La famille Refaelov va bientôt s'agrandir. Les années passent, mais ne semblent pas avoir d'emprise sur l'Israélien. Comme Dieumerci Mbokani, il a déjà franchi la barre des dix buts cette saison. Dimanche, il tentera de briller sur un terrain qu'il connaît bien : celui du stade Jan Breydel. " On arrive tout doucement à la partie la plus importante de la saison ", dit-il.
...

La famille Refaelov va bientôt s'agrandir. Les années passent, mais ne semblent pas avoir d'emprise sur l'Israélien. Comme Dieumerci Mbokani, il a déjà franchi la barre des dix buts cette saison. Dimanche, il tentera de briller sur un terrain qu'il connaît bien : celui du stade Jan Breydel. " On arrive tout doucement à la partie la plus importante de la saison ", dit-il. Pour vous, les play-offs commencent dès maintenant puisque vous allez affronter le Club Bruges, Genk, Charleroi et le Standard. C'est le money time !LIOR REFAELOV : En effet. Mais on doit aussi essayer d'atteindre la finale de la Coupe. Ce serait fantastique pour la ville. La dernière fois que vous avez joué au stade Roi Baudouin, c'était contre l'AZ et ça s'est mal passé. REFAELOV : Il faut oublier tout ça. La suite a été difficile, mais on ne doit pas regarder en arrière. On sait tous ce que la Coupe peut nous apporter. Des finales, vous en avez déjà disputé deux. REFAELOV : Une perdue et une gagnée, mais j'ai marqué les deux fois. Contre Anderlecht, ça a même été un des plus beaux jours de ma vie. On avait battu Besiktas à Istanbul quelques jours plus tôt et à la 89e, tout le monde redoutait les prolongations, on était cuits. Un but à ce moment-là, c'est le rêve. Au Cercle, vous vous êtes rapidement retrouvés à dix. Jusqu'à la mi-temps, Mbokani et vous avez énormément défendu en perte de balle. Ce sont des joueurs expérimentés comme vous qui ont permis au club de progresser ? REFAELOV : (il approuve) Je crois qu'on travaille dur ici. Depuis l'été dernier, il y a beaucoup de talent dans ce noyau. De fortes personnalités, aussi. Il restait à former une équipe et vous savez que ça n'a pas été simple. C'était aux joueurs expérimentés d'aider, en retenant le positif. Avec autant d'expérience, de talent et de sens tactique dans l'équipe, quel est le rôle de l'entraîneur ? REFAELOV : Dans les gros matches, il suffit qu'un joueur ne fasse pas son travail pour que ça se remarque. On doit apprendre à respecter les règles, à faire notre boulot avant de discuter. Ça résoudrait pas mal de problème. On a des joueurs capables de faire la différence individuellement et il faut leur permettre de le faire. Sinon, autant jouer avec des robots. Mais pour gagner, il faut aussi de la tactique. Ce vestiaire est-il capable de s'auto-réguler ? REFAELOV : Laszlo nous parle beaucoup. Ni trop, ni trop peu. On peut dire qu'on forme un bon groupe. On passe du temps ensemble et on sait s'amuser. On n'aime pas toujours bosser mais on le fait. Je trouve que l'ambiance s'améliore. Elle pourrait être meilleure, mais ce sont de bons gars. Comment faire pour intégrer Lamkel Zé à cet ensemble ? C'est un travail qui revient au groupe ? REFAELOV : C'est un travail commun qui revient au groupe, au staff technique et à la direction. Personne ne met en cause ses qualités, même si je trouve qu'il devrait être plus efficace s'il veut jouer plus haut. S'il mûrit, s'il apprend à respecter l'équipe, il est promis à un bel avenir. N'est-il pas temps ? REFAELOV : Oui. Le groupe est-il encore derrière lui ? REFAELOV : Oui. On tente de le soutenir, car il en a besoin. Il vit seul, sans famille pour le guider. Mais on passe moins d'une demi-journée par jour avec lui. Que fait-il le reste du temps ? S'il ne veut pas se prendre en charge, on ne peut pas le faire pour lui. Le club peut l'aider, mais encore faut-il qu'il accepte. Il doit apprendre à gérer son temps et son argent, car le talent ne suffit pas. L'expérience, c'est aussi connaître son corps, savoir quand il faut lever le pied. Vous acceptez que Mbokani le fasse ? REFAELOV : Mbokani joue tout, il connaît son corps et sait quand il doit sauter un entraînement ou demander une séance de récupération supplémentaire. Il le fait en accord avec le préparateur physique et l'entraîneur et personne ne le montre du doigt. Pourquoi vous êtes-vous retrouvé sur le banc en novembre ? REFAELOV : Pour plusieurs raisons. J'avais des soucis, le coach voulait donner une chance à d'autres comme Mirallas et Miyoshi, deux excellents joueurs qui peuvent jouer à ma place. L'entraîneur voulait gagner et tenter quelque chose. Kevin peut jouer sur l'aile, comme je l'ai longtemps fait mais, aujourd'hui, ma meilleure place c'est dans l'axe. C'est là que je suis le plus rentable. Mais le coach fait aussi tourner. Que répondez-vous si on vous dit que l'Antwerp dépend trop de Mbokani ? REFAELOV : Vu notre système de jeu, c'est vrai. Avec nos longs ballons, on a besoin d'un joueur capable de garder le ballon devant. Si on jouait plus au sol, on pourrait aligner un autre attaquant, plus petit ou qui joue davantage en profondeur. Donc, s'il se blesse ou s'il est suspendu comme pour la demi-finale retour de Coupe, vous devrez jouer autrement ? REFAELOV : Oui. Mieux vaut toujours être flexible pour pouvoir jouer en fonction des joueurs disponibles. Sans Mbokani, on jouerait autrement. C'est pour ça qu'on a fait venir Wesley Hoedt, un joueur qui tente de construire. Vous n'avez pas encore perdu contre une équipe du G5, vous restez sur une longue série de matches sans défaite et vous pouvez vous qualifier pour la finale de la Coupe : l'Antwerp peut espérer gagner un trophée ? REFAELOV : Restons les pieds sur terre avant tout. On attend de plus en plus de nous, car on joue mieux, surtout à domicile. On sent nos supporters derrière nous. J'ai entendu que la nouvelle tribune ne serait pas prête pour les play-offs. L'ambiance ressemble de plus en plus à celle du stade Jan Breydel. C'est difficile à expliquer, mais quand on monte sur le terrain, on sait que tout se passera bien. L'équipe a plus de talent et elle est plus homogène. On a aussi davantage de joueurs capables de faire basculer un match. Mais on doit être meilleurs en déplacement. On n'a encore gagné que quatre matches en dehors de nos bases. On doit faire mieux en 2020. Vous pouvez rivaliser avec le Club Bruges ? REFAELOV : Honnêtement, on n'y pense pas encore. On est toujours en pleine évolution. À Bruges aussi, vous avez fait partie d'une équipe en reconstruction. Vous pouvez comparer ? REFAELOV : C'est un peu différent. Pour faire ce que Bruges fait, il faut conserver l'équipe pendant plusieurs années. Ici, sept ou huit joueurs sont en fin de contrat et les éléments les plus importants ont plus de trente ans. Je comprends que la direction veuille des résultats immédiats, mais pour s'installer dans le long terme, elle doit investir dans des joueurs plus jeunes, tout en gardant quelques éléments expérimentés. Il ne faudra pas non plus abandonner si les résultats ne suivent pas immédiatement. En 2011 et 2012, Bruges n'était pas comme maintenant. Il a fallu attendre l'arrivée de Preud'homme. En football, il n'y a pas de raccourci. L'Antwerp court aussi plusieurs lièvres à la fois : le stade, les jeunes, l'équipe première... REFAELOV : C'est vrai, c'est pourquoi je pense qu'il faudra un peu plus de temps. Mais quand on voit le chemin parcouru en trois ans... Chapeau ! Mon fils joue en U7 et je vais parfois au centre d'entraînement des jeunes. Je vois qu'on y travaille bien. Il y a tout ici : des supporters qui suivent l'équipe jusqu'à Bruxelles, un président qui veut investir, D'Onofrio qui connaît le football et possède un fameux carnet d'adresses, les connaissances de Laszlo... C'est aussi une différence avec Bruges qui a longtemps cherché un entraîneur stable : ici, Bölöni a survécu à toutes les tempêtes. REFAELOV : C'est vrai. Luciano D'Onofrio a effectué un choix dès le début et il s'y est tenu. Les joueurs ont dû apprendre à vivre avec lui. C'était le suivre ou partir. Peut-être que c'est grâce à cela que l'Antwerp est arrivé aussi vite dans le Top 3 ou 4. C'est moins évident qu'il n'y paraît car, même si Anderlecht est dans le creux, le Standard, La Gantoise, Genk et Charleroi sont ambitieux. On doit rester en éveil. Et la BeNeLeague, vous y croyez ou c'est du blabla ? Car que se passera-t-il si, dans cinq ans, les clubs belges occupent les dernières places ou descendent ? Ils retourneront dans leur championnat la queue entre les jambes ? Ça se négociera, je suppose, mais nos clubs du Top cinq doivent quand même pouvoir rivaliser avec les Néerlandais, non ? REFAELOV : Je le pense aussi, mais mieux vaut bien réfléchir. Sur le papier, c'est beau : il y aura des gros matches chaque semaine. Mais si j'étais dirigeant de club, je me dirais que ce n'est pas facile à gérer (il rit). Peut-être y avez-vous pensé quatre ou cinq ans trop tard, car je crois que je ne serai plus sur le terrain à ce moment-là. Vous pensez déjà à ce que vous ferez après le football ? REFAELOV : Il est encore trop tôt pour ça. Je suis encore sous contrat pour un an et demi, je n'y pense pas trop. J'ai encore mon affaire de bijoux et de diamants avec ma femme. On aime ça et ça va occuper une partie de mon temps. Pour le reste, je ne sais pas encore. Vous éprouvez plus de difficultés qu'avant à rester en condition ? REFAELOV : Non, au contraire. Avant, je ne voulais jamais rater un match. Je n'acceptais pas d'être sur le banc et encore moins dans la tribune. Même pas quand je souffrais de pubalgie. Aujourd'hui, je me dis que j'ai attendu trop longtemps avant de me faire opérer. C'était un cauchemar. J'allais bien une semaine et mal la suivante, je devais sans cesse me ménager. Ça a duré deux ans. Après l'opération, je me suis senti plus souple, j'ai pu m'investir davantage à l'entraînement. Je me sens mieux. Je mange différemment, aussi. Je mange plus tôt : plus à 21 h ou à 22 h comme en Israël mais vers 19 h ou 20 h. Mon estomac a ainsi douze heures pour se reposer. Les enfants m'obligent à me lever et à me coucher plus tôt. Je suis devenu matinal.