de promenades à pied et à vélo. Nous pouvons vraiment collaborer, ce que nous faisons de plus en plus. C'est un ensemble, avec un transport dense entre les deux villes. "
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Comment se forger sa propre identité quand on vit dans l'ombre d'une des plus grandes villes de l'Hexagone ? C'est le problème auquel est confronté Saint-Etienne, situé à 50 kilomètres de Lyon, la porte du sud pour beaucoup de touristes. " En travaillant ensemble ", répond Anne-France Decroix, engagée pour promouvoir la ville. " Lyon est une métropole qui attire beaucoup de monde pour les musées, la gastronomie. Nous avons une série d'atouts complémentaires. Architecture, design, la nature qui entoure la ville et offre des possibilités de promenades à pied et à vélo. Nous pouvons vraiment collaborer, ce que nous faisons de plus en plus. C'est un ensemble, avec un transport dense entre les deux villes. " Lyon a sa bourgeoisie, Saint-Etienne son industrie et donc une population différente. Lyon la médiévale est construite en cercles autour du coeur historique tandis que Saint-Etienne, qui a grandi pendant la révolution industrielle et est donc traversée par de longues diagonales. Autour d'un bassin minier, d'usines métallurgiques et d'armement. C'est ici qu'on fabrique les armes des services de sécurité et de l'armée française. C'est encore ici qu'est née la première société française de tri postal. Les gens ont l'habitude d'innover. Lyon est située au confluent du Rhône et de la Saône, Saint-Etienne dans la vallée, entourée de sept collines mais boudée de peu par la Loire. Ces deux mondes peuvent n'en former qu'un. " Bienvenue chez les gueules noires ", a titré un quotidien français à la fin de la deuxième guerre mondiale. Les Français avaient besoin de charbon pour reconstruire le pays. Le nord et cette région-ci ont tourné à plein régime. Des centaines de mineurs plongeaient tous les jours dans les entrailles de la terre et les cheminées dégageaient une fumée noire. Felix Thiollier, un photographe de la région, a immortalisé tout cela. Ce sont des images marquantes, de jeunes et de vieux, tous marqués par la dureté de leur labeur. L'industrie minière n'est plus de notre temps, tuée par la concurrence d'autres continents. Pas plus que l'acier et la fabrication d'armes a également connu des temps meilleurs. Donc, Saint-Etienne cherche son second souffle. On le remarque en se promenant dans le centre historique, à la fréquence des transports publics et aux boutiques fermées dans les artères commerçantes. Les High Streets anglaises subissent également ce phénomène. Le magasin, la boutique, le petit resto du coin ont fermé. Ici aussi. D'où la décision prise par la ville d'établir la fanzone, l'endroit où peuvent se rendre les supporters sans billet pour suivre les matches, à mi-chemin entre la ville et le stade, au Parc François Mitterrand. Ainsi, elle épargne de l'agitation au centre, coupé par le tram, et évite toute concurrence aux commerçants locaux, qui peuvent continuer à installer leurs terrasses. L'avantage, c'est que tout ici est accessible à pied. Dix minutes de la gare au centre, dix du centre au parc et de là, un bon quart d'heure pour rejoindre le stade des Verts. A l'instar d'autres villes industrielles comme Liverpool et Manchester, Saint-Etienne a trouvé une nouvelle dynamique. On la remarque dès la sortie de la gare. Saint-Etienne Métropole est installée de l'autre côté de la grande place. Administration et finances sont installées dans un bâtiment moderne au mur jaune frappant et à la façade pas vraiment traditionnelle. La ville tire la carte du design. De belles choses, raffinées, dans des couleurs vives. Pas seulement celle de l'équipe locale, d'ailleurs. Après Beaubourg, à Paris, c'est ici qu'on trouve la plus grande collection d'art moderne de France. Les gueules noires veulent changer de visage. C'est encore un peu difficile mais la ville s'est déjà embellie. PAR PETER T'KINT À SAINT-ÉTIENNE - PHOTOS BELGAIMAGESaint-Etienne accueille la plus grande collection d'art moderne de France.