EEn 2017, quand Liberty Media a racheté la Formule 1 pour 3,9 milliards d'euros, elle n'a pas fait mystère de sa stratégie : la société médiatique américaine veut rajeunir sa base d'amateurs, base qui vieillit et diminue. Elle a donc offert beaucoup plus de contenu digital sur les réseaux sociaux. De ce point de vue, la F1 accusait un fameux retard sur les autres grandes compétitions.
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EEn 2017, quand Liberty Media a racheté la Formule 1 pour 3,9 milliards d'euros, elle n'a pas fait mystère de sa stratégie : la société médiatique américaine veut rajeunir sa base d'amateurs, base qui vieillit et diminue. Elle a donc offert beaucoup plus de contenu digital sur les réseaux sociaux. De ce point de vue, la F1 accusait un fameux retard sur les autres grandes compétitions. En plus, Liberty Media a lancé une eSport League, une plate-forme de streaming en ligne, et le documentaire Drive to Survive, dont on va bientôt voir la troisième saison sur Netflix. Ses efforts portent leurs fruits : 14% des téléspectateurs ont moins de 25 ans et d'après Matt Roberts, research director, c'est le meilleur chiffre en sport, après la NBA. En plus, 62% des amateurs attirés depuis 2017 ont moins de 35 ans. Le nombre de visiteurs uniques sur une des plates-formes digitales a même augmenté de 82,3% l'année passée, pour dépasser le milliard. Liberty Media n'a cependant pas réussi à freiner la chute mondiale de l'assistance TV, passée d'un pic de 600 millions en 2008 à 471 millions l'année passée (soit 22 millions par GP). C'est partiellement dû au fait que beaucoup de GP ne sont plus diffusés sur des chaînes publiques. Les chaînes payantes rapportent évidemment davantage en droits TV : la F1 enregistre une augmentation de 69,5% depuis 2008, atteignant 645 millions d'euros. Ce sont de beaux chiffres, mais la F1 a également été confrontée à la dure réalité du corona. Les Grands Prix ont été annulés dans le monde entier et la saison est actuellement réduite à treize manches, la dernière étant programmée le 1er novembre en Émilie-Romagne. Tous les GP se déroulent en Europe. Le circuit pourrait être allongé de quatre courses. On parle d'Istanbul et de Jerez (Espagne) avant le dénouement, qui n'est pas encore confirmé, à Bahreïn et à Abu Dhabi. 17 GP au total, donc, la plupart sans public, comme dimanche à Spa-Francorchamps. Donc, Max Verstappen ne sera pas massivement encouragé par des dizaines de milliers de Néerlandais. En juillet, Liberty Media s'est associée à la plate-forme de communication Zoom pour proposer le tout premier produit hospitality virtuel. Le Grand Prix d'Autriche a été le premier à offrir une alternative virtuelle au Paddock Club. Ses hôtes peuvent voir ce qu'il se passe dans les garages des écuries, les lignes de départ et d'arrivée et le pit. On leur offre aussi des visites guidées des coulisses et des interviewes exclusives des pilotes. La variante virtuelle propose un coup d'oeil identique en coulisses via des updates en direct et des analyses d'anciens pilotes et autres célébrités. Les sponsors sont également impliqués. Liberty Media a également investi dans la couverture télévisée, en collaboration avec les Amazon Web Services (AWS). Ce département du géant du net est le fournisseur officiel de données depuis 2018 et a conçu de nouveaux graphiques pour la saison corona, afin d'améliorer le vécu des millions d'amateurs de F1 confinés chez eux. Amazon a ainsi lancé le Car Performance Score à l'occasion du premier des deux GP se déroulant en Autriche. Les performances des différents bolides sont évaluées en temps réel, en fonction de leur vitesse dans les virages et les lignes droites, entre autres. Chaque véhicule est équipé de 300 senseurs qui transmettent toutes les données. Début août, durant les GP britanniques, on a sorti l' Ultimate Driver Speed Comparison, qui compare les pilotes actuels avec d'anciens grands de la Formule 1. Et durant la prochaine manche belge, les fans pourront voir comment les pilotes négocient les virages les plus rapides comme les plus lents grâce à la High-Speed/Low-Speed Corner Performance. Trois nouveaux graphiques doivent encore voir le jour, afin de compenser autant que faire se peut l'absence d'ambiance des tribunes et la domination lassante de Mercedes et de Lewis Hamilton.