Cela faisait plusieurs mois qu'il reculait le moment de se présenter car il voulait avoir réalisé quelque chose à La Louvière avant de se jeter dans le cercle médiatique. L'homme est comme cela. Arrivé sur la pointe des pieds, sans grosse expérience, le nouveau directeur sportif de la RAAL, Chris Benoît, 40 ans, a préféré d'abord apprendre son métier dans un relatif anonymat. " Je n'aime pas les conflits et je ne suis pas venu ici dans l'idée de me disputer. Je préfère la bonne ambiance. En arrivant, j'ai eu de bons contacts avec Albert Cartier. C'est un professionnel. On a eu un entretien et on a établi nos lignes de conduite ".
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Cela faisait plusieurs mois qu'il reculait le moment de se présenter car il voulait avoir réalisé quelque chose à La Louvière avant de se jeter dans le cercle médiatique. L'homme est comme cela. Arrivé sur la pointe des pieds, sans grosse expérience, le nouveau directeur sportif de la RAAL, Chris Benoît, 40 ans, a préféré d'abord apprendre son métier dans un relatif anonymat. " Je n'aime pas les conflits et je ne suis pas venu ici dans l'idée de me disputer. Je préfère la bonne ambiance. En arrivant, j'ai eu de bons contacts avec Albert Cartier. C'est un professionnel. On a eu un entretien et on a établi nos lignes de conduite ". La tâche ne s'annonçait pas simple. Inconnu du microcosme footballistique belge, Benoît arrivait dans un club miné par des secousses internes. Le départ de Stéphane Pauwels avait laissé des traces (certains ajouteront des squelettes dans les placards également) et les joueurs avaient ouvertement choisi de soutenir leur ancien directeur général. Le départ d'Albert Cartier ne lui a pas facilité la tâche non plus. Car c'est une cohorte de joueurs qui a pris la suite de son entraîneur et s'en est allée sous d'autres cieux. Et voilà le débutant devant un noyau vide. " On a écrit partout que l'on avait fait table rase du passé. Mais ce n'est pas tout à fait exact ", explique-t-il. " Nous ne nous sommes pas débarrassés des joueurs. Ce sont eux qui ont décidé de partir. Nous n'avons pas eu le temps de les retenir. Quand je suis arrivé, j'ai effectué un audit auprès du groupe. Certains avaient clairement annoncé la couleur û Si Cartier part, on s'en va. L'intention du président Filippo Gaone était de faire resigner Cartier, j'en suis formel. Et cela, en dépit des tensions des derniers mois. Mais financièrement, ils n'ont pas trouvé un terrain d'entente ". Devant cet exode massif, Benoît s'attachait à son premier travail : modeler un noyau pour la reprise. " Je ne me suis pas occupé des éléments qui partaient : je ne connaissais pas les dossiers. Difficile de m'exprimer par exemple sur les levées d'options car je n'étais pas là quand cela s'est décidé. Mais c'est vrai qu'il y a peut-être eu un manque de communication avec les joueurs. Je n'ai pas non plus traité le dossier Silvio Proto. Je n'apparaissais nulle part. J'avais dit au président que je ne voulais pas m'en charger. J'avais assez de travail avec l'arrivée des nouveaux ". En juin, La Louvière ne pouvait plus compter que sur quatre footballeurs expérimentés ( George Blay, Laurent Montoya, Fadel Brahami et Olivier Guilmot) et une kyrielle de jeunes, auxquels s'ajoutaient encore deux prêts rentrants ( Yannick Vervalle et Rogerio). Il y avait du pain sur la planche. " On a d'abord cherché des éléments titulaires dans leur club pour être prêt le plus vite possible. On avait nos jeunes. On voulait de l'expérience et c'est dans cet ordre d'idées que se sont conclues les arrivées de Nordin Jbari, Fritz Emeran, Alexandre Teklak, Egutu Oliseh et Jaroslaw Mazurkiewicz. On a parlé de mon manque de rigueur mais je trouve que faire venir 12 éléments en si peu de temps, ce n'est pas mal du tout pour un débutant. Désormais, pour que je sois satisfait du noyau, il nous manque un attaquant de profondeur et un défenseur central. La campagne des transferts fut lente à démarrer parce qu'on attendait l'arrivée de l'entraîneur pour effectuer un travail d'équipe. On a tout fait ensemble. Je n'ai discuté avec aucun joueur sans l'approbation préalable d' Emilio Ferrera. Pour qu'un élément soit embrigadé, il fallait que l'on tombe d'accord tant sur le plan sportif que financier ". Il restait alors l'épineuse question du gardien de but à résoudre. Il y a deux mois, la direction de La Louvière avait décidé de laisser Michaël Cordier encore grandir à l'ombre d'un portier plus expérimenté, suite à l'annonce du départ de Silvio Proto. Finalement, elle a changé son fusil d'épaule et a misé sur la jeunesse. " Le dossier Proto a duré à cause des intervenants mais cela nous a laissé le temps de réfléchir au futur de nos gardiens. Ce fut une décision collégiale même si c'est surtout Michel Piersoul qui s'occupe du dossier. On a estimé qu'il existait plusieurs possibilités de plan de carrière pour Cordier et on a choisi la solution la plus difficile. Celle de lui donner immédiatement sa chance. Il possède énormément de qualités et une grande marge de progression. A terme, il pourrait être encore plus fort que Proto. Et on s'est demandé si c'était le bon choix de faire venir Jonathan Bourdon car on ne voulait pas freiner l'éclosion de Cordier ". Fin août, Chris Benoît pourra quelque peu souffler avant de s'atteler à la préparation du prochain mercato. Mais la politique actuelle peut-elle tenir encore la route longtemps ? Malgré ses moyens modestes, La Louvière peut-elle se permettre de se vider de ses meilleurs éléments à chaque période de transferts ? " Il faudra préparer le mercato s'il y a une demande au niveau sportif. La vente d'un joueur en hiver ou en fin de saison n'est pas nécessaire mais elle est planifiée dans notre projet sportif. Ceci dit, le marché d'hiver ne ressemblera pas à celui de la saison passée. Techniquement, ce ne sera d'ailleurs pas possible car douze joueurs sont arrivés et ne pourront pas repartir dès janvier. De plus, notre politique de recrutement a déjà évolué. On sait que le vivier français n'est pas inépuisable et on n'a pas été se servir abondamment sur le marché hexagonal. On s'est tourné vers de nombreux joueurs évoluant en Belgique. Et au départ, c'est vrai que ces garçons possédaient un salaire trop important pour évoluer dans le Centre mais s'ils ont décidé de nous rejoindre, c'est parce que la négociation fut bonne. Et pas parce que La Louvière a revu à la hausse son barème salarial ". Dans quelques mois, on saura si Benoît a réussi son baptême du feu. " L'ampleur du travail ne m'a jamais fait peur. Si je passe le cap, j'aurai pris quelques années d'avance sur le plan de l'expérience. Le défi sera d'autant plus enrichissant en cas de réussite. En cas d'échec, j'en retirerai quelque chose. Enfin, je ne vois pas pourquoi il y aurait échec ". Il est à peine installé dans son nouveau costume de manager que Chris Benoît doit déjà faire face à ses premières critiques. Manque de ponctualité ? " Vous voyez bien que mon téléphone n'arrête pas de sonner. Je multiplie les rendez-vous. Alors, c'est parfois normal que j'arrive cinq minutes en retard. Il y a des impondérables difficilement... prévisibles ". Et le problème d'affiliation de Michaël Cordier et de Rogerio lors de l'ouverture du championnat à Anderlecht ? " On a tous fait amende honorable. On s'est réuni le lendemain et on a réglé le problème en interne sans tenter de rechercher un responsable. Les réussites sont collectives, les erreurs aussi. Il ne faut pas oublier que La Louvière est un club avec une structure modeste. Chacun fait de son mieux mais c'est en forgeant que l'on devient forgeron ". Et dans le milieu du football, il faut savoir parfois montrer les dents. " On tente de régler les derniers dossiers mais ce n'est pas toujours évident. Prenez par exemple notre match de Réserves, face à Anderlecht, nos trois joueurs en test réussissent chacun un but et on mène 3-0 après 50 minutes. A la fin de la rencontre, il y avait déjà toute une série de managers qui se pressaient autour d'eux pour les faire signer dans d'autres clubs ". Enfin, Benoît a également tenté, dans le passé, de devenir manager FIFA. Sans succès puisqu'il a échoué aux examens. Mais n'a-t-il pas peur d'avoir une image brouillée de directeur général manager ? " Non pas du tout. Pape Diouf est aussi un ancien manager à la présidence de Marseille. Je n'ai aucun intérêt à placer des joueurs que je connais à La Louvière. Moi, le football, c'est une passion. Lorsque je travaillais pour le foot congolais, je le faisais bénévolement. Je ne fais pas cela pour vivre. J'ai déjà un boulot : la librairie. Par contre, on peut dire que mon instinct d'agent facilite la négociation avec les joueurs et leurs agents ". Stéphane Vande Velde" Même en cas d'échec, j'en retirerai quelque chose mais JE NE VOIS PAS POURQUOI IL Y AURAIT éCHEC "