Ell' me l'avait toudis promis
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Ell' me l'avait toudis promisEn' bell' petit' gayolle Pou met' 'm canariMarc Wilmots et Julos Beaucarne adorent leur région. Le barde wallon a vu le jour à Bruxelles, square Marie-Louise, près de la rue du Diamant où est né Jacques Brel, passa son enfance à Ecaussinnes puis il se fixa avec son canari à Tourinnes-la-Grosse. A quelques chants de betteraves de là, Dongelberg a toujours été l' Ancienne Belgique de Wilmots. Marc a eu d'autres scènes de Saint-Trond aux Diables Rouges en passant par Malines, le Standard, Schalke et Bordeaux. Puis en été 2004, le Hesbignon revint chez les Jaune et Bleu, la salle de ses premiers crochets en D1. " Le public m'a toujours soutenu ", dit-il. " Un an et demi après ma mise à l'écart, Saint-Trond est 16e avec 7 points. Thomas Caers a un bon groupe et explique son bilan en parlant de moi. A la place de Guy Mangelschots, directeur technique, je me méfierais de ce petit malin. Un jour, il lui piquera sa place. Selon Caers, le club mettra dix ans pour digérer mon passage. Là, ça va trop loin. J'ai téléphoné à Roland Duchâtelet : il n'y a plus de pacte entre nous. Nous avions convenu de ne pas jeter de l'huile sur le feu ". Wilmots en a gros sur la patate. Les Canaris, c'est pourtant le passé pour le consultant de la RTBF qui se partage entre les matches de D1 et les cours d'entraîneur qu'il suit en Allemagne : " Quand je suis arrivé, Saint-Trond était en perdition (11 points au 2e tour), on me demanda de récréer l'esprit trudonnaire. J'avais un effectif de neuf joueurs, trois gardiens et 850.000 euros (pour les transferts et contrats) afin de bâtir un bon groupe de D1. Je n'ai jamais refusé de garder Wouter Vrancken : je suis arrivé en avril et il avait déjà signé à Gand en février. Nous avons déniché Laundry Mulemo (mon adjoint Mario Innaurato le connaissait du Standard qui l'a loué et il a terminé sa formation avec nous), Tamas Hajnal, Stiven Rivic, Mathieu Beda, etc. Saint-Trond a lâché gratis Beda alors qu'il avait un contrat de deux ans. Une gaffe : il s'est imposé au Standard et à Kaiserslautern. Le Français vaut désormais entre 2,5 et 3 millions d'euros. Hajnal est coté à 1,5 million d'euros et est un des meilleurs médians de D2 allemande. Je ne dis pas que tout fut parfait : des nouveaux venus m'ont déçu ". " En janvier, j'ai demandé deux joueurs qui auraient coûté en tout 50.000 euros pour six mois : Rudy Haddad (ex-PSG, désormais à Valenciennes) et Mustapha Oussalah. Refusé. Je désirais que Benjamin De Ceulaer reste mais Mangelschots l'a vendu en Hollande. Je voulais conserver Bram Castro et Tom Van Imschoot. Je ne pouvais pas augmenter leur contrat. Ils sont partis peu après moi. Je n'entendais pas garder Kris Buvens et le club a prolongé son contrat pour trois ans. A un moment, on m'a proposé de remplacer mon adjoint par Caers : j'ai refusé. Nous grandissions avec des hauts et des bas ainsi qu'une moyenne de 7.000 spectateurs. En février, nous étions 14e et invaincus chez nous depuis la fin août : notre stade était redevenu très chaud. C'était le moment de me liquider car si je réussissais, c'était la fin de l'influence de Mangelschots ". " En janvier, VTM me téléphona pour assister à l'élection du Soulier d'Or. Je n'avais pas reçu l'invitation envoyée à mon nom au club. Sur place, j'ai retrouvé une délégation de Saint-Trond emmenée par Mangelschots. Ils ont été surpris de me voir là-bas. Devinez pourquoi ?" Les Canaris de Saint-Trond se disputaient dans en' bell' petit' gayolle. Leur cage était trop petite. " Quand j'ai demandé au président de choisir entre Mangelschots et moi, les dés étaient pipés ", souligne Wilmots. " Mangelschots avait influencé le patron qui découvrait le monde du football. Je ne pouvais pas réussir à Saint-Trond où mon staff technique (Innaurato, Vince Briganti, etc.) a bien travaillé. Nous pouvons nous regarder dans le miroir : tout le monde ne peut pas en dire autant ". PIERRE BILIC