Une semaine à peine après la reprise des entraînements à Neerpede, l'été passé, chacun s'accordait déjà à dire que de toutes les nouvelles recrues, le Suédois d'origine uruguayenne, Guillermo Molins (23 ans), avait laissé de très loin la meilleure impression. Le transfuge de Malmö s'était signalé par une technique supérieure à la moyenne et des accélérations foudroyantes balle au pied.
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Une semaine à peine après la reprise des entraînements à Neerpede, l'été passé, chacun s'accordait déjà à dire que de toutes les nouvelles recrues, le Suédois d'origine uruguayenne, Guillermo Molins (23 ans), avait laissé de très loin la meilleure impression. Le transfuge de Malmö s'était signalé par une technique supérieure à la moyenne et des accélérations foudroyantes balle au pied. Mais le 25 juin, lors du premier amical de la saison au FC Knokke, poisse s'abattait sur le flanc droit, victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit. Conséquence : opération et indisponibilité de six mois. Le joueur, qui vient de reprendre ses activités avec le noyau lors du stage à Belek espère conquérir sa place et décrocher une place en sélection suédoise en vue de l'EURO 2012. Acquis en toute dernière instance pour un poste où le Sporting était plutôt bien pourvu avec Jonathan Legear, Matias Suarez, Guillaume Gillet voire Ziguy Badibanga, Molins aura été avant tout une bonne opportunité pour le RSCA. " L'accent était mis, au départ, sur l'enrôlement de défenseurs ", rappelle Albert Martens, l'un des prospecteurs. " La priorité absolue concernait les backs, où des alternatives s'imposaient pour Marcin Wasilewski et Olivier Deschacht, opérés l'un en 2009 et l'autre l'année suivante. Denis Odoi et Behrang Safari furent engagés dans cette optique. Diogo et Samuel, qui complétèrent par la suite le recrutement dans le secteur arrière, étaient intéressants eux aussi puisque le club pouvait les mettre à l'essai une saison avant de se prononcer sur leur avenir. En théorie, les transferts entrants auraient dû se limiter à ces quatre joueurs quand, lors de missions de repérage en Suède, Molins m'a tapé dans l'£il. Vu l'abondance de biens sur le flanc droit, la direction s'était montrée réticente mais le dossier fut quand même finalisé . " " Plusieurs motifs nous ont poussés en ce sens ", observe Herman Van Holsbeeck, le directeur général du Sporting. " D'abord nous n'étions pas sûrs que Legear reste chez nous. Chaque année, Jona avait un peu plus de fourmis dans les jambes que d'habitude. Nous sentions devoir tenir compte d'un départ possible et ça s'est bel et bien vérifié. D'autre part, dans son cas, il y avait également le facteur blessures. Le joueur s'était souvent retrouvé à l'infirmerie ces dernières années. Dans ces conditions, un élément chevronné en plus n'était donc pas un luxe superflu . " Ce qui a joué un rôle non négligeable aussi, c'est le prix du joueur : 550.000 euros à peine, ce qui est plutôt donné pour un international, avec plus de 100 matches parmi l'élite de son pays à son compteur. Anderlecht a eu la chance sur ce coup-là. Car à l'intersaison 2010-2011, l'AS Saint-Etienne était venu aux nouvelles pour Molins, qui était en train de se faire un nom en Allsvenskan, le championnat suédois. Les dirigeants des Verts avaient toutefois reculé devant les 2 millions d'euros réclamés. Idem pour le Sporting Lisbonne, qui s'était renseigné dans la foulée. Conscient de son intérêt sur le marché, le joueur refusa une prolongation à Malmö. Libre au bout de l'année 2011, ses dirigeants préférèrent dès lors monnayer son talent pour un montant relativement bas, plutôt que de le laisser filer gratos. Restait alors à l'intéressé à faire son choix, puisque le FC Groningue, Brescia et Cesena étaient aussi intéressés. " L'Italie ne me disait rien qui vaille ", remarque Molins. " C'est le pays des défenseurs et je suis avant tout un attaquant. La Hollande était déjà un point de chute beaucoup plus intéressant. Mais il n'y a pas de comparaison possible entre le club qui me suivait là-bas et Anderlecht. Le Sporting, pour moi, était avant tout synonyme de Pär Zetterberg et de Christian Wilhelmsson qui y ont tous deux laissé un bon souvenir. Chippen sur le côté droit, de surcroît . " Parrain de la journée portes ouvertes, le dimanche 24 juillet dernier, et invité d'honneur lors de la traditionnelle conférence de presse du lendemain, Zet était assis à la même table que ses compatriotes, faisant office de guide pour eux. " Safari et Molins étaient très impressionnés ", se souvient-il en riant. " A Malmö, où tous deux ont joué, ils étaient habitués à une ambiance feutrée et à une certaine sobriété. Ici, ils ont découvert un complexe d'entraînement flambant neuf et une grosse effervescence dès leur arrivée. La transition était énorme. Je crois que le Sporting aura la main heureuse avec eux. Après quelques années moindres, l'équipe nationale suédoise est en plein renouveau, comme en témoigne sa qualification pour la phase finale de l'EURO 2012. A l'image de la Belgique, elle peut compter de plus en plus sur des enfants d'immigrés qui ont abouti chez nous durant la deuxième moitié du 20e siècle. Comme Emir Bajrami, Daniel Majstorovic ou encore Zlatan Ibrahimovic, qu'on ne présente plus. Safari et Molins, respectivement d'origine iranienne et uruguayenne, s'inspirent de cet exemple. Le premier est incontournable à gauche. L'autre est en train de faire son trou sur l'autre côté. Mais, de grâce, n'en faisons pas un nouveau Wilhelmsson ! Chippen était un véritable ouvre-boîtes, très fort homme contre homme. Guishe, comme on le surnomme en Suède, ne fixe pas son défenseur de la même façon. Il est plus collectif. Et plus travailleur entre les lignes aussi ". Natif de Montevideo, capitale de l'Uruguay, Molins mit très tôt le cap sur la Suède, terre d'accueil pour sa famille. S'il s'est d'emblée familiarisé avec la langue, l'espagnol a toujours été en vigueur à la maison. Ce qui explique pourquoi le joueur est à l'aise avec la communauté sud-américaine des Mauves. Non seulement les Argentins mais aussi les Brésiliens car il baragouine quelques mots de portugais également. Preuve de son attachement à ses racines : le 14 septembre, un petit Thiago est venu s'ajouter au couple qu'il forme avec sa compagne sud-américaine Andriana. Chez les Nordiques, Molins fourbit d'abord ses armes dans des petits clubs provinciaux : Kävlinge d'abord, puis Landskrona et Stora Harrie, avant de faire le grand saut en direction de Malmö en 2006. Réserviste à ses débuts, à 17 ans, il effectua ses premières piges en équipe première deux ans plus tard. De quoi lui valoir une place en équipe nationale Espoirs, pour laquelle il s'est produit à 23 reprises. " Il a été trop longtemps confiné à cette catégorie ", observe Ralf Edström, ex-international suédois actif au Standard de 1979 à 1981 et qui bosse depuis quelques années pour la radio suédoise. " Guishe était le joueur-fétiche du coach, Jörgen Lennartsson, qui estimait que les A étaient suffisamment parés avec Wilhelmsson et Sebastian Larsson dans le couloir droit. Mais Chippen, parti en Arabie Saoudite en 2008 et au Qatar depuis l'année passée, n'est plus l'ailier virevoltant de ses débuts. Quant à Larsson, c'est un bon joueur sans quoi il n'évoluerait pas à Sunderland mais il a un fameux problème : en une trentaine de matches avec la Suède, il n'a jamais inscrit qu'un seul et maigre petit goal. Molins est nettement plus productif puisqu'il a quand même marqué 17 buts avec Malmö. Il est temps de lui faire confiance. S'il réussit à convaincre à Anderlecht dans les mois à venir, je crois qu'il sera à même, dans la foulée, de faire son trou en sélection. " PAR BRUNO GOVERS - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Molins n'est pas un clone de Wilhelmsson. " (Pär Zetterberg)