Samedi, le Giro va s'élancer de Venise et, selon une mode bien implantée ces dernières saisons, un nouveau scandale a éclaté quelques jours avant le départ. Cette fois, c'est le CIO qui a lancé un pavé dans la mare en annonçant que sept athlètes avaient été contrôlés positifs aux Jeux Olympiques de l'année dernière. Parmi eux, deux cyclistes : DavideRebellin et StefanSchumacher. A quelques jours du début de la course au maillot rose, la suspension du vainqueur de la Flèche Wallonne ne pouvait que secouer toute l'Italie. Une secousse d'autant plus forte que Rebellin, deuxième de la course en ligne à Pékin, ...

Samedi, le Giro va s'élancer de Venise et, selon une mode bien implantée ces dernières saisons, un nouveau scandale a éclaté quelques jours avant le départ. Cette fois, c'est le CIO qui a lancé un pavé dans la mare en annonçant que sept athlètes avaient été contrôlés positifs aux Jeux Olympiques de l'année dernière. Parmi eux, deux cyclistes : DavideRebellin et StefanSchumacher. A quelques jours du début de la course au maillot rose, la suspension du vainqueur de la Flèche Wallonne ne pouvait que secouer toute l'Italie. Une secousse d'autant plus forte que Rebellin, deuxième de la course en ligne à Pékin, avait lancé à sa descente de podium qu'il s'agissait là " du triomphe du cyclisme propre " et que, jamais dans l'histoire, un médaillé italien n'avait été contrôlé positif. Rebellin a été coincé neuf mois plus tard suite à des contrôles plus poussés voulus par la WADA ( World Anti Doping Agency). A l'époque où ont été faits les prélèvements, tous les laboratoires n'étaient pas encore en mesure de déceler la Cera, l'Epo de la dernière génération qui, l'été dernier, avait fait des victimes importantes en Italie ( Riccò, Piepoli et Sella). Si le premier cas dénoncé a été celui du cycliste transalpin, c'est parce que le comité olympique italien (CONI) a agi avec transparence et rapidité contrairement à ses homologues. Ceci étant, le CONI n'est pas sans reproches : au moment d'établir la sélection, les experts de l'antidopage avaient pointé certains noms et, malgré cette mise en garde, le CONI laissa la fédération de cyclisme décider seule. Résultat : la liste ne fut pas modifiée. En attendant la contre-expertise, Rebellin (37 ans), suspendu par le CONI, est entré dans une période sombre. Si le résultat du premier test est confirmé, il devra rendre la prime olympique encaissée (75.000 euros) et les résultats obtenus depuis le 9 août 2008, y compris le succès à la Flèche Wallonne, devraient être effacés. Il serait toutefois absurde de s'en prendre au seul coureur même si, pour sa défense, il s'est contenté de dire " qu'il s'agissait d'une erreur ". Les contrôles ne sont pas adéquats et ne découvrent que les cas les plus évidents, parfois avec des mois de retard. Il ne serait pas juste que seul Rebellin paye. Ainsi, les dirigeants du Giro basent une grande partie de leur communication sur la présence de LanceArmstrong, comme s'ils ne savaient pas qu'au Tour de 1999, il avait été contrôlé positif à six reprises et qu'il s'en est sorti grâce à la prescription. Le vrai scandale, c'est que l'on oublie trop vite et que c'est tout un monde qu'il faut assainir. Ainsi, le magazine allemand DerSpiegel a révélé les conclusions d'une enquête selon laquelle le dopage systématique était organisé au sein de l'équipe Telekom depuis 1999 et que le 2 juillet 2006, Andreas Klöden, troisième au Tour de France 2006, se serait rendu à Fribourg pour y subir une transfusion sanguine. Dans ce dossier de 64 pages, Klöden est au moins aussi égratigné que JanUllrich, qui, lui, a été licencié. Tous les coureurs ne sont pas égaux vis-à-vis des autorités. Et en Espagne, un décret interdisant les contrôles nocturnes vient d'être approuvé. En plus, les sportifs ne doivent signaler un changement dans leur programme que si la durée dépasse les trois jours. Une banderille pour la WADA et la lutte contre le dopage.