Mercredi dernier, on était à Glasgow. Des semaines qu'on se réjouissait, qu'on se disait que les Rangers allaient bouffer du Mancunien. Et puis rien. Le vent d'Ibrox Park n'a pas soufflé, il a souffert d'impuissance. Ils étaient pourtant 50.000 à vouloir y croire mais aussi 11 à ne pas oser. Les ch£urs étaient braves, les c£urs aussi mais " Braveheart " c'est du cinéma. C'est pas la froide réalité de la Ligue des Champions. La révolte n'a pas grondé, elle n'a même pas murmuré. Manchester United a gagné, les Rangers même pas essayé.
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Mercredi dernier, on était à Glasgow. Des semaines qu'on se réjouissait, qu'on se disait que les Rangers allaient bouffer du Mancunien. Et puis rien. Le vent d'Ibrox Park n'a pas soufflé, il a souffert d'impuissance. Ils étaient pourtant 50.000 à vouloir y croire mais aussi 11 à ne pas oser. Les ch£urs étaient braves, les c£urs aussi mais " Braveheart " c'est du cinéma. C'est pas la froide réalité de la Ligue des Champions. La révolte n'a pas grondé, elle n'a même pas murmuré. Manchester United a gagné, les Rangers même pas essayé. Dans cette conquête-là, ce ne sont jamais les petits qui gagnent à la fin. C'est la dure réalité. La Ligue des Champions est belle et unique mais aussi démesurée et désespérante. La réforme platinienne n'a pas changé grand-chose. Malgré la belle intention, reste la même constatation. Les grands toujours plus grands, toujours plus riches. Pas étonnant vu que dans leurs propres frontières, les ogres se réservent le festin. La CL ouvre ses portes à de nouvelles nations, mais au sein de ses nations abonnées, rien ne s'ouvre. Bien au contraire, tout se ferme de buts en buts, de billets en billets. Entre 2003 et 2010, les quatre mêmes équipes anglaises y ont participé... et on retrouve toujours les deux même écossaises. Man U fait partie du Gotha, les Rangers du duo. Le Gotha anglais, c'est Man U, Chelsea et Arsenal. En résumé, les trois équipes qui ont le plus touché sur cette période. Bye bye Liverpool. En Ecosse, les Rangers partagent avec le Celtic Glasgow. Toujours les deux mêmes. Man U n 1 avec 217Meuro, Chelsea n 2 avec 216Meuro, Arsenal n 3 avec 189Meuro. Normal vous me direz ! Ces trois-là sont toujours là et vont toujours loin. Moi, j'ajoute : seront toujours là ! Car cela ne risque pas de s'arrêter. Le calcul pour la répartition des gains dans la " Jackpot League " est divisé en trois points sur le thème " Diviser pour mieux multiplier " : 1/ une somme pour participer 2/ une somme selon les résultats 3/ une (énorme) somme selon les droits tv versés dans chaque pays. Ce qui nous donne ce constat très loin des grandes et belles paroles : " Le terrain déterminera les gains ". Autre version de la vérité : le marché détermine les revenus financiers. Exemple frappant : pour le même parcours jusqu'en quarts la saison dernière, le CSKA Moscou a touché 4,8Meuro, Bordeaux 11.8Meuro et Man U...29Meuro. Pas étonnant qu'en Angleterre jusqu'à la révélation Tottenham, c'était toujours les quatre mêmes qui, sept saisons durant, voyageaient en première à travers le continent. En Espagne, le Liga est la plus démocratique des républiques " finanfootières ". Sur ces sept dernières saisons, dix équipes différentes y ont bouffé du ballon et du gâteau en Ligue des Champions. Y a les tauliers, le Barca et le Real, plus loin Valence et sept autres. Surprise : le Real fait partie du Big Two espagnol mais est seulement dixième club européen en revenus générés par la Ligue des Champions. Le Real participe mais ne gagne pas. Depuis 2005, les Madrilènes jouent les Madeleines en ne passant plus les huitièmes ! Pas sûr que Mourinho lise Marcel Proust mais certain qu'il ne va pas faire de littérature : sa science va pallier cette statistique. Ses mots à lui sont écrits en chiffres. Ceux qui mènent aux titres. Ce n'est pas par hasard que le seul titre suprême qui ait échappé au top dix des revenus liés à la CL soit celui remporté par le Porto d'un certain Mourinho. C'était en 2003 ; depuis, le fossé s'est encore creusé. Les chiffres le prouvent. Sans une masse salariale d'au moins 100Meuro, impossible d'espérer atteindre les demi-finales. Zilina, le champion slovaque, n'atteint pas les 10Meuro et avec un stade de 10.000 places, faut pas rêver pour se faire une place au sommet. L'ouverture de Platini nous rappelle des vertus de l'olympisme. L'essentiel reste de participer à la CL. Mais pas au festin des grands pays : les petits pays ne reçoivent que les restes... JOURNALISTE BE/TV Joueur : 6 clubs, 3 pays, 400 matches (1 bon), 2 buts en Coupe d'Europe. Batteur : 3 groupes, 130 concerts (1 sold out). PAR FREDERIC WASEIGERangers-ManU : ce sont toujours les grands qui gagnent à la fin.