Le transfert de Steven Defour a défrayé la chronique cet été. A Genk, la ranc£ur et parfois la haine restent tenaces. Pour le jeune milieu de terrain, rien ne sera plus jamais comme avant. Même si le temps effacera sans doute les cicatrices, il en restera toujours quelque chose. Aujourd'hui, il est temps de reparler de football. Après trois mois au Standard, on peut dresser un premier bilan. En analysant les chiffres, en tenant compte de l'avis d'observateurs avertis mais aussi, bien sûr, en lui donnant la parole.
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Le transfert de Steven Defour a défrayé la chronique cet été. A Genk, la ranc£ur et parfois la haine restent tenaces. Pour le jeune milieu de terrain, rien ne sera plus jamais comme avant. Même si le temps effacera sans doute les cicatrices, il en restera toujours quelque chose. Aujourd'hui, il est temps de reparler de football. Après trois mois au Standard, on peut dresser un premier bilan. En analysant les chiffres, en tenant compte de l'avis d'observateurs avertis mais aussi, bien sûr, en lui donnant la parole. StevenDefour : Je suis satisfait des progrès des dernières semaines. Les entraînements sont plus durs qu'à Genk. J'ai appris à me battre, je suis devenu plus fort physiquement et mentalement, et cela m'a permis de me réengager dans une spirale ascendante. Lors des premières semaines, je n'étais que moyennement satisfait. J'ai parfois dû jouer sur le flanc droit et je ne parviens pas à laisser mon empreinte sur le match dans cette position. Personnellement, j'en vois trois : le premier, à Lokeren ; celui contre le Cercle, aussi et le dernier, contre Roulers. On s'est créé de nombreuses occasions et je pense, humblement, y avoir apporté ma contribution. A La Gantoise, probablement. C'était un off-day collectif et je n'ai pas échappé au naufrage, je le reconnais volontiers. Il y a eu du bon et du moins bon jusqu'à présent. Je dois devenir plus régulier. Je me sens plus à l'aise dans une position centrale, tout le monde le sait. Il le savait aussi, bien sûr. Il m'a expliqué son choix. Il n'avait personne d'autre à aligner sur le flanc droit. J'ai fait contre mauvaise fortune, bon c£ur. Je parviens difficilement à exprimer mes qualités dans une position décentrée, mais si c'est dans l'intérêt de l'équipe, je me plie de bonne grâce aux directives. Le joueur doit s'incliner face au choix de l'entraîneur. J'ai remplacé Milan Rapaic à un quart d'heure de la fin. J'ai alors joué... à gauche ! C'était encore une nouvelle expérience pour moi, mais je suis encore jeune et je ne suis sans doute pas encore au bout de mes découvertes. Je peux jouer comme deuxième attaquant, mais je ne serai jamais un véritable attaquant. Dans cette position plus avancée, les défenseurs me serrent de plus près. Je dois donc réfléchir et agir plus vite, mais cela m'aide aussi à progresser. Dans un 4-4-1-1, j'évolue un rien plus haut, entre l'entrejeu et l'attaque. Dans un 4-4-2, j'évolue plus en retrait. Dans un 4-5-1, j'ai en principe un rôle plus libre car l'entrejeu est plus fourni. Je pense être capable d'évoluer dans chacun de ces systèmes mais, de préférence, pas comme flanc droit. Oui, mais un n°10 travailleur. Pas un n°10 statique, qui se contente de distribuer les ballons. Ceux qui me connaissent savent que je cours beaucoup sur un terrain. Peut-être trop, d'ailleurs, car je dois encore apprendre à doser mes efforts. Mais cela fait partie de mon caractère, de vouloir donner le maximum. C'est normal quand on débarque dans une nouvelle équipe. Je dois continuer à travailler pour mériter ma place dans l'équipe. Je crois que Michel Preu-d'homme connaît parfaitement mes qualités. Aujourd'hui, la concurrence devient plus féroce. Je dois m'efforcer de lui rendre le choix le plus difficile possible. Si l'entraîneur décide de me laisser sur le banc, j'accepterai sa décision. Même si, forcément, ce ne sera pas de gaieté de c£ur. Aucun joueur n'est heureux lorsqu'il ne joue pas. Mais je suis au Standard pour apprendre. J'ai le temps : je n'ai que 18 ans et j'ai signé pour cinq saisons. Je ne suis pas prétentieux, je n'irai jamais clamer sur tous les toits que je dois jouer à tout prix. Je ne me suis pas fixé de délai. Cela peut aller très vite comme cela peut durer un peu plus longtemps. Si je dois rester cinq ans au Standard avant de pouvoir franchir un palier supplémentaire, je resterai cinq ans. Pas de problème. Plus maintenant, non. Bien sûr, mais je n'y ai pas réagi. Je reste très calme face à cet intérêt. Je préfère me concentrer à 100 % sur ma tâche au Standard. Je ne suis pas obligé de partager son avis. J'ai signé au Standard parce que j'estimais que ce club me permettrait de poursuivre ma progression. Depuis le début de la saison, je n'ai pas été en mesure d'exprimer toutes mes qualités en raison de diverses circonstances, mais cela va de mieux en mieux. Avec moi comme avec le club. Je reste persuadé que c'était un excellent entraîneur et un homme de très agréable compagnie. Il connaît le football, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Malheureusement, en raison des blessures, il n'a jamais pu disposer d'une équipe au complet. Chez Preud'homme, l'accent est davantage mis sur l'organisation. C'est une bonne chose : d'abord se reposer sur une base solide, puis s'efforcer d'attaquer. Boskamp souhaitait aligner une équipe capable d'attaquer directement, mais le Standard n'était pas encore prêt pour jouer de cette manière. C'est un peu réducteur comme raisonnement. Lors des deux derniers matches sous Preud'homme, on a aussi fait circuler le ballon au ras du sol. Au fil des matches et des entraînements, on ne pourra que s'améliorer dans ce domaine. Il fallait d'abord consolider les bases. Lorsque cela arrive, ce n'est en tout cas pas la faute de Preud'homme : lui aussi demande de jouer à terre. C'est d'ailleurs logique : la plupart des éléments offensifs dont le Standard dispose sont plus à l'aise dans les combinaisons au sol. Seul De Camargo est à l'aise dans les airs. Le fait qu'à Genk, je n'étais pas encore connu. Je pouvais, pour ainsi dire, faire ce que je voulais. On n'attendait pas grand-chose de moi et tout ce que je réussissais était du bonus. En arrivant au Standard, j'avais déjà démontré certaines choses et j'étais donc attendu au tournant. Je dois donc éviter les pièges que les adversaires essaient de me tendre. C'est clair, on attend davantage de moi, mais cela ne me pose aucun problème. Si je veux devenir un grand joueur, je dois être capable de répondre aux attentes placées en moi. Bien sûr. Elle émane des supporters, de l'entraîneur, de la direction. Mais si je ne suis pas capable de la supporter, je n'ai rien à faire au Standard : je dois me rabattre sur un club moins ambitieux. Surtout le Steaua Bucarest, parce qu'on a eu les possibilités pour se qualifier. Malheureusement, des buts stupidement encaissés ont ruiné nos efforts. Jouer la Ligue des Champions, c'était un rêve qui s'est évanoui. Avec l'élimination contre le Celta Vigo, ce sont toutes les illusions européennes qui se sont envolées, mais la Coupe de l'UEFA n'est pas aussi prestigieuse que la C1. On sait ce qu'il nous reste à faire : remettre l'ouvrage sur le métier pour obtenir une nouvelle chance l'an prochain. Je ne pourrais pas citer un moment en particulier. Je dirais, simplement, le fait de constater mes progrès. Je parviens, de plus en plus, à imprimer ma griffe sur le jeu du Standard. La satisfaction d'être toujours repris dans le groupe. A 18 ans, ce n'est pas mal, tout de même. DANIEL DEVOS