L'été, on ressort les classiques. Les chaînes de télévision misent sur les rediffusions ; le cinéma hiberne ou, comme à l' Arenberg à Bruxelles, sort son Ecran Total en proposant des reprises ou des grands classiques. Le football suit le mouvement, jouant à fond la carte de la nostalgie. Si certaines soirées à thème durant lesquelles on repasse les matches de Mexico 86 cartonnent, pourquoi pas ? C'est sur ce concept que la Legends Cup a été mise sur pied le week-end dernier à la Lotto Arena d'Anvers. Avec un air de Night of the Proms, les anciennes gloires de quatre pays s'affrontaient dans un tournoi aux allures amicales, formule futsal avec boarding.
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L'été, on ressort les classiques. Les chaînes de télévision misent sur les rediffusions ; le cinéma hiberne ou, comme à l' Arenberg à Bruxelles, sort son Ecran Total en proposant des reprises ou des grands classiques. Le football suit le mouvement, jouant à fond la carte de la nostalgie. Si certaines soirées à thème durant lesquelles on repasse les matches de Mexico 86 cartonnent, pourquoi pas ? C'est sur ce concept que la Legends Cup a été mise sur pied le week-end dernier à la Lotto Arena d'Anvers. Avec un air de Night of the Proms, les anciennes gloires de quatre pays s'affrontaient dans un tournoi aux allures amicales, formule futsal avec boarding. En organisateur efficace, Leo Van der Elst avait tout réglé. Sauf deux choses : les désistements et la météo. Car, si on veut être méchant, on pouvait dire que le ramage ne ressemblait pas trop au plumage. A la place des Frank De Boer, Christian Karembeu, Dennis Bergkamp (si, si, il devait être là) et Jorge Costa, on a plutôt eu les Carmelo Micchiche (deux sélections lors de sa période de gloire à... Metz), le Néerlandais Michaël Mols (question : dans quel club a-t-il surtout marché ? Réponse : Glasgow Rangers. Et à moins d'être un fan du football écossais, vous ne le saviez pas) et l'ailier portugais Hugo Porfirio. Mais nous ne serons pas méchants car le tournoi réunissait une belle brochette de stars, réveillant des souvenirs. L'armada n'était pas espagnole mais hollandaise. Avec quelques kilos en plus, on retrouvait notamment le coup de pied fantastique de l'ancien joueur de l'Ajax et de l'Inter, Aaron Winter. Et la frappe supersonique (notamment sur coup franc) de l'ancien attaquant de Fenerbahçe et de Feyenoord, Pierre van Hooijdonk (qui lui, n'a pas pris un poil de graisse). Articulée autour de l'Ajax victorieux en Ligue des Champions en 1995 (avec Richard Witschge et Bryan Roy), cette équipe comprenait également une ancienne connaissance de Malines et d'Anderlecht, Johnny Bosman. " Cela me fait toujours plaisir de revenir en Belgique. J'y ai laissé une part de moi et de... mon football. Vous croyez que j'aurais encore ma place à Anderlecht ? ( il sourit). Je suis encore votre championnat et je vois que les Mauves se sont inclinés deux ans d'affilée face au Standard. Un conseil ? Qu'ils reprennent des Néerlandais ! ( il rit). Ah, ils ont essayé avec Arnold Kruiswijk ?" Autre pays (finaliste face aux Pays-Bas), autres visages connus : le Portugal de Sa Pinto et Manuel Dimas, deux anciens Standardmen. " Je n'étais plus revenu depuis mon passage là-bas. J'ai demandé qu'on déplace le tournoi à Liège mais les organisateurs n'ont pas voulu ", explique l'ancien défenseur dans un français approximatif mais courageux. Cela sent un peu le hot dog mais beaucoup la nostalgie. " C'est pour cela que je suis venu ", nous explique notre voisin, un Gantois. " On ne voit plus rien de bon dans le foot belge. Alors, on vient se ressourcer et se rappeler de la belle époque. Ils ont pris du ventre mais ils nous font encore plaisir. "Reste les cancres de ce tournoi. Les Français et les Belges. Nos voisins hexagonaux avaient misé sur l'association des anciens internationaux. Mais voilà les plus connus font partie du Variété Club de France. Pas de Zidane, Blanc, Petit, Lizarazu, Deschamps ou Tigana mais des Jean-Marc Ferratge (10 sélections), Patrice Loko ou Hippolyte Dangbeto. Avec en fer de lance, le Tahitien Pascal Vahirua et l'ancien Brugeois Jean-Pierre Papin qui n'a rien perdu de sa forme. Les trois quarts des buts français portent sa griffe. " C'est un jeu fait pour moi. Il ne faut que frapper au but et ça, je sais encore faire ", dit Papin. " J'ai remarqué que le public se souvenait de moi. Cela fait d'autant plus plaisir que je ne suis resté qu'un an à Bruges. Mais, j'ai marqué les esprits. " Cela nous permet de revenir sur les liens que Papin entretient avec notre pays. N'a-t-il pas postulé au poste d'entraîneur de Mons, de Charleroi et à celui de sélectionneur fédéral ? " Si, si. Depuis Lens, il y a un an, je n'ai plus entraîné. Il m'était nécessaire de faire un break mais maintenant, je suis d'attaque. Je n'attends plus qu'une offre. Cela m'aurait plu de tenter ma chance chez vous. J'ai eu quelques contacts mais pas de réelle opportunité. Et quant à la sélection nationale, cela aurait constitué un honneur. Si j'avais pu redorer le blason national, pourquoi pas ? Mais je me pose surtout une grande question : je ne comprends pas pourquoi la Belgique ne fait pas plus appel à ses anciennes gloires. Où sont-elles passées ? Pourquoi ne pas d'abord penser à elles pour ce poste ? J'en ai parlé à Eric Gerets. Je suis sûr que c'est son rêve à terme et qu'il s'agit de l'homme de la situation. La Fédération belge lui a parlé mais elle aurait dû tout mettre en £uvre pour le convaincre. C'est quelqu'un qui aime un peu se faire désirer mais votre Fédération ne le comprend pas. Et dire qu'à mon époque, à chaque fois qu'on rencontrait un club belge, on éprouvait les pires difficultés ! Aujourd'hui, il n'y en a plus un qui fait des résultats ! " Pas sympa JPP ! On l'avait invité pour vanter notre pays, pas pour le tackler. Et en même temps, il a tellement raison. Reste le clan belge, formé autour de l'épopée mexicaine. Filip Desmet, Nico Claesen, Danny Veyt, Erwin Vandenbergh, Georges Grün et Franky Van Der Elst ; plus Danny Boffin, Luc Nilis (blessé rapidement) et Yves Van Der Straeten en renfort. " J'espère que c'est le début d'une longue série ", expliquait Franky Van Der Elst, décidant de ménager un corps qui avait, quelques jours plus tôt, été mis à rude épreuve lors de la montée du Ventoux. " Nous sommes les plus âgés. C'est normal qu'on ne gagne pas. Il faudra donc, pour les prochaines fois, injecter du sang neuf même si la génération 86 doit rester la base. " " Cela va venir. Les jeunes vont intégrer l'association petit à petit. On ne va pas demander à Erwin Vandenbergh, qui a 50 ans, de jouer tous les matches ", renchérissait Leo Van der Elst. " C'est un peu comme si on s'était quitté hier ", lançait Grün qu'on ne savait pas si nostalgique. " C'est dommage qu'on ne soit pas plus nombreux. C'est un peu la mentalité belge. Regardez ce qui se fait chez nos voisins : les Français, les Portugais et les Hollandais possèdent ce type d'association depuis longtemps. Il faut dire que la différence de langues complique tout en Belgique. "" J'avais contacté Broos et Jacky Munaron qui ont dû décliner après avoir signé leur contrat à Trabzonspor ", ajoute Leo Van der Elst. " Gerets m'a dit qu'il viendrait avec plaisir s'il est en Belgique la prochaine fois qu'on organise cela. " par stéphane vande velde- photo: belga