Marco Casto confia récemment à Sport/Foot Magazine qu'il avait beaucoup de mal à éviter les cartons jaunes. "C'est plus fort que moi. Lorsque je m'estime victime d'une injustice, je réagis", expliquait-il. Le Mouscronnois détenait un triste record en fin de saison dernière: c'est lui qui avait pris le plus grand nombre d'avertissements (12 en 30 matches disputés).
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Marco Casto confia récemment à Sport/Foot Magazine qu'il avait beaucoup de mal à éviter les cartons jaunes. "C'est plus fort que moi. Lorsque je m'estime victime d'une injustice, je réagis", expliquait-il. Le Mouscronnois détenait un triste record en fin de saison dernière: c'est lui qui avait pris le plus grand nombre d'avertissements (12 en 30 matches disputés). Il n'était pas le seul Hurlu à avoir souvent vu jaune. Mouscron arrivait d'ailleurs en deuxième place du classement des avertissements: 65, pour 66 à Malines. Le GBA fut le club le moins pénalisé (34). Malines (695) et Mouscron (690) furent aussi les deux équipes qui firent le plus de fautes (428 pour Bruges, dernier club de ce classement). En matière de cartons rouges, le Lierse (qualifié pour la Coupe de l'UEFA il y a un an... via le classement du fair-play) fut le plus pénalisé (12). Et Anderlecht aurait pu recevoir la palme de la sportivité, avec seulement deux exclusions. A l'opposé des Casto, Schaessens, Delbroek, Ernst et Gajser, qui ont tous pris au moins neuf cartons jaunes la saison passée, on trouve dans notre D1 des joueurs qui ne sont avertis qu'exceptionnellement. Nous donnons la parole à quelques-uns de ces agneaux du football belge. Plusieurs de ces titulaires réguliers jouent pourtant en défense et sont donc théoriquement plus exposés aux cartes. Comment font-ils? Herreman: quatre saisons sans rater un matchTransféré du GBA à Charleroi cet été, Tony Herreman détient un record qui ne sera pas battu de sitôt. Ce back gauche disputa près de 150 matches d'affilée avec La Gantoise. Durant toute cette période, il ne reçut donc jamais plus de deux avertissements par championnat. Et il n'a pris qu'une seule carte rouge en D1 alors qu'il a joué plus de 430 matches. Tony Herreman: "Le secret pour éviter les cartons, c'est d'avoir en permanence un bon placement. Il faut anticiper de façon à pouvoir arriver sur la balle avant l'attaquant. Pour cela, il est nécessaire de bien connaître son adversaire direct avant de commencer le match. Je ne joue pas de la même façon contre un petit attaquant très rapide et face à une armoire à glace. Mais dans tous les cas, il est important d'avoir toujours un ou deux mètres d'avance sur lui quand la balle arrive. En éliminant les risques d'être en retard, on n'est pas obligé de commettre des tackles fautifs. Si on connaît bien les attaquants de l'équipe adverse, on diminue aussi le risque de se faire piéger par les comédiens. La simulation, c'est une plaie pour les défenseurs. Je faisais toujours très attention quand je jouais contre Eric Viscaal, par exemple. Il était très mobile et tombait facilement. En ne me collant pas trop à lui, je lui enlevais l'occasion de réclamer des penalties et les arbitres n'avaient pas la possibilité de me donner des cartes injustifiées. Dans le genre, Dante Brogno n'était pas mal non plus (il rit). Et son frère Toni a bien pris le relais... Si l'arbitre ne tient pas compte des mauvaises habitudes des attaquants, le défenseur risque toujours de payer. Je connais aussi des joueurs défensifs qui ont hérité d'une mauvaise réputation et ne parviennent plus à s'en défaire. Justice Sandjon, par exemple. C'est un paquet de muscles et beaucoup croient directement qu'il est brutal. Selon moi, il n'est pas plus violent que la plupart des autres joueurs. Mais dès que son adversaire se retrouvait au sol, l'arbitre était tenté de sortir un carton. Quand la défense opte pour un marquage individuel strict, le risque de recevoir des avertissements augmente aussi. Un back est plus tranquille s'il sait qu'il peut compter sur un homme en retrait. Cette saison, à Charleroi, Ernest Etchi et Frank Defays sont toujours prêts à aller rechercher l'attaquant qui a échappé à un des backs". Van Buyten: 29 matches en 2000-2001, 1 jaune, 1 rougeLe score de Daniel Van Buyten est très bon pour un défenseur central. Doté d'un tel gabarit de surcroît. Il reconnaît d'ailleurs qu'il aurait joué de meilleurs matches encore avec le Standard s'il avait été plus agressif. Daniel Van Buyten: "Il n'est pas normal que je n'aie été averti qu'une seule fois en jouant presque tous les matches. Je n'en tire donc pas une fierté particulière. On demande à un défenseur central d'être dur, intransigeant, prêt à tout pour que l'attaquant n'arrive pas dans le rectangle. Un bon stoppeur prend beaucoup de cartons. J'y ai réfléchi depuis la fin de la saison dernière et je me suis mis en tête de modifier mon style de jeu, d'être moins gentil. Je n'ai jamais pris beaucoup de cartes depuis que je joue au foot et certains entraîneurs me l'ont d'ailleurs déjà reproché. Je ne maîtrise pas encore assez bien le concept de la faute professionnelle. J'hésite à mettre durement le pied quand un homme part seul vers notre but. Si je prends peu de cartes, cela veut dire que je dois être plus mordant mais aussi, d'un autre côté, que je me place bien par rapport aux attaquants adverses et que je ne suis pas un joueur méchant. J'ai été exclu la saison dernière au Lierse mais c'était immérité. J'ai touché la tête d'un adversaire avec mon coude, en pivotant. C'était de la maladresse, pas de la méchanceté ou du vice".Ilic: 23 matches, 1 jauneLe défenseur yougoslave a été un des enfants sages d'Anderlecht la saison dernière. Alors que pas mal de ses équipiers à vocation défensive ont accumulé les avertissements: 7 pour Glen De Boeck et Yves Vanderhaeghe, 6 pour Walter Baseggio, 5 pour Bertrand Crasson et Olivier Doll. Aleksandar Ilic: "On reçoit théoriquement moins de cartons jaunes et rouges quand on joue dans un des meilleurs clubs du championnat. Tout est toujours plus facile quand c'est l'équipe d'en face qui est sous pression. Je réfléchis et j'essaye aussi de ne pas me mettre dans des positions délicates: je laisse à d'autres le soin de se faire avertir ou exclure (il sourit). Une autre explication provient de la qualité des attaquants que j'affrontais à l'entraînement. Quand on dispute chaque jour des duels face à des Tomasz Radzinski ou Jan Koller, on est automatiquement blindé dès que l'on aborde un match. Les attaquants du Sporting sont tellement forts que les risques de mauvaises surprises lors des matches sont minimes". Missé Missé: 33 matches, 1 jauneL'attaquant camerounais ne rata qu'une rencontre la saison dernière. Il ne disputa pas tous des matches complets, mais ses entraîneurs eurent toujours besoin de lui à un moment ou l'autre.Jean-Jacques Missé Missé: "La seule carte que j'ai prise était due à mon excitation du moment. J'étais très énervé sur un de mes coéquipiers qui n'avait pas fait son travail et j'ai commis une faute stupide. Prendre des cartons, ce n'est vraiment pas mon habitude. J'estime d'abord que ce n'est pas le rôle des attaquants de se faire avertir ou exclure. Un avant qui prend beaucoup de cartes, c'est bête. Je comprends beaucoup mieux qu'un défenseur se fasse punir. Je ne commets pas de fautes inutiles ou d'interventions méchantes. Même dans des moments d'égarement, je ne me suis jamais dirigé vers un adversaire avec l'intention de lui faire mal. Si je suis dépassé, je viens vite me replacer au lieu de commettre un tackle fautif. Et je n'ai jamais pris une seule carte pour rouspétance. Quand l'arbitre a sifflé, je ne discute pas. Qu'il ait tort ou raison. Il faut être fort mentalement au départ pour ne pas perdre ses moyens. Moi, je me concentre toujours à 100% sur ma position et sur le ballon. Je pense que, quand on a un certain état d'esprit au début de sa carrière, on le garde. Cela vaut pour les joueurs qui ne prennent presque jamais de cartes, mais aussi pour ceux qui ont l'habitude de se faire avertir. Depuis que je connais Manu Karagiannis, il s'en prend continuellement aux arbitres. Il râle toujours. Malgré son âge et son expérience, il ne s'est pas du tout calmé. Il aurait encore dû prendre une carte lors de notre premier match de la saison, au GBA. Si le score avait été de 0-0 à ce moment-là, l'arbitre ne se serait pas privé. Mais il a eu pitié de nous parce que nous étions en train de boire la tasse". Pierre Danvoye