"Merci de me téléphoner et de vous intéresser à la D1B ", déclare Herman Wijnants. Le manager général de Westerlo pense ce qu'il dit. Il confirme que l'attention des médias nationaux pour la deuxième division belge ne prendra de l'ampleur qu'à la 14e journée, avec à l'affiche le choc Malines-Union, le 9 novembre, quand le titre de la première tranche sera attribué.
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"Merci de me téléphoner et de vous intéresser à la D1B ", déclare Herman Wijnants. Le manager général de Westerlo pense ce qu'il dit. Il confirme que l'attention des médias nationaux pour la deuxième division belge ne prendra de l'ampleur qu'à la 14e journée, avec à l'affiche le choc Malines-Union, le 9 novembre, quand le titre de la première tranche sera attribué. " Venez voir nos matches, ça en vaut la peine. Vous ne vous endormirez pas. Il suffit de deux défaites pour glisser de la première à la quatrième place, ce qui nous est arrivé cette saison. À part Lommel et nous, toutes les équipes ont été reprises par des étrangers. Leurs budgets oscillent entre dix et quinze millions. Comme les Limbourgeois, nous devons fonctionner avec deux ou trois millions. Je l'ai déjà dit au manager de Lommel, Greet Vanbrabant, durant une double interview : nous sommes le Bobbejaanland et le Bokrijk du football belge. Nous sommes authentiques, petits et uniques. Nous restons réalistes. Notre principal souci est de ne pas être relégués. Heureusement, les Campinois ont les pieds sur terre. La différence entre la D1A et la D1B est devenue trop grande. Les clubs de D1A perçoivent trois millions rien qu'en droits TV alors que nous ne recevons que 500.000 euros. Les rentrées en billetterie et en sponsoring ont fortement chuté. Notre budget était de six ou sept millions, il a diminué de moitié. À terme, cette situation est intenable. Surtout en D1B. La différence en droits TV est trop importante. Les rapports sont faussés : l'Union a été vendue pour plus de dix millions... " " Jamais les différences n'ont été aussi minimes sur le plan sportif ", déclare le défenseur central Gertjan Martens (30 ans), qui a quitté l'Union pour Tubize après trois ans. " Le jeu évolue. On se dirige vers un football de combinaisons proche de la D1A. Contrairement aux années précédentes, on essaye de construire depuis l'arrière. Avant, notre équipe était surtout un ensemble très physique, qui cherchait le duel. Le football basé sur la seule puissance tend à disparaître. Les équipes se connaissent très bien, puisqu'elles croisent le fer à quatre reprises. Les scores-fleuves se font donc rares. Notre principal handicap est la longue suspension de notre avant Thomas Henry, qui a réagi après un énième coup de coude de Kenneth Schuermans, d'OHL. Henry me rappelle le jeune Laurent Depoitre du temps d'Ostende. C'est un tank, il travaille, il est bon avec le ballon et utilise parfaitement son corps. Il gagne du temps. Il constitue un fameux atout. " Dave Peters, le présentateur néerlandophone de Proximus TV, a remarqué l'évolution de la D1B. " Ces derniers mois, le niveau général s'est relevé, dans toutes les facettes du football moderne comme la circulation du ballon, les actions individuelles, la technique et la puissance. " Koen Persoons (35 ans, OHL) réalise qu'il bénéficie de moins en moins de temps et d'espace, au plus haut niveau. " On est constamment pourchassé ", explique le médian défensif. " On applique un marquage à la culotte pour placer l'adversaire sous pression. On veut gagner en s'appuyant sur notre technique, en développant un football soigné. Beaucoup d'équipes procèdent avec un attaquant grand et costaud qui temporise. Ça fonctionne généralement bien mais on s'y prend autrement. C'est pour ça qu'on a du mal à dicter notre loi. De toute façon, en D1B, le football, c'est la guerre, tant les enjeux sont élevés. " Wouter Vrancken, l'entraîneur de Malines, est d'accord. " En coupe, aucune formation de D1B n'a été laminée par une équipe de D1A ", constate l'ancien adjoint de Glen De Boeck à Courtrai. " C'est éloquent. L'Union a mérité sa victoire à Anderlecht. Nous nous sommes logiquement imposés face à l'Antwerp. Le fossé s'est déjà comblé en l'espace d'une saison. Le Cercle Bruges le démontre : il est bien classé. Comme l'Antwerp avant lui, grâce à quelques renforts ciblés. Il n'y a plus de différence entre la queue de la D1A et l'élite de la D1B. " L'analyste Karel Fraeye voit les choses comme suit : " À part Tubize, qui n'a manifestement pas tiré les leçons de sa mauvaise saison, qui a failli lui coûter la relégation et qui risque de souffrir, aucune équipe de D1B ne descendrait de D1A. Grâce à leurs nouvelles possibilités financières, la plupart des clubs peuvent embaucher de meilleurs joueurs que la plupart des clubs de la colonne de droite du classement de D1A. En fait, tous les clubs veulent monter le plus vite possible. OHL et Malines grâce à leur nouvelle direction et aux indemnités de transfert perçues, le Beerschot Wilrijk grâce à son cheikh. L'Union et Roulers disposent de budgets quasi illimités. Le noyau de l'Union coûte sans doute autant que trois joueurs de Brighton & Hove Albion, Louvain peut se tourner vers Leicester City et Roulers fait appel à Reading. Ils peuvent dépenser sans s'endetter. Il y a une constante : tous les clubs jouent avec énormément de passion et de feu, sachant qu'il n'y a qu'un seul billet pour la première division. " Le stade AFAS, qui accueille plus de 13.000 supporters -plus que la moyenne de nombreux clubs de D1A- résonne à nouveau de clameurs triomphantes : " Nous serons champions, rien à faire ". Grâce à la mesure prise le 20 août, quand Malines a remplacé Dennis van Wijk par Vrancken, un de ses anciens joueurs. " Le train semble parti ", constate l'ancien Malinois Wouter Biebauw (34 ans), désormais portier de Roulers. " On a fait le ménage dans le noyau, qui est nettement plus relevé que les autres. Manifestement, les joueurs s'épanouissent en 4-4-2. " Dave Peters opine. " Cette équipe est en pleine renaissance ", estime le Limbourgeois. " C'est un mur physique, qui joue aussi à un rythme très élevé. Sa saison a en fait débuté durant la deuxième mi-temps contre Westerlo. Malines a alors lancé Gustav Engvall en pointe, à la place de William Togui, qui courait partout sans réfléchir. Grâce à Engvall, le reste de l'équipe a pu monter et les résultats ont suivi. Van Wijk prônait trop les longs ballons vers Igor de Camargo et MathieuCornet. Vrancken a huilé la machine et a haussé son niveau à la hauteur de la D1A, avec Onur Kaya, Rob Schoofs et Joachim Van Damme, un pare-chocs qui est aussi impliqué dans la relance. Les Malinois ont bénéficié d'un tel boost qu'ils sont impossibles à freiner. " Vrancken se refuse à sombrer dans l'euphorie. " Les véritables candidats au titre ont failli ", estime le Limbourgeois de 39 ans. " Naturellement, on vise la première tranche mais on doit être prudent. Tout le monde nous avait classés après notre défaite au Beerschot. Je constate qu'il règne ici énormément d'enthousiasme et de volonté de rester dans cette spirale positive. Je suis un entraîneur satisfait. Avant, on tenait 45 minutes, on en est déjà à 80 minutes. " Vrancken sait qu'il reste des chantiers. " J'accorde beaucoup d'importance au jeu offensif, avec des changements de position constants ", poursuit-il. " Je veux un football audacieux. En possession du ballon, on doit livrer un football plein d'entrain et en perte de balle, il s'agit d'éviter les fautes inutiles. On doit serrer les dents, être solide, affûté et concentré. Mettre en place une bonne organisation ne veut pas dire qu'on recule et défend. En D1B, il faut des guerriers, des combattants. " C'est pour ça que, d'après Peters, Lommel est si bon ces dernières semaines. " C'est une révélation agréable. Promu, Lommel était un outsider. Il mise sur des joueurs avides de revanche et des éléments bon marché. Il profite du format de la D1B. Tom Van Imschoot, un entraîneur positif qui ne cherche jamais les conflits, dispose de beaucoup de footballeurs sous-estimés : un bon arrière droit comme Soufiane El Banaouhi, l'expérimenté médian Robin Henkens et le talentueux autre milieu qu'est SebastiaanBrebels sans oublier LeonardoRocha. Le Portugais est un attaquant doté du sens du but, qui a de bons pieds et a été piqué au nez et à la barbe de Lokeren. Il vient de l'AS Monaco et est très clinique devant le but. Un exemple qui illustre la richesse sportive de Lommel : WesleyVan Belle, un arrière gauche qui jouait au Cercle la saison passée ne décolle pas du banc pour le moment. Timo Cauwenberg est titulaire à ce poste. C'est éloquent. Lommel a un petit noyau mais résiste très bien. " Le Beerschot Wilrijk, qui n'a été contenu que par le Cercle, la saison passée, a changé de visage sous la direction de Stijn Vreven. " Il possède aussi un noyau étoffé, différents profils et surtout beaucoup de talent ", reconnaît Fraeye. " Les Anversois ont adapté leur tactique sous la pression des joueurs, depuis le match de coupe au Cercle Bruges. Au retour de Mo Messoudi, ils sont revenus à la défense et à l'entrejeu de la saison passée. Du coup, Dante Vanzeir et Erwin Hoffer ont reçu moins de temps de jeu devant, au profit de Marius Noubissi, Loris Brogno et Tarik Tissoudali. Subitement, l'équipe a fonctionné et a pu poursuivre son objectif, le titre. Avec Malines et OHL, ce sont les Anversois qui recèlent le plus d'expérience, de technique et de vitesse. L'Union est un outsider. Suite à sa reprise, elle a été complètement remaniée. Il n'y reste plus guère de joueurs de l'exercice précédent. " Wouter Biebauw approuve. " De la technique, de la vitesse, beaucoup d'opportunisme et une solide défense : c'est un ensemble très complet. Je ne décèle pas de point faible que je puisse citer d'emblée. On n'a pas réussi grand-chose contre l'Union. " Dave Peters prône toutefois la prudence. " L'Union développe le meilleur football, d'après plusieurs entraîneurs, mais son buteur, YoussoufouNiakaté, a longtemps été à la base de 85 % des buts. Que se passera-t-il s'il est forfait ? L'Union parviendra-t-elle à pallier son absence ? " Persoons loue l'apport de Niakaté. " Il envoie dans le but presque tous les ballons qu'il touche. Il est toujours bien placé. Il hausse automatiquement le niveau de son équipe et lui apporte plus de confort. " Sous la direction de l'Espagnol Jordi Condom, qui a travaillé pour les jeunes de Barcelone de 2002 à 2008, Roulers veut développer un football attractif. " Ce qui fait notre charme, c'est que nous jouons toujours pour gagner, sans trop calculer ", explique Biebauw. " Stijn De Smet, Gino van Kessel, Nicolas Rajsel, Mohamed Aoulad, ce sont tous des joueurs capables de lancer une attaque. L'entrejeu et la défense s'appuient sur la base constituée les années précédentes. Nous allons de toute façon tenter de terminer parmi les quatre premiers. "