Il est venu au lieu de rendez-vous à vélo : Rudy Smidts, 51 ans, a gardé la forme et la ligne. L'Anversois est certainement encore capable de mettre le grand braquet sur les pelouses. " Je joue encore avec les vétérans de Malines ", dit-il, le visage illuminé de gentillesse et d'intelligence. La carte de visite sportive de cet ancien arrière gauche est riche mais il ne s'en vante pas : 526 matches de D1 et 16 buts de 1984 à 2001 pour le compte de l'Antwerp, de Charleroi, de Germinal Ekeren, du Germinal Beerschot et de Malines, 33 caps avec les Diables Rouges, vainqueur de la Coupe de Belgique 92, finaliste de la Coupe des Coupes 93, etc.
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Il est venu au lieu de rendez-vous à vélo : Rudy Smidts, 51 ans, a gardé la forme et la ligne. L'Anversois est certainement encore capable de mettre le grand braquet sur les pelouses. " Je joue encore avec les vétérans de Malines ", dit-il, le visage illuminé de gentillesse et d'intelligence. La carte de visite sportive de cet ancien arrière gauche est riche mais il ne s'en vante pas : 526 matches de D1 et 16 buts de 1984 à 2001 pour le compte de l'Antwerp, de Charleroi, de Germinal Ekeren, du Germinal Beerschot et de Malines, 33 caps avec les Diables Rouges, vainqueur de la Coupe de Belgique 92, finaliste de la Coupe des Coupes 93, etc. " J'ai tourné la page du haut niveau en 2002. Je me suis alors tourné vers de petits clubs : Schoten, Dilbeek ou Itterbeek. Comme T1, joueur, ou coach adjoint, Rudy ne compte que des amis dont ErikViscaal avec qui il bossa à Dilbeek. " J'aurais dû m'accorder une année sabbatique pour réfléchir calmement après avoir tourné la page de la D1. C'était à ma portée mais j'étais obsédé par l'idée de trouver quelque chose au plus vite. J'ai vécu des moments intéressants dans les petits clubs mais cela a bouleversé ma vie. A Itterbeek, il y avait les trois entraînements par semaine, le match et tout le travail avec les jeunes. En D1, un footballeur mène une vie familiale bien réglée. Ce n'était plus mon cas dans les divisions inférieures. Du temps d'Itterbeek, je voyais plus Viscaal que mon épouse et je consacrais toutes mes soirées au club. J'ai payé cette passion pour le foot par un divorce. " A Itterbeek, on lui parle d'une offre d'emploi chez Maas International, une société spécialisée dans les machines à café, les distributeurs de friandises. Il s'occupe de l'entretien de ces appareils dans d'importantes boîtes. Le grand changement se produit deux ans plus tard, en 2008. Une connaissance lui signale que Vinçotte, un organisme belge de format mondial dans le domaine de l'inspection, du contrôle et de certification dans le génie civil, la protection de l'environnement ou des radiations entre autres, cherche des collaborateurs. Comme il s'était intéressé à la mécanique durant ses études, Smidts est engagé par ce géant qui compte 2.500 collaborateurs, 15 succursales et 15.000 clients industriels disséminés dans le monde entier. Vinçotte vient d'ailleurs de décrocher un important contrat en Australie. Smidts est basé à la centrale atomique de Doel qui défraye la chronique pour le moment. " Je m'occupe des engins de levage. Notre petite équipe est extraordinaire et, en tant qu'aidant d'abord, j'ai appris mon métier avec les anciens. Comme ce travail de contrôle et d'inspection me plaisait énormément, j'ai suivi des formations, potassé des cours, passé des examens. " Rudy respire la forme atomique. Il suit toujours le football, fouille sans regret dans ses souvenirs : " Je suis Anversois et je n'oublierai jamais le succès de l'Antwerp, coaché par WalterMeeuws, contre Malines en finale de la Coupe de Belgique (1992 : 2-2, tirs au but : 9-8). Pour moi, c'est même plus émouvant que notre finale de CE 2 perdue 3-1 contre Parme à Wembley. Loin d'Anvers, j'ai apprécié mon passage à Charleroi (1997-98) dans un club familial et chaleureux. Je m'y suis bien amusé sous la direction de RobertWaseige avant de revenir près de mes racines, à Ekeren. " Et c'est avec le sourire qu'il est reparti à vélo en précisant : " J'adore encore jouer au football mais entraîner, non merci, ce n'est pas ma tasse de thé. " PAR PIERRE BILIC